La chef guadeloupéenne, Babette de Rozières, refuse la légion d’honneur

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« Ma légion d’honneur à moi, c’est l’outre-mer », ce sont les propos de Babette de Rozières, chef de cuisine guadeloupéenne et animatrice de télévision. Elle a en effet refusé la légion d’honneur que lui proposait la ministre du tourisme, du  commerce et de l’artisanat.

« Vous comprendrez dans ces conditions que je ne puisse accepter votre proposition de me décorer de la légion d’honneur…  » a-t-elle écrit le 20 octobre dernier à Sylvia Pinel lorsque celle-ci n’a pas donner suite à son projet de « préservation et promotion des cuisines créoles ».

Ce refus catégorique de la légion d’honneur est loin d’être un caprice ou un coup médiatique pour la chef qui aurait préféré qu’on réponde à son projet.

Ce projet de Babette propose de dresser un inventaire des pratiques pour en assurer la conservation, d’établir « la carte d’identité de la cuisine créole » et protéger ce patrimoine. A terme, il s’agit de dresser une « charte de qualité regroupant les producteurs locaux et les professionnels de l’hôtellerie et de la restauration ». En clair, un engagement à ce que chaque restaurant situé dans un des quatre départements d’outre-mer offre sur sa carte au moins un menu créole. « En Guyane ou en Martinique, raconte-t-elle énervée, on a dû marcher des heures avec mon mari avant de trouver un restaurant créole. On ne trouvait que des pizzerias ou des Mac Do ! »

Son projet décline aussi une partie promotion à l’adresse des jeunes avec, notamment, la création d’un diplôme de spécialité créole à l’école hôtelière, et même à l’université avec l’ouverture d’une « filière diplômante sur les mœurs alimentaires créoles »… La cuisinière qui a été la première marraine du festival de la gastronomie créole à Maurice, a fait de ce projet son cheval de bataille. « Il faut mettre en valeur ces petits lolos avec leurs plats traditionnels ! » Elle envisage même de créer une fondation pour laquelle elle pense léguer une partie de son patrimoine de Maule, dans les Yvelines, où elle habite et tient sa table, la Case de Babette.

En septembre dernier, à l’occasion de la fête de la gastronomie, Sylvia Pinel a invité 27 chefs de cuisine à participer au lancement de l’opération à Rungis. Seuls le parrain Thierry Marx, le chef de cuisine de l’Elysée et Babette de Rozieres ont répondu présents. Peu apres, le 29 septembre, Babette a réécrit à la ministre pour lui rappeler qu’elle lui avait soumis un dossier. Le 2 octobre, un collaborateur de Mme Pinel lui a répondu pour lui proposer la légion d’honneur, provoquant une colère sourde chez la Guadeloupéenne : « On ne va pas me faire taire avec une rosette ! » Trois semaines plus tard, c’est le directeur de cabinet de la ministre qui est revenu à la charge, au téléphone, cette fois. « Ça vous fait plaisir ? », lui a t-il demandé. « Ça me surprend… » Babette attendait évidemment autre chose…. Depuis, le cabinet de Mme Pinel a essayé de rattraper l’affaire en acceptant d’évoquer son projet. Agacée, elle leur a demandé de lui adresser un mail et a pondu sa missive de refus, poli, mais définitif. « Ma légion d’honneur à moi, c’est l’outre-mer, la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et la Réunion, Sé pou yo an ka travayé ! » (FXG Paris)

Photo : Page Babette de Rozières