Jocelyne Béroard critiquée après sa prise de position contre le vote le Pen en outre-mer, Catherine Conconne la défend

La sénatrice de Martinique monte au créneau pour défendre ceux qui ont exprimé leur incompréhension et leur honte face au vote massif le Pen. C’est le cas de Jocelyne Béroard. Mais c’est contre tous les « dictateurs de la pensée » que la parlementaire prend position.

Dans le journal Jeune Afrique on peut lire : « Si Jocelyne Béroard n’est pas de celle à céder à l’émotion, cette optimiste de nature ne cache ni son indignation ni sa honte face aux scores réalisés par l’extrême-droite dans les départements et collectivités d’Outre-mer aux présidentielles de 2022. Marine Le Pen, la candidate du Rassemblement national (RN), y est ainsi arrivée en tête du second tour de la présidentielle avec près de 60% des suffrages (hors Pacifique). Ce vote, elle ne le comprend pas. Et le condamne. Fière de son identité martiniquaise, l’artiste en appelle à la responsabilité collective et invite les populations à réapprendre à vivre ensemble ».

La chanteuse confie encore à Jeune Afrique : « Je ne comprends pas ce résultat. Peut-être que les populations ultra-marines se sentent pleinement françaises… Je ne sais pas, c’est un mystère. Quand j’ai entendu la nouvelle, je présentais mon livre lors d’une dédicace et je me demandais où j’allais me cacher ».

Ce point de vue a valu à Jocelyne Béroard de très vives critiques. Critiques très virulentes à l’encontre de deux auteurs Fola Gadet et Emmanuel De Reynal qui ont publié ensemble un livre de dialogue.

La sénatrice de Martinique Catherine Conconne les défend sur sa page facebook en ces termes :

« Non aux dictateurs de la pensée !

La vague de boue a encore frappé, essayant de broyer ceux et celles qui expriment une pensée parfois différente. Les victimes du jour s’appellent Jocelyne Beroard, car elle a exprimé son incompréhension du vote en faveur de Marine Le Pen dans « les outre-mer », ainsi que Fola Gadet et Emmanuel De Reynal qui publient ensemble, à l’occasion de la commémoration de l’abolition de l’esclavage dans l’hexagone, un livre de dialogue entre celui qui se revendique « afro-descendant » et celui qui s’assume « béké ».

Avoir fait cela leur vaut aujourd’hui un déferlement de haine d’une violence d’autant plus insoutenable qu’elle s’abrite souvent derrière le mur de l’anonymat des réseaux sociaux. Notre époque prône, sans doute plus que jamais, la transparence et la liberté d’expression mais elle organise, dans le même temps, la destruction systématique de ceux et celles qui essaient de penser hors des sentiers imposés.

Qu’on soit d’accord ou non n’est pas le fond du problème. Bien au contraire. Je crois aux vertus du débat, à la confrontation des idées, à la force des argumentaires qui élèvent les réflexions. Aujourd’hui, je dis stop à la dictature de la pensée. J’exprime ma solidarité aux personnes concernées. Je suis Jocelyne Beroard, je suis Emmanuel de Reynal, je suis Fola Gadet. »