La Martinique au Japon avec les Maré Tèt d’Emmanuelle Soundjata « Je vis un rêve ! »

Le séjour de la créatrice martiniquaise, Emmanuelle Soundjata touche à sa fin au Japon où elle séjourne depuis mi-octobre.

Un nouveau monde, une nouvelle population attachée à ses traditions mais riche des us et coutumes d’ailleurs. Emmanuelle Soundjata, ivre de culture, décrit son séjour, fascinant ! avoue la jeune femme.

Emmanuelle Soundjata et François Régina

Ce mardi 14 octobre 2019, la délégation Martinique avec à sa tête Emmanuelle Soundjata, se préparait pour sa première conférence Maré Tèt dans la ville de Kobe au Japon, une des principales villes de la région du Kansai. Devant un public impressionné et très à l’écoute, l’antillaise a pu expliquer les origines et les traditions de cet Art du foulard qui reprend ses droits chez les femmes de la communauté noire et s’impose comme un accessoire de mode pour leurs amies caucasiennes.

Des Ateliers pratiques ont également été organisés avec plusieurs stagiaires japonaises. L’occasion également pour Emmanuelle Soundjata de se rapprocher d’une culture asiatique qu’elle découvre.  » Je pense que naturellement les japonais sont curieux des arts et ouverts aux autres cultures. Aussi le stylisme que j ai créé leur rappel l’origami (l’art du pliage du papier). Ils ont surtout apprécié l‘aspect universel de cet Art éphémère ». commente la fondatrice du concept Maré tèt en Martinique.

Emmanuelle Soundjata, confiante et encore surprise d’être là, donnait son premier cour de Maré Tèt à des jeunes gens japonais : « Les stagiaires, les hommes comme les femmes, étaient très excités à l’idée d ‘apprendre le Maré Tét . J’ai eu 15 stagiaires, le nombre maximum par atelier, au delà il est difficile d être attentive à chacune des femmes », précise l’antillaise, professeur d’un jour au Japon.

Une expérience qu’elle est prête à renouveler et la créatrice explique pourquoi : « Développer l’Atelier Maré Tét au Japon, c’est une aventure qui me tente car mon objectif premier est de faire voyager notre culture au delà de nos frontières que nous puissions apporter notre contribution au monde dans l’idée de la mondialité et non de la mondialisation ».

 La culture japonaise et caribéenne auront un atout en commun, celui du port du foulard. Les stagiaires et le public de Kobe ont accueilli cette technique avec beaucoup d’intérêt :

« les filles du Japon sont ouvertes aux cultures et aux usages venues d’ailleurs, comme celle des Antilles, de la Caraïbe et d’Afrique. C’est cette volonté qui explique la présence de la « Maison Martinique au Japon ». Je pense qu il y a un marché asiatiqu . Nous, antillais, notre monde ne doit pas s’arrêter à la France. La France, on l’a connaît mais l’ailleurs est passionnant, il faut sortir de sa zone de confort ». 

Invités par l’Association « Japon Martinique Guadeloupe » et la « maison de Martinique au Japon », Emmanuelle Soundjata et François Régina ont été programmés pour séjourner deux semaines sur l’île. Le temps de faire connaissance avec une population asiatique peu nombreuse sur l’île de la Martinique :  « j ai été en contact avec la population,  j ai pris le bus , le train. Je me promenais dans les rues des différentes villes où j ai eu l occasion de partager mon savoir faire ( Kyoto / Tokyo / Kobe / kansai / Osaka ). J’ai vu des temples magnifiques et j’ai pu apprécier un mode de vie qui allie tradition et modernité ».

Le Japon réputé pour ses gratte-ciel, ses trains à grande vitesse a impressionné la délégation antillaise : « La vie au Japon est fascinante. c’est un pays qui propose de nouveaux challenges. C’est un autre mode de vie, une autre culture, un sens du respect à l ‘autre, qui est différent des occidentaux » .

Cette technique du pliage qui date de l’époque de l’esclavage est aujourd’hui un accessoire de mode aux Antilles. Emmanuelle Soundjata avec d’autres créateurs ont réactualisé cette coiffe. Mais ce qui démarque la jeune femme des autres créateur, c’est sa technique du Body wrap. Il lui aura fallu beaucoup de persévérance et de la détermination pour s’imposer :

« Cette année, cela fait 13 ans que j ai lancé le concept Atelier Maré Tét et le mouvement #Marétét. À l époque personne n y croyait. Depuis 7 ans,  je vis de ma passion, j ai réussi a en faire mon métier. Je réalise aussi les tenues pour certains modèles en utilisant une technique que j’ai mis au point le Body wrap . Je suis connue dans différentes régions du monde, je le dois à mon travail en tant qu’influenceuse. Grâce à l’Association Japon Martinique Guadeloupe, qui m’a invitée, j ai pu partager mon art avec les japonais c’est une nouvelle porte qui s’ouvre à moi ».

Emmanuelle Soundjata et la délégation de la Martinique auront découvert un nouveau monde et créer de nouvelles possibilités d’échanger avec un pays prêt à recevoir d’autres artistes dans d’autres disciplines. Emmanuelle Soundjata, quant à elle, ne tardera sans doute pas à  revivre cette expérience nippone. Émue, elle redoute son départ prévue la semaine prochaine : « Certainement , quand je rentrerai en Martinique , je serai nostalgique mais avec de nouvelles inspirations, c’est certain ! Je vis un rêve éveillé! « 

Propos recueillis par Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus DothyImages E.S pour C’news Actus Dothy