« L’abattement fiscal des Outre-mer ne doit pas disparaître »

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Les sénateurs de la Martinique ont décidé de réagir suite à la décision du gouvernement de réformer « L’abattement fiscal des Outre-mer ».

Instauré en 1960, il est destiné à atténuer les effets du coût de la vie. L’abattement sur le montant de l’impôt est de 30 % en Guadeloupe, en Martinique et à La Réunion, et de 40 % en Guyane et à Mayotte.

Selon Annick Girardin, qui a présenté son projet de budget outre-mer pour 2019, cet avantage fiscal « n’est pas supprimé, c’est le plafond qui est modifié ».

Mais cette réforme inquiète les sénateurs de la Martinique qui ont décidé de réagir via un communiqué, à lire ci-dessous :

« Le Gouvernement vient de confirmer qu’il porterait cette année un premier coup de boutoir à l’abattement dont bénéficient les citoyens des Outre-mer qui paient l’impôt sur le revenu. Nous tenons à affirmer ici notre ferme opposition à toute tentative de suppression partielle ou totale de ce dispositif d’équité.

Nous voulons rappeler haut et tort que cet abattement n’est pas un cadeau octroyé par l’État français à nos peuples ultra-marins mais une maigre compensation d’un coût trop élevé de la vie qui relègue nombre de nos concitoyens a la misère.

Ainsi donc, à l’heure où le Président de la République se targue d’œuvrer en faveur du pouvoir d’achat, les habitants de nos territoires devraient, eux, payer 70 millions d’euros d’impôts
supplémentaires ! Les habitants de nos territoires dont le niveau de vie est déjà très largement inférieur à celui des Français de l’hexagone devraient, une fois de plus, voir s’envoler les promesses de justice et d’égalité.

Le Gouvernement tente habilement de faire passer cette annonce pour un acte de progrès : les plus riches, nous dit-il, financeront ainsi les investissements structurels qui font défaut à nos pays.

Mais n’est-ce pas là le rôle de l’État ? Un État qui a trop longtemps failli à ses responsabilités en laissant en déshérence des pans entiers de nos territoires. Nous l’avons encore vu l’an dernier en Guyane, à Mayotte ou à Saint-Martin.

Aujourd’hui, l’Etat se défausse à nouveau en faisant supporter par nos concitoyens ie poids des investissements qu’il n’a pas faits. Nous ne pouvons accepter cela, c’est pourquoi nous condamnons sans réserve cette décision injuste.

Maurice Antiste, Sénateur
Catherina Conconne, Sénatrice
Serge Letchimy, Député
Josette Manin, Députée »