Journées du patrimoine 2020 : Ouverture du Fort Desaix et du Fort Saint-Louis

Dans le cadre des journées européennes du patrimoine les 19 et 20 septembre prochain, les forces armées aux Antilles ouvrent les portes du Fort Saint-Louis et du Fort Desaix aux visiteurs.

LE FORT SAINT-LOUIS
Le Fort Saint-Louis proposera une visite libre entre ses murs, qui abritent encore aujourd’hui la base navale de Fort-de-France, avec un circuit balisé à sens unique (1h30 environ) qui retrace 4 siècles de présence militaire.

Vers 1638, Jacques Dyel du Parquet, lieutenant général de la Martinique entreprend de bâtir une palissade pour fortifier la presqu’île rocheuse qui s’avance dans la très convoitée baie du « Cul-de-Sac-Royal ». A partir de 1666, de nombreux travaux renforcent la fortification sous l’impulsion des gouverneurs de Baas, de Blénac et d’Amblimont, avec l’assistance des ingénieurs Combes, Payen et Caylus qui le transforme en citadelle à la Vauban et donne au fort sa forme définitive en 1680. C’est à ce moment qu’il prend le nom de  »Fort Louis » en l’honneur de Louis XIV.

Blénac décide d’y établir le pavillon Royal, siège du gouverneur de la colonie, et d’y installer le Conseil souverain. La ville de Fort-Royal, dont la construction a commencé en 1673, devient alors la capitale administrative de la Martinique, Saint-Pierre plus au nord, demeurant la capitale économique.

En pleine Guerre de Sept Ans, le fort résiste d’abord victorieusement à une première tentative d’invasion anglaise menée par l’Amiral Rodney en 1759. La seconde tentative en 1762 est une victoire pour les anglais qui rebaptise le fort  »Fort Edward », en hommage à leur souverain. La Martinique est cependant restituée à la France par le traité de Paris du 10 février 1763.

Le  »Fort Louis » rebaptisé  »Fort de la République » en 1793, est pris une nouvelle fois par les Anglais le 20 mars 1794 et reprend alors le nom de  »Fort Edward ». La Martinique est à nouveau restituée à la France par la paix d’Amiens du 25 mars 1802 et le fort redevient  »Fort Louis », mais il ne joue aucun rôle dans la défense de l’île lors de la seconde conquête anglaise du 8 février 1809. Le traité de Paris du 30 mai 1814 restitue l’île à la France et la Restauration donne lui donne son nom actuel de Fort Saint-Louis.

Son intérêt stratégique décline alors fortement face aux progrès de l’armement moderne, à tel point qu’il est abandonné et transformé en zoo à la fin du XIXe siècle. Des iguanes, les derniers pensionnaires de ce zoo sont d’ailleurs encore présents dans l’enceinte du fort. Après la

Seconde Guerre mondiale, le Fort Saint-Louis est attribué à la Marine nationale et il est encore aujourd’hui la base navale des forces armées aux Antilles.

De nombreux stands, expositions et conférences vous attendent :
• l’ASSO-MER et l’association Archéologique Petites Antilles (AAPA) vous feront découvrir ou redécouvrir le patrimoine marin de la Martinique, de la Caraïbe et les vestiges qui y reposent.
• la caravane du Carbet des Sciences
• le CIRFA Marine de Martinique pourra vous donner toutes les informations sur le recrutement dans la Marine nationale.
• Deux conférences sont proposées deux fois par jour le samedi et le dimanche :
10h00 et 15h00 : L’histoire et les techniques du Fort Saint-Louis par le colonel Alain
10h30 et 15h30 : Les moyens et les missions de la Marine nationale par le capitaine de vaisseau Eric Éliès, commandant de la Base navale.

