« Le 11 mai ne sera pas le début de l’insouciance » prévient Édouard Philippe

Le Premier ministre a prévenu ce lundi 4 mai que la sortie de confinement le 11 mai ne sera pas « le début de l’insouciance. Ce sera le début de la reprise, où il faudra s’y engager avec prudence et responsabilité. »

Le Premier ministre exposait lundi la « stratégie de déconfinement » de la France devant le Sénat, qui n’a pas approuvé le plan du gouvernement. Il avait déjà présenté la semaine dernière les grandes lignes de son plan devant l’Assemblée nationale qui l’avait approuvé.

Le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé que les modélisations des scientifiques et donc les prévisions épidémiologiques prévoyaient d’ores et déjà entre 1.000 et 3.000 cas de COVID19 19 à partir du 11 mai, date du déconfinement.

Pour aider les jeunes « précaires ou modestes » de moins de 25 ans et les soutenir dans cette période de pandémie, il a annoncé une aide de 200 euros. Elle sera versée à 800.000 jeunes.

« J’annonce aujourd’hui une aide pour les jeunes précaires ou modestes de moins de 25 ans. En raison du confinement, beaucoup de restaurants universitaires ont fermé. Beaucoup de jeunes ont perdu les emplois dont ils ont besoin pour se nourrir et payer leur loyer », déclare le chef du gouvernement.

« Certains jeunes se sont retrouvés dans une situation que je sais dramatique. Nous avons donc décidé de verser une aide de 200 euros à 800 000 d’entre eux », a précisé Edouard Philippe. « Cette somme sera versée début juin aux étudiants ayant perdu leur travail ou leur stage […], et mi-juin aux moins de 25 ans précaires ou modestes qui touchent les APL », a-t-il dit.
Cette aide concernera les étudiants ultramarins « isolés qui n’ont pas pu rentrer chez eux », a-t-il précisé.

Cette aide s’ajoute à celle de 150 euros (plus 100 euros par enfant) qui sera versée le 15 mai « à 4 millions de familles pauvres et modestes » qui touchent le revenu de solidarité active et l’allocation de solidarité spécifique. « Et les ménages bénéficiaires des allocations logement recevront 100 euros par enfant », a rappelé Edouard Philippe.

Ecoles
Le Premier a tenté lundi d’apaiser les inquiétudes des sénateurs à propos de la sortie progressive de confinement le 11 mai, en particulier dans les écoles maternelles et primaires.
« La fermetures des écoles est une catastrophe »

Sur ce volet, le Premier ministre a réaffirmé que la fermeture des écoles « est une catastrophe pour les plus vulnérables des enfants et des adolescents », et le décrochage scolaire est « probablement une bombe à retardement ».

De nombreux maires refusent de rouvrir les écoles à partir du 11 mai, jugeant insuffisantes les mesures du plan pour garantir la sécurité des enfants et des personnels contre le COVID19. Ils craignent en outre que leur responsabilité pénale ne soit engagée en cas de contamination d’un enfant, d’un enseignant ou d’un agent.

Volet économique
Sur le volet économique, le Premier ministre a réaffirmé que « la vie économique doit reprendre impérativement et rapidement, avec des aménagements, avec de la bonne volonté ».
a affirmé Edouard Philippe en présentant sa stratégie de déconfinement.
Il a expliqué que 52 guides et fiches métiers, réalisés par les fédérations professionnelles et le Ministère du Travail seront mis à disposition de tous les secteurs le 11 mai pour le deconfinement.

Port du masque
Autre souci d’inquiétudes : les masques. Le Premier ministre a assuré qu’ils seront fournis « au personnel de l’Education nationale et aux collégiens. »

« Pour ces derniers, le masque sera obligatoire quand les règles de distanciation sociale risquent de ne pas être respectées », a dit Edouard Philippe.

Le chef du gouvernement est revenu sur la polémique des masques.
« Il n’y a jamais eu de stocks cachés » de masques par les entreprises de la grande distribution, a affirmé Edouard Philippe, évoquant un « malentendu » qui a « échauffé quelques esprits peut-être en mal de polémique ».

« Il y a eu des commandes massives, et il faut un certain temps avant qu’elles se concrétisent », a-t-il expliqué. « L’Etat, les collectivités, les entreprises, la grande distribution travaillent main dans la main pour que les masques soient accessibles » à partir du 11 mai, a-t-il assuré.

Outre-mer
S’agissant des mesures de confinement appliquées à l’Outremer, Edouard Philippe a indiqué que les interdictions d’arrivée dans les territoires seraient maintenues « au-delà du 11 mai » avec « obligation de quatorzaine », mais qu’un point d’étape serait effectué « début juin » sur ces mesures reconnues « très contraignantes ».

Il a par ailleurs indiqué que le déconfinement est reporté à Mayotte, où « le virus circule activement », a annoncé le Premier ministre devant le Sénat, précisant qu’un « point » serait fait le 14 mai « pour envisager l’assouplissement du confinement, et en particulier le retour à l’école primaire le 18 mai ».

Réouverture des cultes
S’agissant de la réouverture des cultes, Édouard Philippe a dit entendre « le désarroi des croyants, privés de rassemblements et de célébrations ». Il a le annoncé que le gouvernement était « prêt à étudier » la reprise des offices religieux le 29 mai, au lieu de la date du 2 juin précédemment établie.

La date de réouverture des salles de spectacle, et des lieux de rassemblements publics, sera discutée fin mai. La décision sera prise le 2 juin, a-t-il dit.