Julien Delbe, un jeune commis devenu Grand Chef de Cuisine à Paris

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Le 4 janvier 2018, dans l’immense salle Les Arcades à la Mairie de Paris, un jeune Chef en Cuisine a reçu plus de 300 invités, conviés à la conférence de presse déjeunatoire du Sagasdom.

Avec le soutien de la Maire de Paris, Anne Hidalgo, Babette de Rozières de la Guadeloupe, lançait son troisième Salon de la Gastronomie des Outre-mer et de la Francophonie (Sagasdom). L’homme à qui elle a fait confiance pour sa cuisine, est jeune, il est antillais, il vient du Nord de la Martinique.

Julien Delbe est en France depuis trois ans, et le jeune martiniquais n’a pas chômé. Commis en cuisine à Fort-de-France, il est aujourd’hui un Chef en cuisine qui propose, compose et cuisine en variant les produits antillais. Nous l’avons rencontré pendant une courte pause dans la capitale car Julien Delbe, discret et timide malgré sa notoriété, est un campagnard convaincu. Il vit à Maule, dans les Yvelines, à plus de trois quart d’heure de Paris.

Au pied de la célèbre Tour Eiffel, le jeune pierrotain Julien Delbe, pas intimidé par la foule qui l’entoure nous raconte son parcours sans faute.

Né à Fort-de-France, la capitale de la Martinique, Julien Delbe a fait ses premières études culinaires au Lycée polyvalent de Bellefontaine. Il obtient dans cet établissement plusieurs diplômes dans la restauration, son CAP, son BEP, son Bac Pro, nous sommes en 2011.

Une fois ses études finies, Julien veut démontrer ses compétences. L’antillais se rapproche de la Mission locale Nord Caraïbe basée à Saint-Pierre où il réside et s’inscrit à l’agence pour l’emploi. La Mission locale lui offre cette opportunité qu’il attend, il est retenu par la Grande Chef en cuisine Babette de Rozières qui l’embarque illico pour la France métropolitaine.

2015, il descend de l’avion et pose ses valises à Paris. Un autre monde s’ouvre au jeune foyalais, qui a grandi dans le Nord de la Martinique.


Avec Babette qu’il accompagne sur tous les plateaux de télévision, il serre la main de nombreux people et de grandes personnalités. Julien croise Pamela Anderson, (par exemple) une icône pour lui, maillot rouge et femme fatale, mais surtout une américaine courtisée et inaccessible à un jeune habitant de la petite commune de Saint-Pierre, aux Antilles. (Ci-dessous La Case de Babette où officie Julien Delbe, le Chef en Cuisine).

La cuisine, la renommée et surtout la reconnaissance d’un travail soigné lui trace la route vers les Etats-Unis.

En 2015 toujours en duo avec Babette de Rozières, son mentor, Julien Delbe s’installe le temps d’un voyage dans « les cuisines de l’Onu » où il devait relever le challenge de « représenter les 5 continents à travers » la cuisine ultramarine. Devant 300 convives, pendant un cocktail dînatoire, « le défi a payé », souligne Julien Delbe.

Commis, Chef de cuisine, les parents de Julien Delbe, sont fiers de « la succes story » de leur fils : « Ils sont avec moi, malgré la distance », ajoute t-il.

Sensible et fidèle, Julien Delbe, le nouvel arrivé sur le sol métropolitain, n’oublie pas ses amis d’enfance qui sont restés au pays. Avec eux, il pratiquait la voile traditionnelle et le karting.
En y pensant, il nous parle de ses nouveaux loisirs, loin de Saint-Pierre. En France « pour garder la forme je fais du sport » se contente-t-il de nous dire.

Peu de temps pour se lamenter, le jeune antillais prépare activement le 3ème Salon de la Gastronomie des Outre-mer et de la Francophonie. Un Salon qui a pris un nouveau tournant, il est plus grand, plus ambitieux et plus attractif que les deux précédents.

Le jeune homme sait ce qu’on attend de lui et en défenseur des traditions, il assure, tout faire pour « qu’on ne voit pas la cuisine antillaise comme une cuisine pimentée, mais comme une cuisine riche en saveur ».

Car Julien Delbe nous confie : « Ce qui me fait vraiment plaisir, c’est le plaisir que je donne aux clients qui se déplacent pour savourer la cuisine de chez nous », la cuisine de « La Case de Babette », la cuisine des Antilles, ouverte à la Cuisine du Monde.

Le mot de la fin c’est Julien Delbe qui nous le dicte : « A Maule, je me sens bien car je viens du Nord de la Martinique. J’ai grandi entre Fond Saint-Denis où on respire la verdure, c’est fleuri, j’aime la campagne. C’est mon élément ».

Un jeune Chef de cuisine qui n’a qu’un objectif « s’améliorer encore et encore » dans un domaine qu’il aime et qu’il maîtrise avec talent.

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy


Images C’news Actus Dothy

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2 commentaires :

  1. Roger Tranquille

    Je souhaite un bel avenir à ce jeune dans le métier qu’il a choisi, pour faire connaître la Martinique au monde qui passera par Paris.
    En tout cas je souhaite qu’il réfléchira, avant de proposer le « fameux colombo » à toutes les viandes, et autres,, comme plat d’excellence martiniquais.
    S’il y a des personnes qui aiment le colombo, tant mieux, il convient cependant de faire attention, car lorsqu’on consomme un repas au colombo, la saveur principale est submergée, et on ne sait plus ce qui accompagne le colombo qui, d’ailleurs n’est pas originaire de Martinique.

    1. Je dis juste

      Le Colombo tire ses origine la gastronomie indienne, mais elle fait néanmoins partie de notre culture antillaise qui est elle-même la résultante d’un mélange de culture asiatique, africaine et européenne. C’est donc en toute légitimité que nous pouvons donner libre cours à notre imagination et créativité.

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