• Redécouvrez les lieux emblématiques de la Martinique au travers des illustrations colorées de Natea. Un regard frais et original sur ces paysages qui font de la Martinique l’une des plus îles de la Caraïbe.
• Plongez dans l’histoire du Fort Saint-Louis avec les archéologues de l’institut national de recherche archéologique préventive (INRAP) et retracez un pan de l’histoire de l’île grâce aux vestiges découverts sous le pavillon Hubert. Des objets de la vie quotidienne des soldats à l’armement témoin des grandes batailles ayant jalonné l’histoire de la Martinique, quatre siècles de présence militaire vous seront contés !
• Observez les iguanes péyi, une espèce andémique en danger d’extinction notamment en raison de l’introduction sur Fort de France d’une autre espèce, l’iguane rayé. Venez échanger avec les animateurs du Réseau « iguane des petites Antilles » sur les enjeux de préservation de cette espèce d’une grande valeur patrimoniale.
• Les sauveteurs en mer bénévoles de la station de Fort-de-France vous proposent de découvrir leur mission, et vous sensibiliser aux risques nautiques et aux moyens de prévention. Ils proposeront des balades à bord d’une de leur vedette pour découvrir le Fort Saint-Louis depuis la mer toutes les 15 mn au prix de 5€.

LE FORT DESAIX
Le Fort Desaix proposera une visite guidée de cette emprise militaire encore activité, où est notamment basé le 33ème Régiment d’infanterie de marine (33e RIMa).
La prise du fort Saint-Louis par les Anglais en 1762 ayant montré les limites du système défensif de la capitale de l’île, la construction d’un nouveau fort (Fort Desaix actuellement) est entreprise à partir de 1965 sur le morne Garnier afin de protéger le Fort Louis des offensives venues des terres.

Les travaux s’achèvent en 1772 et le nouvel ouvrage défensif est baptisé  »Fort Bourbon » en hommage à Louis XV qui en a décidé la construction. Il remplit correctement son rôle pendant la guerre d’indépendance des États-Unis (1775-1783), puisque les Anglais ne viennent pas attaquer Fort-Royal qui sert pourtant de base aux régiments français engagés auprès des insurgés américains.

En 1793, le  »Fort Bourbon » est rebaptisé  »Fort la Convention ». Le général de Rochambeau s’y enferme avec 900 hommes du 109e régiment d’infanterie et résiste pendant un mois aux Anglais qui ont envahi la Martinique avec 16 000 hommes lors de la prise de la Martinique en 1794. Après la capitulation française, les Anglais occupent la Martinique jusqu’en 1802 et rebaptisent le fort « Fort George ». La Martinique est restituée à la France en 1802 et c’est finalement Napoléon Ier qui donne au fort son nom définitif en l’honneur d’un de ses généraux, Louis Charles Antoine Desaix, tué lors de la bataille de Marengo.

Le 23 février 1809, alors sous le commandement du général Villaret-Joyeuse, le fort capitule à nouveau devant le nombre des Anglais. Ainsi le fort n’a jamais été pris par la force mais après des sièges assez longs. Il revient sous le giron français en 1814.
Bien endommagé par les destructions opérées par les Anglais, le fort est restauré en 1848. À la fin du XIXe siècle, les fortifications du fort Desaix ne sont plus adaptées aux conditions du combat de l’époque et sont réaménagés en 1880 et 1905 pour servir de support à des batteries d’artillerie côtières (16 tubes).

Durant la Seconde Guerre mondiale, le fort abrite 286 tonnes d’or de la Banque de France, apportées par le croiseur Émile Bertin. À l’origine, cette réserve d’or était destinée au Canada.
Le Fort Desaix constitue aujourd’hui la plus imposante fortification de type Vauban en Martinique. L’édifice comporte pas moins de 34 bâtiments intra-muros ainsi que plusieurs bastions et trois demi-lunes extérieures dont la plus imposante mesure 90 mètres à la base. Le Fort Desaix demeure le siège du commandement supérieur des forces armées aux Antilles (FAA) et Guyane françaises (FAG) et accueille le 33e régiment d’infanterie de marine.

Conditions d’accès
-Port du masque obligatoire
-Présentation d’une pièce d’identité à l’entrée