Journée des droits des femmes : Deux portraits de femmes militaires des forces armées aux Antilles (FAA).

A l’occasion de cette journée consacrée aux droits internationales des femmes nous vous proposons de découvrir deux portraits de femmes militaires des forces armées aux Antilles (FAA).

En 2001, à 21 ans, la maitre Dyna s’engage dans la marine Nationale et signe un premier contrat de trois ans en tant qu’engagé initial de courte durée (EICD). Elle effectue alors plusieurs postes au sein de différents services sur la base navale de Toulon. C’est grâce à ses rencontres professionnelles et à sa motivation, qu’elle obtient, en 2005, son brevet d’aptitude technique (BAT) en spécialité secrétariat. A l’issue de cette formation maritime et militaire d’une durée de six mois à Cherbourg, elle retourne à Toulon et poursuit sa carrière avec notamment une mission à l’action sociale des armées de 2009 à 2012.

En 2012, la maitre Dyna est affectée pour une première campagne outre-mer de trois ans sur l’île aux fleurs, en Martinique pour une durée de trois ans. Guadeloupéenne, cette mutation la ravie puisqu’elle se rapproche de ses origines, de sa famille. Elle a travaillé au bureau des passages, au bureau d’aide et conseil aux familles et a été secrétaire du commandant de la base navale de Fort-de-France. Au quotidien, elle est chargée d’assister dans la gestion et l’organisation administrative de sa direction. En 2015, elle retourne à Toulon au sein du secrétariat général du commandant en chef pour la méditerranée (CECMED) avant d’effectuer une année au groupement de fusiliers marins Méditerranée (GFM) où elle a la gestion des demandes d’habilitation défense.

A l’été 2019, son mari, marin embarqué, est muté en Martinique. La maitre Dyna prend donc un congé parental pour le suivre. Celui-ci aura été de courte durée puisqu’elle saisit une opportunité et devient la responsable de tous les réservistes qui travaillent au sein de l’Etat-major interarmées (EMIA) des forces armées aux Antilles (FAA). C’est pour elle, une nouvelle expérience davantage axé sur les ressources humaines où elle suit avec attention l’activité de ces 25 personnes qui consacrent une partie de leur année à l’armée en marge de leur profession civile.

Maman d’un jeune enfant scolarisé en première année de maternelle, la maitre Dyna adapte son emploi du temps en conséquence et selon les absences de son conjoint pour concilier au mieux sa vie personnelle et professionnelle. Un challenge qu’elle relève à la perfection.

Commissaire de 1ère classe Martine, des frégates en Atlantique et Océan Indien à l’action de l’Etat en mer (AEM) aux Antilles

Pour la commissaire Martine, tout commence au lycée, lorsqu’elle est convoquée à sa journée défense et citoyenneté (JDC). Au-delà de découvrir les multiples métiers et spécialités (civiles et militaires) qu’offre le secteur de la défense, cette journée est, pour Martine, un premier contact direct avec la communauté militaire. Elle décide alors de faire une préparation militaire marine (PMM) à Lyon. Son but ? Découvrir le quotidien des militaires par des mises en situations concrètes. D’une simple curiosité, cette expérience va révéler chez elle un véritable intérêt pour l’institution et les questions de défense.

C’est donc tout naturellement qu’après une licence de droit, elle s’oriente vers un master de droit international spécialisé dans le droit des conflits armées. Son intérêt désormais confirmé pour les questions de défense la pousse à réaliser des stages auprès de l’attaché de défense de Rome ainsi qu’au sein du bureau juridique d’une entreprise française d’exportation de matériel militaire. Elle profite également de ces années d’études pour participer au séminaire « IHEDN -Jeunes » qui lui permet de se familiariser avec les grands enjeux et défis de la défense, de la sécurité nationale et des relations internationales.

A la suite de ces expériences très enrichissantes, sa décision est prise : Martine souhaite devenir militaire. Elle met toutes les chances de son côté en effectuant une année de préparation aux concours administratifs.

Tout en préparant le concours de commissaires des armées, elle effectue une préparation militaire supérieure (PMS) à Paris afin de consolider ses connaissances du monde militaire. En 2014, elle est reçue au concours de commissaire et choisit l’ancrage « Marine ». Sa carrière d’officier débute. En 2016, elle embarque sur le porte-hélicoptères amphibie Tonnerre pour la mission « Jeanne d’Arc » qui lui permet de mettre en pratique l’enseignement théorique reçu durant ses deux années d’école militaire. Ces cinq mois de navigation lui permettront de parcourir l’Océan Indien, du royaume d’Oman aux Seychelles, en passant par le Vietnam et l’Australie. A l’issue de sa « Jeanne », Martine devient la commissaire de la frégate de surveillance Nivôse basée à la Réunion puis, en 2017, de la frégate anti-sous-marine La Motte-Picquet basée à Brest.

« Mes premières années de carrière en tant commissaire sur le Nivôse et le La Motte-Picquet étaient particulièrement intenses et enrichissantes. Sur un bâtiment de la Marine nationale, le commissaire du bord est pleinement intégré à l’équipage et participe directement à ses missions opérationnelles. Mes prérogatives étaient très diversifiées et c’est ce qui en faisait la richesse du poste : responsable des marins en charge de la gestion des vivres et des cuisines du bord, des ressources humaines, de l’administration générale, le commissaire est également chef de cabinet et conseiller juridique du commandement (principalement lors des opérations de lutte contre le narcotrafic et de contrôle de police des pêches). J’étais également chef de quart en passerelle (chargé de la navigation) et officier de quart aviation (je gérais les appontages et décollages des hélicoptères à bord de la frégate. »

Depuis 2019, la commissaire Martine travaille au sein des forces armées aux Antilles (FAA) en tant qu’adjointe au chef de la division de l’état en mer (AEM). Ses missions quotidiennes couvrent un large éventail allant de la réglementation des activités en mer au soutien des bâtiments de la marine nationale lors d’opération de la lutte contre les activités maritimes illicites (piraterie, narcotrafic, pêche) en passant par la protection de l’environnement marin. C’est également dans le cadre de ses fonctions qu’elle organise des exercices de gestion de crise en mer dans les domaines du sauvetage de grande ampleur, de la lutte contre la pollution ou encore de l’assistance à navire en difficulté.

« L’action de l’état en mer est un domaine passionnant car il regroupe un nombre d’activités très variées qui ont du sens dans un territoire comme la Martinique. Nos interlocuteurs sont nombreux ce qui permet des échanges riches. Nous travaillons avec les forces armées aux Antilles évidemment, mais également avec les préfectures des îles françaises, les douanes, la gendarmerie, le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS), les directions de la mer, etc. Cette première affectation à terre a également été l’occasion de concrétiser mon projet de maternité et me permet ainsi de voir grandir mon fils (de huit mois aujourd’hui) tout en occupant un poste passionnant et stimulant intellectuellement. »

Depuis l’été 2019, la commissaire Martine est référente mixité-égalité de l’état-major interarmées des FAA. Ce rôle, qu’elle prend à cœur, a pour but de sensibiliser le personnel aux enjeux de la mixité et de l’égalité dans le milieu professionnel et d’être à l’écoute de tous afin de lutter contre toute forme de discrimination ou de harcèlement.