Haïti : Un fou détruit une statue du Père Fondateur de la Nation, J. J. Dessalines, sous les applaudissements

En Haïti, un déséquilibré mental a déboulonné une statue de Jean-Jacques Dessalines, Père Fondateur de la Nation, qui s’est brisée en plusieurs morceaux sur le sol, sous les applaudissements d’habitants, rapporte le journal Haïti Libre.

La scène s’est déroulée, jeudi 5 novembre, sur la Place d’Armes du Cap-Haïtien, devant plusieurs dizaines de résidents et de curieux qui l’ont immortalisée sur leur téléphone portable, précise le journal qui déplore l’absence d’intervention des forces de l’ordre.

L’auteur du déboulonnage, identifié comme Calixte Lucien, 40 ans, a été arrêté sans opposer de résistance aux agents de sécurité de la mairie. Il a été remis aux autorités policières, indique Haïti Libre. L’individu n’a pas révélé les motifs de son geste.

« Il est monté sur le socle de la statue du Père fondateur de la Nation, Jean-Jacques Dessalines et s’est attaqué à l’effigie de l’Empereur devant plusieurs dizaines de résidents et de curieux qui immortalisaient la scène sur leur téléphone portable », écrit le journal.
« Après de nombreux efforts, Calixte Lucien, a réussi à faire tomber la statue qui s’est brisée au sol en plusieurs morceaux, sous les ovations des citoyens et ce, sans aucune intervention de la police », poursuit le journal.

Et d’ajouter : « Après son forfait et être redescendu du socle de la statue, Calixte Lucien très calme, a été arrêté sans opposer de résistance ».

La mairesse de la ville, Yvrose Pierre, s’est rendue sur place, accompagnée d’un juge de paix pour dresser un constat. L’Institut de Sauvegarde du Patrimoine National (ISPAN) a récupéré tous les débris de la statue qui ont été mis en sécurité.

La société haïtienne a « touché le fond », selon la maîresse de la ville

« Yvrose Pierre a déploré le comportement de la population qui, selon elle, prouve que la société a touché le fond », rapporte Haïti Libre, selon lequel la mairesse a constaté « un désengagement face au symbolisme de l’histoire, en affichant son irrespect des prouesses de nos ancêtres ».

Elle a rappelé que ce monument faisait partie du patrimoine national et demandé « que justice soit faite contre l’auteur de cet outrage ».

Empereur d’Haïti (1804-1806), né vers 1758, en Afrique, dans l’actuelle Guinée, Jean-Jacques Dessalines est mort le 17 octobre 1806 à Pont-Rouge, près de Port-au-Prince.
Il est déporté dans la colonie française de Saint-Domingue (Haïti) où il y travaille comme esclave dans les champs pour un maître noir jusqu’en 1791. Il rejoint ensuite la rébellion noire qui éclate dans la colonie, à la faveur des mouvements d’émancipation provoqués par la Révolution française.

Au cours des dix années suivantes, il se distingue en tant que lieutenant du leader, Toussaint Louverture, promu gouverneur général par la France révolutionnaire.

Quand Toussaint Louverture est déposé, en 1802, par une expédition française envoyée par Napoléon pour reconquérir la colonie, Jean-Jacques Dessalines se soumet au nouveau régime. Bonaparte déclare son intention de rétablir l’esclavage, abolit par la Convention depuis 1794, provoquant une révolte de Jean-Jacques Dessalines et d’autres leaders noirs et mulâtres.
Avec l’aide des Britanniques, ces derniers chassent les Français de Saint-Domingue, et le 1er janvier 1804, Jean-Jacques Dessalines, alors gouverneur général, proclame l’indépendance de toute l’île d’Hispaniola, sous son nom arawak, Haïti.

En septembre, Jean-Jacques Dessalines, adopte le titre d’Empereur et prend le nom de Jacques Ier.

Il est assassiné alors qu’il tentait de réprimer une révolte menée par le mulâtre Alexandre Pétion. Après sa mort, ce dernier et le leader noir Henri Christophe se partagent Haïti, le premier gouvernant le sud de l’île, le second le nord.