La martiniquaise Chantal Clem et les Femmes Totem des Outre-mer 2018

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« Serait-ce une folie de vouloir occuper les monuments de la République française ? Pourquoi sommes-nous obligés d’investir les locaux du Ministère des Outre-Mer ? ».

19H00. La réponse de Chantal Clem est limpide, et, avec audace, la martiniquaise qui s’insurge contre cette volonté d’ostraciser les Outre-mer, a planté sa deuxième édition de « Figures de Femmes Totem des Outre-mer » au Musée de l’Homme à Paris dans le Palais Chaillot, Place du Trocadéro. Son discours est militant et progressiste : «  Ce travail de mise en lumière, j’ai voulu le poursuivre, avec cette nouvelle édition. Il s’agit de montrer que ces femmes inconnues ou mal connues, sont merveilleuses, dans tous les domaines de la créativité humaine »

Ce jeudi 8 mars, est la journée mondiale où l’on célèbre les droits des femmes, la conquête de leur liberté sociale et familiale. Ce sera aussi, la première journée de la manifestation de « Figures de Femmes Totem des Outre-mer ».

Pour ce deuxième numéro, nous avons interrogé Chantal Clem qui au nom de l’égalité a lancer ce nouveau défi, celui de rendre un nouvel hommage aux Femmes des Outre-mer qu’elle désigne comme : Totem des Outre-mer. Pour cette nouvelle année, l’antillaise a posé ses Figures de Femmes, dans un lieux de prestige et chargé d’histoire. Nous sommes à Paris, face à la vieille demoiselle Eiffel, le joyau de la capitale française.

Avec l’accord d’André Delpuech, le Directeur du Musée de l’homme, l’association Couleurs Karayb a choisi de célébrer les œuvres de femmes battantes, de toutes celles qui ont marqué les esprits ou l’Histoire, dans la République française.

La nouvelle édition est soutenue par de nombreuses marraines, mais, se désole Chantal Clem, à part le Préfet de Paris, il n’y avait aucun représentant de l’était à ce premier jour d’inauguration. Et, encore trop peu de ressources, « l’empêche de représenter intégralement les femmes ultramarines », les femmes de Mayotte ou du Pacifique, par exemple.

Trois marraines d’honneur, Jenny Hippocrate, Jocelyne Beroard et Simone Schwarz-Bart vont honorer la manifestation qui se déroule sur trois temps forts.

Du jeudi 8 mars au lundi 12 mars, l’exposition Traces de Femmes, donnera au public un aperçu des créations des femmes ultramarines au travers d’un dispositif scénique réalisé par Gilles Elie-dit-Cosaque.

Dans le même temps, des conférences et salon littéraire inviteront des auteurs et des essayistes à échanger et discuter autour de leurs ouvrages dans l’Atrium Paul Rivet. Seront présents, les écrivains, Audrey Célestine, Christine Chivalon, Myriam Cottias, Daniel Maximin, Gilbert Pago mais également des universitaires et des chercheurs.

C’est un spectacle au Grand Rex (2ème arrondissement de Paris) qui clôturera l’événement parisien. Sous la direction artistique de Tony Chasseur, se produiront sur scène, Jocelyne Beroard, Tanya St-Val, Sylviane Cédia, Rokia Traoré, Lisa Simone, Tyssia, James Germain et aussi Tony Chasseur.

19H30. Pendant que Thierry Vaton (Guadeloupe) s’installe ainsi que Bago (Martinique) et Julia Paul (Nouvelle Calédonie), pour un intermède musical, nous demandons à Chantal Clem de nous expliquer le choix de la date d’inauguration de sa deuxième exposition sur les Femmes, Totem des Outre-mer. Si la présidente de Couleurs Karayb précise que cette date du 8 mars est une « pure coïncidence » qui signe
l’ouverture de la manifestation, elle reconnaît qu’il y a encore « chemin à parcourir » pour conquérir toutes les libertés et les droits de la Femme.

Mais nous précise Chantal Clem, « le combat pour les femmes des Outre-mer, est encore loin. Le travail des femmes des Outre-mer doit être reconnu, ce décalage qui existe, crée de la ségrégation, du communautarisme. Selon, la martiniquaise « Il appartient à l’Etat et à nos élus de nous donner les moyens pour être plus visibles. ». Elle rajoute « Qu’il n’est pas possible de souffrir encore autant pour réaliser des projets. On a l’impression que pour les ultramarins, le challenge est double » soupire la créatrice de « Figures de Femmes Totem des Outre-mer ». 

Agacée, sans doute, mais satisfaite, Chantal Clem a déplacé un public, encore dans le souvenir des immenses femmes Totem qui défiaient la Tour Eiffel, il y a deux ans. C’était en décembre 2016 au Palais d’Iéna, avec comme marraine Audrey Pulvar.

Cette nouvelle année promet des rencontres « grâce à ces figures ultramarines » citées par la ministre des Outre-mer, qui les rencontrent lors de ces déplacements. Elles sont agricultrices, militantes, entrepreneures, comédiennes, écrivaines, médecins et s’engagent pour l’avenir de leur territoire ».

Ce sont ces personnes figées dans l’instant, en noir et blanc dans l’exposition nichée, au milieu d’un cocon de 5 mètres de haut et 13,50 mètres de profondeur, que l’on peut voir jusqu’au 12 mars au Musée de l’Homme.

Outre les chefs-d’oeuvres de la plasticienne Kelly Sinnapah Mary, les photographies d’Arlette Rosa-Lameynardie permettent aux visiteurs de découvrir les femmes antillaises dans leur quotidien. Des scènes de vies uniques et personnelles de l’auteur ont été léguées aux Archives Départementales de la Martinique.

Ecoutez Chantal Clem qui rend hommage aux Femmes, Totem des Outre-mer :

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy


Images C’news Actus Dothy