La SME somme par voie d’huissiers des usagers de l’eau, mécontents, de régler leurs impayés. Le CCSM dénonce une pratique « d’intimidation»

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, Martinique
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Le Comité Citoyen du Sud Martinique (CCSM) accuse la SME d’user de « pratiques d’intimidation inhumaine » envers les abonnées qui refusent de payer leurs factures d’eau, en leur adressant des courriers par voie d’huissiers, alors qu’ils subissent des coupures d’eau récurrentes depuis des mois.

« Le Comité Citoyen du Sud de Martinique (CCSM), dénonce et conteste la procédure, mise en place par les dirigeants de la SME, à envoyer par voie d’huissiers de justice, un courrier urgent aux usagers de factures d’eau impayées », lit-on dans un communiqué du CCSM publié la semaine dernière.

Le Comité Citoyen du Sud Martinique demande à la Société distributrice d’eau (SME) «de mettre fin, à leur procédure d’intimidation, inhumaine », faisant valoir que les impayés sont consécutifs notamment aux « coupures d’eau récurrentes » et à « la situation sanitaire due à la pandémie Covid 19 ».

Afin d’encadrer les usagers, le CCSM les a invités à « se rapprocher » de lui dans le cadre de deux permanences dont l’une se tiendra le samedi 1er août 2020, de 09 h 00 à 12 h 00, devant la Mairie du François. La précédente s’est tenue le 25 juillet à Sainte-Luce.

Malgré les ondées qui ont arrosé l’ile ces derniers jours et celles à venir, la sécheresse devrait continuer de sévir en Martinique. Les réserves d’eau sont toujours jugées dans un état critique.

Malgré les ondées, la sécheresse persiste et les réserves sont toujours dans un état critique

La situation liée à la distribution d’eau potable reste par conséquent tendue, même si la SME a récemment indiqué qu’il n’y avait pas de coupures prévues dans le sud de la Martinique, pour le moment.

De leur côté, les agriculteurs martiniquais, gros consommateurs d’eau, sont également affectés par la sécheresse. Ils ont réclamé mercredi dernier aux pouvoirs publics « un plan d’urgence sécheresse ».

Les éleveurs, planteurs ou encore maraichers estiment que leur situation est « catastrophique » et assurent que la pénurie d’eau nécessite une « réaction urgente des pouvoirs publics », en attendant le déclenchement de la procédure de calamités agricoles, qui devrait prendre environ 5 ou 6 mois à mettre en place.

Le préfet, qui a reçu mercredi des agriculteurs en colère, en marge d’une manifestation, leur a promis de les rencontrer tous les mois et « de faire bouger les choses rapidement », a rapporté un responsable syndical de l’ile.

Quoiqu’il en soit, la Martinique qui connaît l’une des plus sévères sécheresses de son histoire, peine a reconstituer ses réserves d’eau.

La baisse continue de la ressource ne permet plus de produire de l’eau potable en quantité suffisante pour répondre à la demande de la population, régulièrement soumise à des coupures d’eau du robinet.