George Pau-Langevin : « Ce n’est pas le Gouvernement qui fait venir les sargasses »

Vues : 96

Le Gouvernement ne veut pas entendre parler de déclaration de catastrophe naturelle à cause des algues sargasses.

Vu l’ampleur du phénomène aux Antilles, pour les élus c’est l’incompréhension la plus totale. Quant à toutes ces personnes qui ont vu leur électroménager se détériorer à cause des sargasses, ils risquent de ne jamais se faire rembourser par leurs assurances.

Voici d’ailleurs ce qu’a déclaré George Pau-Langevin, Ministre des Outre-Mer, le 16 juillet dernier à l’Assemblée Nationale à l’occasion de la dernière séance de débats publics sur le projet de loi “modernisation du droit des outremers”.

Ce n’est pas la peine de s’énerver ainsi, monsieur le député. Nous sommes face à un phénomène naturel extrêmement désagréable pour vous, mais ce n’est pas le Gouvernement qui fait venir les sargasses ! C’est un phénomène nouveau que personne ne sait analyser, dont personne ne sait d’où il vient. Je ne vois pas comment, seuls, avec nos petits bras, nous trouverions le moyen de le régler.

Je vous ai indiqué qu’avec Mme Ségolène Royal, nous avions commencé à aider les communes pour le ramassage des algues et à étudier le phénomène, pour comprendre notamment d’où il vient. Car avant de régler les problèmes, il faut d’abord les analyser.

Nous avons engagé des moyens pour aider les communes à régler ce problème. Je suis prête à réexaminer le dossier et à intensifier notre aide, mais je n’admets pas que l’on reproche au Gouvernement de mettre lui-même le tourisme de la Martinique dans une situation difficile.

Par ailleurs, monsieur le député, vous qui êtes très engagé dans la zone, il me semble que s’il y a un sujet sur lequel nous devons travailler avec les autres États de la Caraïbe, c’est bien celui des sargasses ! Car si les algues arrivent sur les côtes de la Martinique et de la Guadeloupe, elles arrivent aussi dans les autres îles. Il me semble que nous devons partager notre analyse et notre explication du phénomène ainsi que les différents traitements possibles avec les pays voisins.

Ensuite, les représentants du ministère de l’intérieur, avec qui j’ai discuté du problème à plusieurs reprises, considèrent qu’il ne relève pas de la catégorie des catastrophes naturelles. Les personnes que nous avons rencontrées sur place nous disent, par exemple, que depuis l’arrivée des sargasses leur réfrigérateur a noirci ou que leurs bijoux sont abîmés. Mais le problème est qu’il n’existe aucune causalité entre les dommages allégués et l’arrivée des sargasses, précisément parce que c’est un phénomène nouveau et que les uns et les autres sommes dans l’incapacité d’expliquer ce qui se passe.

D’ailleurs, Mme Kosciusko-Morizet, qui est venue sur place, a dit que c’était scandaleux et que le Gouvernement devait faire quelque chose, mais pour l’instant nous ne l’avons pas entendue exprimer la moindre idée pour nous expliquer ce que nous devrions faire !

Je veux bien y travailler, je veux bien, avec les communautés de communes qui ont commencé à s’impliquer, essayer de régler le problème, mais je veux vous dire que lorsque j’ai effectué mon premier voyage à la Martinique en tant que ministre, il y a un an, personne ne m’a parlé de sargasses. Tout le monde pensait que ce n’était pas un phénomène durable. Aujourd’hui, nous avons compris que nous devions nous organiser dans la durée, mais nous n’y arriverons pas en nous rejetant les uns sur les autres la responsabilité de la crise du tourisme.

Nous devons aborder le problème tranquillement. Nous sommes déterminés à aider vos territoires. Nous avons compris le drame que représente l’invasion des sargasses pour le tourisme, mais, encore une fois, lorsque des catastrophes naturelles ou des événements comme celui-là surviennent, il faut travailler, retrousser ses manches pour y faire face, mais nous n’arriverons à rien si certains partent du principe qu’ils sont maltraités parce que tout cela se passe outre-mer.

Voir via le lien suivant : l’intégralité du débat.