« KhoKho serait bien content», assure sa fille Béatrix René-Corail, qui invite les Martiniquais à venir rénover, dimanche, la fresque de son père, laissée à l’abandon

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, Martinique
Mots clés : ,

Béatrix René-Corail, qui a participé à la création de la fresque de son père, KhoKho René-Corail, se trouvant au pied de la Porte du Tricentenaire, à Fort de France, se félicite de l’appel des activistes, invitant la population à venir rénover, dimanche, cette œuvre qui raconte le génocide des Amérindiens par les colons.

Dans un court entretien accordé, mardi 28 juillet, à l’activiste Alexane Ozier-Lafontaine, la fille de l’artiste raconte qu’elle avait déjà voulu rénover l’oeuvre bénévolement, il y a quelques années, mais avait dû y renoncer, faute de moyens et d’aides des pouvoirs publics.
Elle explique, dans cette vidéo postée sur Instagram, qu’elle a même déposé un dossier en ce sens. « Il n’y a pas eu de réponse », assène-t-elle.

Les activistes appellent dimanche la population à un « rendez-vous », à 9h30, au Parc culturel Aimé Césaire, pour une action au choix : « rénover » la fresque de KhoKho René-Corail, et/ou « dégrader » la Porte du Tricentenaire, qu’ils avaient initialement prévu de faire disparaître de l’espace public.

Cette Porte a été installée, en 1935, pour célébrer les 300 ans de l’arrivée du colon Pierre Belain d’Esnambuc sur l’île.

Dans une démarche mémorielle de réappropriation de cet espace lié à la colonisation, l’ancien maire et poète Aimé Césaire, avait chargé l’artiste engagé, KhoKho René-Corail, d’imaginer une œuvre qui « contrebalance » la fonction de la Porte du Tricentenaire.

« Si nou fè sa dimanche et bien bel passage ! Khokho té ké bien kontan », se réjouit sa fille

La fresque est composée de personnages qui lancent des pierres en direction de la Porte. On imagine qu’il s’agit des Amérindiens.

Béatrix René-Corail se désole de l’état pitoyable dans lequel se trouve aujourd’hui la fresque, qui a disparu derrière des arbustes et n’est donc plus visible du grand public.
« J’ai travaillé avec lui », fait-elle valoir, comme pour répondre aux détracteurs qui dénoncent d’ores et déjà une violation de l’œuvre de l’artiste.

« Si nou fè sa dimanche et bien bel passage. Khokho té ké bien kontan », se réjouit sa fille dans cette vidéo diffusée sur Instagram, aux côtés d’Alexane Ozier Lafontaine.

Mardi 28 juillet, le jeune femme, très active sur les réseaux sociaux, avait publié une autre vidéo dans laquelle elle expliquait que « la Porte du Tricentenaire de la colonisation de la Martinique fut inaugurée en 1935, à l’époque où le Parc Culturel était un hôpital colonial pour les militaires français. Transformé en Parc culturel par Aimé Césaire, KhoKho René-Corail fit un premier travail de réappropriation de cette porte (…) ».
« Malheureusement de nos jours la fresque est laissée à l’abandon, est sale et apparaît toute petite et presque invisible à côté de la Porte qui, elle, semble être entretenue », avait-elle déploré.

« Ce dimanche 2 août 2020, à 9h30, amenons à boire et à manger pour les SDF qui vivent là, des karchers, du savon, de l’eau et des brosses pour nettoyer la fresque de Kho Kho René-Corail, de la peinture et des pinceaux pour la rénover, des tambours et ti-bwa pour faire circuler l’énergie, » avait-elle lancé. Elle avait aussi invité les Martiniquais à apporter « des masses et bombes de peinture pour dégrader la porte de la honte, EN FAISANT ATTENTION À NE PAS ABÎMER LA FRESQUE ».

Sur les réseaux sociaux, les internautes sont d’ores et déjà divisés sur le sort qui sera réservé, dimanche, à la Porte du Tricentenaire.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Entretiens avec Béatrix René-Corail, fille de KhoKho René-Corail à propos de l’action de ce Dimanche 2 Août à 9h30 au Parc Culturel Aimé Césaire

Une publication partagée par Limièdifé (@limiedife) le