La mère de Clarissa Jean-Philippe, la policière assassinée par Amédy Coulibaly, va témoigner au procès des attentats de janvier 2015

La mère de Clarissa Jean-Philippe, la policière assassinée par Amédy Coulibaly, va témoigner au procès des attentats de janvier 2015 : «J’espère que cela va me permettre de faire mon deuil ».

La mère de la policière Clarissa Jean-Philippe, assassinée par le terroriste Amédy Coulibaly, quitte, mardi, la Martinique pour se rendre à Paris afin de témoigner au procès des attentats de janvier 2015 dont les audiences des 17 et 18 septembre prochains seront consacrées à l’assassinat de sa fille.

Le procès, qui a débuté le 2 septembre 2020 cinq ans après les faits, se déroule devant une Cour d’assises spéciale à Paris.

La policière martiniquaise de 26 ans a été abattue le jeudi 8 janvier au matin d’une balle de kalachnikov dans le dos par Amedy Coulibaly, alors qu’elle intervenait avec trois collègues sur un accident de la circulation à Montrouge.

Mais Clarissa Jean-Philippe est restée longtemps la victime oubliée d’Amedy Coulibaly. L’attentat de Montrouge a en effet été occulté par la vague d’émotion suscitée par l’attaque de Charlie Hebdo survenue la veille, le mercredi 7 janvier et la prise d’otages de l’Hyper Cacher, Porte de Vincennes, le lendemain vendredi 9 janvier.

« J’espère que cela va me permettre de faire mon deuil », déclare Marie-Louisa Jean-Philippe, dans un entretien à la chaîne Martinique La Première, peu avant son départ pour Paris

Entourée de nombreux souvenirs de sa fille, elle égrène avec émotion et dignité l’histoire de plusieurs objets ayant trait au métier de Clarissa : un rêve brisé pour cette jeune policière municipale auxiliaire.

Elle parle aussi de son bonnet fétiche.
Dans la chambre d’enfance de Clarissa de nombreuses photos se disputent la place aux côtés des uniformes, surtout la tenue de policier qu’elle portait le jour du drame.

« Le jour qu’elle est morte, c’est ce képi qu’elle a toujours quand elle travaille », souligne la mère de Clarissa en montrant comme une relique le couvre-chef de sa fille.

« On me l’a donné en souvenir. Je le garde précieusement avec tout ce qu’il y a dedans. Elle avait son petit bonnet quand elle allait au travail. Elle l’a enlevé pour mettre son chapeau », poursuit-elle submergée par l’émotion.

«Le bonnet c’est mon doudou maintenant »

« Je garde précieusement tous ces trucs. Même des fois je dors sur son lit », confie-t-elle.
Priée de dire si l’étape du procès lui permettra de faire son deuil, elle répond : « J’espère que cela va me permettre de faire un deuil parce que là, j’ai rien fait. Si c’était pas ma famille, je ne sais pas comment je serais ».

Partagée entre la douleur et le soulagement de pouvoir enfin demander des explications « aux complices », elle s’indigne : « Moi j’ai perdu ma fille elle n’avait que 26 ans. Je veux savoir la vérité ? Qu’est ce qui s’est passé ? »

Marie Louisa Jean-Philippe n’est pas en colère, elle veut juste comprendre et savoir : « Moi je veux savoir qu’est-ce qui s’est passé ? Pourquoi les gens ont tué tant de personnes innocentes. Les personnes n’avaient rien à voir. Les parents sont en train de souffrir », martèle-t-elle.

Mais elle sait que ces deux journées d’audience, les 17 et 18 septembre, seront douloureuses.

« Ça me fait revenir en 2015. Parce que là, c’est comme si je revis tout ce qui s’est passé en 2015 », s’inquiète-t-elle car elle devra témoigner à la barre

« IIs vont parlé de tout ce qui s’est passé,» souligne-t-elle comme si elle attendait une délivrance.

« Depuis 2015, je ne dors pas. Je suis tout le temps malade. Les gens qui ont fait les trucs ne sont pas là, mais ils ont leurs complices. Moi je demande aux complices pourquoi ils ont fait tant de trucs ? », interroge-t-elle encore.

La dernière fois qu’elle a vu sa fille c’était en Martinique pour les fêtes de fin d’année. Quelques jours plus tard, le 8 janvier 2015, Clarissa était abattue par Amédy Coulibaly.