« L’aliénation inversée »

Rédigé par : Melody Thomas, le
Publié dans : Actualites, Martinique
Mots clés :

Tribune par un de nos lecteurs :

« Je suis un simple observateur de notre société martiniquaise qui essaye de mettre le doigt sur ce qui empêche notre pays d’avancer… .

Un triste constat lié à différents évènements récents, me fait réagir. Plusieurs mouvements ou courants idéologiques veulent imposer leur vision de l’identité Martiniquaise.

Réduire l’identité Martiniquaise à une filiation de descendants d’esclaves déportés d’Afrique est un non-sens dans notre société plurielle et métissée. Revendiquer son «africanité» ne veut en aucun cas dire qu’on est Africain. L’africanité serait même un vestige de l’origine de tous les êtres humains qui unit toutes les populations du monde.

Ancré dans l’identité Martiniquaise la notion d’ancêtres communs «Noirs» est fausse sur au moins deux points.

C’est imposer aux différentes composantes identitaires dans notre société le même diktat caricatural «Nos ancêtres les Gaulois».

Il n’existe pas plus de peuple noir que de peuple blanc. On assiste depuis peu à une implantation du «Noirisme» sous couvert d’affirmation identitaire. Le «Noirisme» issue de la « pensée racialiste » est un concept culturel inventé pour se distinguer de l’autre dit «blanc», car dans l’histoire, la société occidentale avait un temps la volonté de mettre le «blanc» en haut d’une échelle de valeurs. Il est donc curieux que certains, fiers d’appartenir à une «couleur noir» s’enferment dans un concept discriminatoire qui leur a été imposé.

En effet dans les années 50, le monde occidental distinguait plusieurs «races humaines» (blanche, jaune, noire et rouge) sans aucune légitimité scientifique. Dans certains pays anglo-saxons comme les Etats-Unis encore aujourd’hui, on utilise une classification raciale déterminé par le Bureau du recensement.

Cette classification est plus utilisée comme « convention social » et, a même permis de façon sémantique les luttes antidiscriminatoires par exemple dans les discours de Martin Luther King ou de Barack Obama.

J’en reviens donc à ces courants idéologiques dans notre pays qui pratiquent une forme d’«aliénation inversée». C’est-à-dire à créer une confusion intentionnelle dans la «fabrication» de Notre identité en prenant parti pour des causes justes et légitimes (historique, culturelle, écologique, santé, sociétale…). Ainsi, celui qui s’opposerait à leur vision serait «contre la Martinique et un aliéné résultant de la colonisation».

Doit-on laisser une minorité s’accaparer de tous nos symboles culturels, de casser notre mélange identitaire et entrer dans un système communautarisme ? A l’instar de ce qui se passe en France où des courants extrêmes s’accaparent de symboles (drapeau, statues, monuments historiques, célébrations…) la Martinique s’enfonce lentement dans la perversité de la Négritude. »