La vie du Chevalier de Saint-George dit «Le Mozart noir » bientôt au cinéma

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, France, Guadeloupe
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Des Antilles à la cour de Marie-Antoinette, la vie de Joseph Bologne de Saint-George, plus connu sous le nom de «Chevalier de Saint-George » ou de « Mozart noir », sera bientôt racontée au cinéma dans un film produit par une filiale des studios Disney.

Sur sa vie incroyable et inconnue du grand public, on a beaucoup raconté, on a souvent inventé.
Beaucoup de témoignages concernant le Chevalier de Saint-George ont été détruits pendant la révolution française.

Le film racontera l’incroyable destinée de ce fils d’esclave né en Guadeloupe qui rayonna sur la cour de Louis XVI avec sa musique.

Fils d’une esclave d’origine sénégalaise

Fils d’une esclave d’origine sénégalaise et d’un planteur noble, Joseph Bologne de Saint-George naît vers 1739 près de Basse-Terre, en Guadeloupe, une dizaine d’années avant Mozart. Il a en commun avec le compositeur autrichien, la précocité, la virtuosité et le talent d’où son surnom de « Mozart noir ».

Le nom de l’acteur qui jouera le rôle du Chevalier de Saint-George et les dates de tournage ne sont pas encore connus.

Le scénario sera signé Stefani Robinson, à qui l’on doit l’écriture de séries TV à succès comme « Atlanta » ou « What We Do in the Shadows », réalisé par Stephen Williams, lui aussi spécialisé dans les séries TV (Lost, The walking dead, Westworld…) et produit par Searchlight Pictures, une filiale des studios Disney.

Le Nègre des Lumières

Alain Guédé, l’un des biographes et auteur en 1999 de « Monsieur de Saint-George, le Nègre des Lumières » situe sa naissance vers 1739 en Guadeloupe, qui était à l’époque une colonie française.

Le Chevalier de Saint-George passe son enfance sur l’île et à Saint-Domingue avant de suivre, à Paris, son père qui décide de lui donner l’éducation traditionnellement réservée aux enfants de la haute aristocratie.

Très vite, Saint-George fera sa place. Il excelle dans l’art de l’escrime et montre un talent précoce pour la musique, en tant que violoniste mais aussi chef d’orchestre.

C’est un violoniste virtuose, compositeur notamment de sonates, de symphonies concertantes pour quatuor d’archets, de concertos et de comédies.

Il a marqué l’histoire de la musique du XVIIIe siècle

Joseph Bologne de Saint-George a marqué l’histoire de la musique du XVIIIe siècle. On sait qu’il a commandé à Haydn ses six symphonies parisiennes dont il dirige la création au palais des Tuileries en présence de Marie-Antoinette.

Cette dernière fait d’ailleurs du Chevalier de Saint-George son précepteur de musique et Louis XVI décide de le nommer à la direction de l’Opéra royal. Malheureusement, il doit y renoncer à la suite d’une polémique raciste consécutive à cette décision.

En parallèle à sa carrière artistique, le Chevalier de Saint-George s’engage dans le mouvement des Lumières et fréquente les salons philosophiques.
Il sera le premier franc-maçon de peau noire.

Parallèlement à ses talents de musicien, le Chevalier de Saint-George se lance dans une carrière militaire.

Il s’engage au sein de l’armée de la République. Il fréquente aussi les milieux abolitionnistes. De par sa position sociale il devient une figure de l’émancipation des esclaves des empires coloniaux européens dans la seconde moitié du xviiie siècle.

Trois ans après sa mort Napoleon rétablit l’esclavage

Pendant la révolution, il s’engage très tôt dans la Garde Nationale.
Il deviendra colonel de l’armée française et fondera un régiment de soldats noirs et métis, rapidement appelée la « Légion de Saint-George ».

Soupçonné de sympathies royalistes, il sera fait prisonnier sous La Terreur pendant plusieurs mois.

Il décède en 1799 à Paris, terrassé par la maladie et dans la précarité.
Trois ans plus tard, lorsque Napoléon Bonaparte rétablit l’esclavage, pourtant aboli quelques années plus tôt, les œuvres du Chevalier de Saint-George sont retirées du répertoire.