Grand prix du Festival, la 1ère réalisatrice noire primée à Cannes se prépare pour les Oscars 2020

Rédigé par : Dothy, le
Publié dans : Actualites, France, Monde
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«La migration fait partie de qui je suis. Si mon père n’était pas venu en France, je ne serais pas ici devant vous maintenant. Et je n’aurais pas fait ce film», explique la réalisatrice de 37 ans. Il a fallu sept semaines à Mati Diop pour tourner « Atlantique ». Un film sur lequel elle a travaillé toute sa vie confie la réalisatrice au magazine de mode Vogue.

Dans « Atlantique », son premier film long métrage, qui se déroule à Dakar, plusieurs récits s’entrecroisent pour créer une histoire de fantômes touchante et captivante. Le tout joué essentiellement en wolof.

Mati Diop, Grand prix du Festival au 72ème Festival de Cannes

En mai dernier, Mati Diop est entrée dans l’histoire du cinéma en devenant la première réalisatrice noire à présenter un film en compétition à Cannes avant de remporter le Grand Prix du Jury. Depuis, la scénariste a remporté le Premier prix Mary Pickford au Festival du film de Toronto en septembre et son film « Atlantique » est la candidate du Sénégal à l’Oscar du meilleur film international selon les productrices Judith Lou-Lévy et Eve Robin.

L’histoire du film est celle d’Ada, «une jeune femme promise en mariage à un homme riche, Omar, bien que son cœur appartienne à un ouvrier du bâtiment nommé Souleiman. Lorsque Souleiman et les autres travailleurs, lassés d’être exploités et sous-payés, se sont embarqués pour une promenade en bateau à la recherche d’une vie meilleure en Europe, la tragédie s’installe et ils disparaissent. Mais seulement physiquement. Leur esprit revient demander justice et retrouver leurs proches»

Plus qu’une histoire de migrants, il s’agissait pour la réalisatrice de dévoiler en filigrane, des histoires réelles entre la France et le Sénégal, comme le Massacre de Thiaroye le 30 novembre 1944. «J’ai choisi Thiaroye, une communauté de pêcheurs en banlieue, d’abord pour des raisons esthétiques mais aussi pour son histoire. Lorsque des soldats africains (qui ont combattu pour la France libre) ont été amenés ici après la Seconde Guerre mondiale, ils ont demandé un salaire égal à celui des soldats blancs. Des officiers français ont refusé et tué jusqu’à 300 soldats africains lorsqu’ils se sont plaints ou ont protesté» a confié Mati Diop à Vogue.

Une scène du film franco-belgo-sénégalaise« Atlantique » 

La réalisatrice Mati Diop a été élevée à Paris par une mère française et un père sénégalais, Son oncle est Djibril Diop Mambéty, le célèbre réalisateur de Touki Bouki et Iene, un film sénégalais sorti en 1973.

L’Académie des Oscars annoncera les cinq films définitivement nommés, le 13 janvier 2020.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy
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