Journée internationale des infirmières : Une année 2020 marquée par le Covid-19

La Journée internationale des infirmières est célébrée chaque année le 12 mai, date de la naissance de Florence Nightingale (1820-1910), pionnière britannique des soins infirmiers modernes.

Mais cette année, cet événement a une portée mondiale toute particulière, en pleine pandémie de Covid-19.

Sur les réseaux sociaux les messages de gratitude et de remerciements pleuvent pour rendre hommage à ces héroïnes et héros jusque-là invisibles, sous-payés et sous-estimés. Profession majoritairement féminine, infirmières et infirmiers sont en première ligne lors des crises sanitaires. Ils sont 700.000 a exercé en France.

Depuis le début de la période de confinement, les Français ont applaudi et encouragé ces professionnels de santé. Des initiatives ont fleuri partout dans l’Hexagone et dans les Outre-mer pour les soutenir, les aider dans leur quotidien et dans celui de leurs familles.

De véritables héroïnes et héros

Habituellement peu visible, la profession a bénéficié d’une médiatisation sans précédent et d’un soutien quotidien de la population sans équivalent. Le ministre de la Santé, Olivier Veran a tweeté mardi : « Chaque jour, et encore plus en cette période de COVIDー19, les infirmières et infirmiers sont au chevet des Français. Aujourd’hui, rendons-leur hommage. Pour leur travail et leur dévouement : un grand merci à toutes et tous ».

La Croix Rouge suisse a écrit sur son compte tweeter : « C’est la Journée internationale des infirmières et infirmiers ! Nous souhaitons dire un grand MERCI à l’ensemble du personnel infirmier, en Suisse et partout dans le monde, qui travaille sans relâche dans la crise actuelle. Vous êtes de véritables héros ! »

Avant le covid : gaz lacrymo, pendant le covid : héros, après le covid : lacrymo ?

Des anonymes comme Ronchon rendent hommage sur tweeter à leur façon : « petit rappel en cette belle journée des infirmières ! », lance-t-il, en accompagnant son texte de la photo d’une infirmiere brandissant une pancarte avec l’inscription : « Avant le covid = Gaz lacrymogène. Pendant le covid = héros. Après le covid = Gaz lacrymo ?
Merci Macron.»

Qu’ils soient cheminots, pompiers, éboueurs, enseignants, avocats ou encore chef d’entreprise, ils ont tous remercié et salué le courage de ces « héroïnes » et « héros » qui s’illustrent tous les jours par leur courage, leur dévouement dans cette crise sanitaire du COVID19 qui continue de tuer. Les derniers bilans officiels font état de plus de 4,2 millions de cas de contamination déclarés dans le monde et plus de 287.000 décès.

Des députés Lrem demandent que les Français donnent aux soignants dans leurs jours de congés

Les politiques ne sont pas en reste. Une centaine d’élus de Lrem ont même adressé une lettre à Muriel Pénicaud pour lui demander de permettre à chaque Français de donner aux soignants des jours de congés, transformables en chèques vacances.

La ministre du Travail devait être interpellée à ce sujet cet après-midi, mardi, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.

Conscients de l’engouement qu’ils ont suscité, les infirmières et infirmiers préviennent qu’ils ne veulent pas « retomber dans l’oubli, après la crise sanitaire ».

« Il en va de la durabilité de notre système de santé », écrit sur son blog Patrick Chamboredon, Président de l’Ordre National des Infirmiers.

« La crise que nous traversons offre à cette Journée internationale des infirmiers (…) une résonnance toute particulière », souligne-t-il.

Il rappelle que ces dernières semaines, la profession a « souvent dû combattre ‘désarmés’, du fait du manque cruel d’équipements de protection: masques, surblouses, lunettes… »
Pire, certains d’entre-eux ont été « menacés » du fait de leur profession, voire « agressés », déplore-t-il.

Statut de pupille de la Nation pour les enfants des soignants décédés ?

Ils ont travaillé sans relâche au prix de leur santé et de leur vie. « Certains ont été contaminés et sont tombés malades ». D’autres sont morts.

Et pourtant, bien que marqués physiquement, psychologiquement et moralement par la dureté de la situation, « ils poursuivent toujours leur mission de service public avec le souci constant de délivrer aux patients des soins de qualité, sans se départir d’une certaine humanité», constate le président de l’Ordre des infirmières et infirmiers.

Alors, il émet un souhait qu’ils ne retombent plus dans l’oubli. Il demande que ceux qui sont décédés des suites du Covid-19 ai «la reconnaissance de la Nation toute entière »
« C’est pourquoi nous demandons solennellement que leurs enfants accèdent au statut de pupille de la Nation », conclut-il.