« Il est temps que tous les acteurs se réunissent pour éradiquer la violence en Martinique »

« Notre département se porte très mal et l’actualité nous le montre chaque jour. Il est grand temps de prendre le problème à bras le corps afin que tous les acteurs se réunissent pour éradiquer toute forme de violence sur le territoire et permettre aux Martiniquais un quotidien plus apaisé. »

Le CVAM, Centre de Valorisation des Acteurs de la Médiation, n’a eu de cesse, depuis sa création, d’interpeller la classe politique sur la nécessité de coupler les efforts des policiers et des gendarmes, avec la mise en place d’actions préventives de médiation afin de juguler le cycle infernal de violence chez les jeunes et le trafic d’armes à feux prépondérant en Martinique.

Les différents évènements qui se sont récemment déroulés en Martinique, dont la blessure par balle d’un jeune homme de 20 ans à Ravine Touza (Schœlcher), hier soir (08/06/2019) seulement quelques heures après l’intervention du Préfet en télévision au sujet de la violence et des armes, devraient nous alarmer.

De plus, la circulation d’armes factices et d’armes de loisirs entre les mains de mineurs, témoignent d’une forme de fascination juvénile pour les armes et une banalisation des instruments de la violence.

Certes, la reconduction régulière de l’opération «Déposez les armes » rencontre un certain succès auprès de personnes volontaires, il n’en demeure pas moins que la prépondérance des armes qui restent en circulation est alarmante et manifeste les limites de cette initiative, notamment en Martinique.

Le 8 novembre 2013, un certain nombre de parlementaires ultramarins de différentes appartenances politiques, ont déposé une proposition de résolution portant sur les «Détention, usage et trafic des armes à feu en Martinique et en Guadeloupe ». Force est de constater que malgré la gravité du phénomène, cette proposition n’a pas trouvé d’accueil favorable.

Aussi, il incombe:
– aux parlementaires ultramarins de réitérer leur demande et de batailler ferme pour obtenir une commission d’enquête auprès du nouveau gouvernement.
-à l’Etat et à la Préfecture de Martinique, de continuer d’assurer, avec des renforts souhaitables, leurs missions régaliennes afin d’endiguer le deuil qui frappe quasi quotidiennement des familles et qui crée un profond sentiment d’insécurité au sein de la population.
-aux élus locaux d’agir enfin et de mobiliser les moyens proportionnés pour donner toutes sa place à la médiation en tant que solution à la diminution de la violence et de la délinquance, d’autant qu’elle a déjà fait ses preuves dans des villes de l’hexagone et aussi en Martinique.

Les experts et les partenaires du CVAM, se tiennent disponibles pour faire entendre leurs propositions et travailler avec tous les acteurs publics et politiques soucieux de la sécurité de la population, de la tranquillité publique et du mieux vivre ensemble.

Fabrice COULIS
Président du CVAM
Formateur, Consultant, Auditeur
Expert des Politiques Publiques de Sécurité »