La confiance des français envers Macron rechute avant le déconfinement 

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, France
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Face aux inquiétudes liées au déconfinement, la cote de confiance du chef de l’Etat a reperdu 5 points ce mois-ci, tombant à 34 %, selon le baromètre de l’institut Elabe pour « Les Echos ».
Après un bond de 10 points le mois dernier consécutif à la mise en oeuvre du confinement pour lutter contre l’épidémie de coronavirus , la confiance des Français envers le Président a en effet rechuté en mai.

« Emmanuel Macron n’a pas réussi à consolider le bond du mois dernier. La défiance reste forte en raison de la question des masques et des inquiétudes sur le déconfinement », analyse Bernard Sananès, le président d’Elabe.

Le journal précise que « depuis son élection il y a tout juste trois ans, le président de la République « a conservé un noyau dur de soutiens, mais peine à rassembler au-delà ».
Elu le 7 mai 2017 avec 66,1 % des voix au second tour de l’élection présidentielle face à Marine Le Pen, Emmanuel Macron attaquait son quinquennat dans une France divisée.

Une fracture jamais démentie

« Cette fracture ne s’est jamais démentie depuis », constate le journal.
« Sans bénéficier d’un état de grâce dans l’opinion », le président a débuté son mandat avec une cote de confiance de 45 %, dans le baromètre Elabe pour « Les Echos » et Radio Classique, bien loin des 58 % avec lesquels François Hollande avait entamé son quinquennat en mai 2012, rappelle Les Échos.

Trois ans plus tard, sa cote de popularité a chuté à 34 %.
Selon le même institut, deux Français sur trois se déclarent inquiets à la veille du déconfinement . Le même pourcentage exactement (67 %) estime que le déconfinement « est mal préparé par l’exécutif », une hausse de 12 points en une semaine.
« La vie étant focalisée sur les suites de l’épidémie et le déconfinement, la confiance globale en l’exécutif s’accorde sur ce seul critère », selon l’institut.

Un noyau dur stable

Mais le noyau dur macroniste reste « fidèle » au chef de l’Etat, contrairement à François Hollande, « qui avait dû subir une fronde de son propre camp, le « noyau dur » , commente Les Échos.

Plus de sept électeurs d’Emmanuel Macron sur dix au premier tour de 2017 lui font toujours confiance. Mais au sein des autres électorats de la présidentielle, la défiance est largement majoritaire. Emmanuel Macron ne convainc que 39 % des électeurs de François Fillon et 28 % de ceux de Benoît Hamon. Chez ceux de Marine Le Pen (22 %) et de Jean-Luc Mélenchon (16 %), la proportion est, sans réelle surprise, encore plus faible.

Macron peine à rassembler

« C’est une constante depuis le début de son mandat : au-delà de sa base électorale, Emmanuel Macron peine à rassembler », commente Les Échos.
La crise sanitaire n’a rien changé à cette situation et le président français n’a bénéficié que d’un petit sursaut d’union nationale à l’entame de la crise du coronavirus », ajoute-t-il.
Le journal pointe du doigt « les errements du gouvernement, les impairs et imprécisions dans la communication, les inquiétudes au fur et à mesure de l’évolution de l’épidémie, qui reste inconnue et sans traitement et vaccin, et aujourd’hui sur le déconfinement, et, enfin, le retour des critiques martelées par les oppositions ont eu raison de ce début d’union nationale et du regain de confiance des Français. »

Une confiance qui a connu deux phases depuis 2017

Sur la période couvrant les trois premières années du quinquennat, la confiance en Emmanuel Macron a connu deux phases distinctes, observe Les Échos.
« D’abord un lent déclin entamé dès la rentrée 2017 et qui s’est achevé par un plus bas en décembre 2018, dans le sillage de l’affaire Benalla et au plus fort de la crise des « gilets jaunes. »
Puis « un lent rebond, avec des soubresauts, à la faveur du lancement du grand débat. »
Malgré la mise en oeuvre, à l’automne dernier de la très controversée réforme des retraites, la cote de confiance d’Emmanuel Macron a toujours oscillé entre 27 et 33 %. « Une défiance restée majoritaire, mais un socle qui a toujours tenu », reconnaît le journal.

Évolution de la confiance dans les deux prochaines années ?

« L’évolution de la confiance dans les deux ans qui s’ouvrent jusqu’à la présidentielle de 2022 sera largement tributaire de la réussite du déconfinement et de la gestion de la crise économique et sociale », prédit le journal.

Selon lui, Emmanuel Macron « devra prendre en compte les nouvelles priorités (relance économique, environnement, justice sociale) sans renier les trois premières années de son quinquennat. »