Jean-Marc Ayrault en appelle à Macron sur le dossier Colbert, père du Code noir, qui suscite interrogations

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, France
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Dans une tribune au journal Le Monde, Jean-Marc Ayrault, président de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, demande à ce que les lieux à l’Assemblée nationale et au ministère de l’Economie portant le nom de l’auteur du Code noir soient rebaptisés.

Le Président de la Fondation pour la Mémoire de l’esclavage en appelle au Président de la République sur l’épineux dossier Colbert dont les symboles dans l’espace public suscitent interrogations et incompréhensions.

« Comment comprendre que dans les locaux de l’Assemblée nationale, une salle porte encore le nom de Colbert ? », se demande l’ancien Premier ministre socialiste dans une Tribune publiée samedi sur le site du Monde.fr.

« J’en appelle (…) au président de la République et au gouvernement, car cette pédagogie de la diversité concerne toutes les institutions. La France est depuis des siècles un pays d’ouverture et de fraternité. N’ayons pas peur de l’affirmer, de l’incarner, de le célébrer », écrit Jean-Marc Ayrault.

« J’en appelle au président de l’Assemblée nationale et au ministre de l’Economie et des Finances : le moment est venu de trouver un autre nom pour ces lieux », indique-t-il.
Jean-Marc Ayrault demande donc que soient rebaptisés la salle Colbert de l’Assemblée nationale et aussi un bâtiment du ministère de l’Economie et des Finances portant le nom Colbert.

« Les foules qui se mobilisent depuis le meurtre de George Floyd ne demandent pas seulement la fin du racisme, des violences et des discriminations à l’encontre des personnes noires ou issues d’autres minorités. Elles demandent aussi que leurs raisons profondes soient éradiquées », explique Jean-Marc Ayrault.

L’ancien Premier ministre assure que « les discriminations ne sont jamais seulement le fait de personnes isolées ».

« Elles sont le produit de préjugés qui n’ont pas été combattus, de pratiques qui n’ont pas été corrigées, de questions auxquelles aucune réponse n’a été donnée », poursuit Jean-Marc Ayrault.

« Elles sont le fruit de l’histoire singulière de chaque pays. Ne pas le voir, c’est s’aveugler sur les causes du mouvement actuel », prévient l’ancien Premier ministre.
« Ne pas le dire, c’est s’empêcher de traiter le problème à la racine », ajoute-t-il.