« La Marche du 23 mai 2018 » : Ensemble! Pour que la République, reconnaisse et honore les victimes des traites négrières

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La question était sur toutes les lèvres : « On s’attendait à plus de marcheurs !». Et pour cause, les organisateurs espéraient voir toutes les couches de la société, défiler sous la même bannière. Mais si le nombre de participants est contestable, l’idée de manifester, tous unis pour dénoncer le racisme, tous unis pour reconnaître et rendre hommage aux victimes de l’esclavage et des traites négrières, faisait l’unanimité chez tous les marcheurs.

A l’initiative du comité CM98, de nombreuses personnes ont défilé dans les rues de Paris durant deux heures, mercredi 23 mai 2018. Prévu à 14 heures aux Tuileries, Le défilé qui comptait peu de marcheurs a quitté la station Musée du Louvre aux environs de 16 heures pour se diriger vers la place de la République. Tous étaient solidaires des revendications du comité dirigé par le Pr Serge Romana, président de la « Fondation Esclavage et Réconciliation ».

Cette « Marche citoyenne du 23 mai 2018 (était selon les organisateurs) une journée nationale en mémoire des victimes de l’esclavage colonial. ». Outre les associations et les afro-descendants qui terminaient le cortège, des artistes, comédiens, chanteurs, réalisateurs et de nombreux anonymes participaient à cette mobilisation. T-shirts au nom de l’événement, restauration sur place, banderoles, pancartes animaient l’une des plus grandes marches de l’année pour le associations noires en France.

Comme Denise (ci-dessous), originaire de Trénelle à la Martinique, « l’important était d’être là, pour montrer aux parisiens que nous sommes solidaires et unis. » .

Défilaient au milieu de la foule, Michel Reinette, directeur général de la Première Guadeloupe, Caroline Bourgine, journaliste, la chanteuse Lynnsha, la réalisatrice haïtienne, Cynthia Saint-Fleur, Nicolas Mouen, comédien et metteur en scène de théâtre, la manager, Guylaine Cléry ou Philippe Lavil.

La Marche était commentée par la presse africaine et la chaîne des Outre-mer, FranceÔ, la Radio.

A l’instar de Ginette (ci-dessous),

Et d’Elodie (dont les parents sont nés au Lorrain en Martinique), les marcheurs estiment que dans les écoles, l’histoire de la traite négrière et de ses conséquences n’est pas inscrite dans les programmes scolaires : « Comment partager notre histoire à nos enfants ? » se plaint une manifestante.

Plus qu’instruire, cette Marche du 23 mai 2018, avait, également, pour objectif, de dénoncer le racisme qui touche plus que jamais les minorités en France. Le racisme « l’un des effets les plus hideux de l’esclavage colonial » peut-on lire sur le site du CM98 (association du Pr Serge Romana).

Cette initiative sera « un événement mémoriel et antiraciste » de grande ampleur, qui rassemblera « toutes les couches de la société française », c’était le souhait des responsables du comité CM98. Dans un silence absolu, les participants ont défilé sur les grands boulevards de Paris, croisant de nombreux curieux tout au long de leur passage.

Selon le comptage de la police, ils étaient 1000 à défiler, mais, plutôt 1500 annonceront des membres de la Marche. Peu, pour des marcheurs qui espéraient qu’ils seraient plus nombreux, pourtant, un chiffre satisfaisant, fait remarquer un organisateur, content d’avoir fait déplacer des participants depuis plusieurs régions de la France métropolitaine.

En tête du cortège, Audrey Pulvar, Marie-José Alie, Victorin Lurel, Olivie Serva, Claudy Siar, Serge et Viviane Romana, Christiane Taubira soutiennent les revendications du collectif CM98.

Une association créée en 1998 qui voudraient, entre autres, que tous les ancêtres des afro-descendants soient considérés pour la France comme les premières victimes des traites négrières et qu’elles soient honorées comme telles.

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy


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