La vie « difficile » des étudiants en Martinique

Rédigé par : admin, le
Publié dans : Actualites, Martinique, Tribunes Libres
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Une étudiante de l’Université des Antilles souhaite alerter les autorités sur les véritables « galères » rencontrées par les étudiants … mauvaises conditions de logement, les charges, les loyers et autres dépenses de la vie courante, autant de difficultés qui parfois poussent certains à abandonner leurs études. Elle pousse un coup de gueule, particulièrement contre le CROUS :

La vie des étudiants en Martinique. Pourquoi préférait-on partir ?

Avec la baisse du pouvoir d’achat, tout devient plus cher et tous les foyers ne peuvent se permettre d’envoyer leurs enfants en Métropole, et ce malgré les différentes aides. En France, grâce au « statut » d’étudiant on peut bénéficier de réductions ou de certains autres avantages. Ici, ce n’est pratiquement pas possible.

D’un certain côté, c’est une bonne chose car cela nous apprend à mieux gérer notre budget, et à être plus attentif.

L’université des Antilles est proche, son catalogue s’ouvre un peu plus. Et c’est cela que les jeunes cherchent, malgré tout certains sont contraints de partir car leurs formations ne sont n’existent pas au pays.

Quels conditions pour obtenir un logement au sein du campus ? Faut-il privilégier le logement
au CROUS ou chez un particulier (certes plus cher mais préférable).

Le Crous nous trompe, sur leur site, ils vendent un environnement agréable à vivre, mais c’est faux ! (Partout, certains centres font en sorte d’améliorer leurs services et c’est ce qui
manque aux Antilles : de la concurrence, un service qui pourrait offrir davantage que ce que le CROUS propose)

Tous les ans les loyers augmentent, nous devons dépenser le peu que nous avons dans les équipements : électroménager, rangements, etc. Dans les cuisines collectives, pas de plaque, on ne retrouve qu’un évier et un plan de travail, et tout l’étage doit se le partager… Tout est fait pour nous faire dépenser encore et encore.

L’argent suit un cercle vicieux, ils ne sont jamais perdants, tout leur revient d’une façon ou d’une autre, à travers les loyers pour commencer puis les services de restaurations, les photocopies.

Tout est payant, et c’est désastreux car la plupart du temps on ne peut même pas récupérer nos investissements.

Petit calcul : Pour les non boursiers, ils doivent payer les frais d’inscription, la Cvec,
leurs loyers, leurs repas, les photocopies, etc. Les études sont à prendre au sérieux car il s’agit d’un investissement que tout le monde n’est pas préparé à mener à bien, encore moins sur du long terme.

Si un sondage était réalisé pour connaître les raisons du décrochage universitaire, les mots clés seront : argent, incompatibilité, difficulté. Une personne sur quatre (j’exagère sûrement) va au bout de ses études.

Les attributions de logement : Les demandes de renouvellement sont traitées avant celles des nouveaux arrivants. Mais en effectuant une demande de renouvellement de logement, on ne peut pas récupérer son ancien logement, pourquoi ?

L’installation pour les anciens recommence à zéro, et pas toujours dans les meilleurs conditions.

Selon mes recherches, les logements sont attribués en priorité à ceux qui font parti de l’échelon le plus bas, le niveau 7.

Cependant ce n’est pas comme cela que ça se passe, ils attribuent les logements par ordre d’arriver, sans prendre en compte les demandes de renouvellement. Sur le site du Crous Antilles-Guyane il est écrit qu’en effectuant cette demande on souhaite récupérer le logement qu’on avait l’année scolaire précédente. Dans le contrat, il est écrit que  » Le renouvellement doit être demandé chaque année dans les délais fixés par le Crous. Le renouvellement confère le droit à l’étudiant, dans la limite de la durée d’un cycle d’étude, de conserver son logement à la rentrée universitaire suivante s’il s’acquitte de la redevance jusqu’au 31 août.  »

En plus des contradictions, des préférences sont faites.

Aujourd’hui on retrouve des personnes de plus en plus malhonnêtes. Sur les 400 chambres disponibles au Crous, combien ont déjà été rénovées ? Les chambres sont dans un état lamentable, et c’est pire chaque année et personne ne fait rien pour changer cela. Chose qui reste incompréhensible, car les cautions qu’ils récupèrent chaque année sont destinées à financer les dégâts causés par le précédent occupant. Il faut savoir que plus de la moitié des étudiants ne récupèrent pas leurs cautions, alors que certains ont rendu leurs chambres dans le même état qu’ils l’ont récupéré, si ce n’est mieux. Alors que font-ils avec cet argent ? À quoi sert-il ?

Personne n’ose parler, ni dénoncer cela. Mais moi je dis stop. Les jeunes acceptent ces logements car ils pensent ne pas avoir droits à mieux, mais c’est faux, c’est en restant muet que rien ne change.

Alice P