Le Canada, un nouvel eldorado de l’emploi pour les jeunes Antillais

Rédigé par : Melody Thomas, le
Publié dans : Actualites, Guadeloupe, Martinique, Monde
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Jamais le Canada n’a autant eu besoin de travailleurs, mais aussi de citoyens. Le pays veut tripler sa population d’ici la fin du siècle. Le Canada, terre de toutes les opportunités pour les Antilles ?

Pour les jeunes diplômés guadeloupéens et Martiniquais qui n’ont aucune perpective aux Antilles , trouver un emploi est devenu trés difficile en France.

Quant à la carrière, c’est une autre question! Ils sont souvent freinés dans leur envol parce qu’ils ne sortent pas de la bonne école ou parce que leurs envies entrepreneuriales ne trouvent pas preneurs. C’est tout différent au Canada. La culture anglo-saxonne laisse toutes les initiatives se développer. Et en plus, le marché de l’emploi dans ce grand pays est largement ouvert aux nouveaux arrivants d’autres nationalités. Le Québec affiche une pénurie de main d’œuvre sans précédent, plus d’un million d’emplois à pourvoir d’ici 2026.

Au Québec, pas moins de 1,4 million d’emplois seront à pourvoir d’ici 2026, selon un rapport du ministère du Travail. La raison ? Les départs à la retraite massifs de la génération des baby-boomers dans la province canadienne, soit « une vague sans précédent sur le marché du travail« , indiquait le Journal du Québec début mai.

Le ministère du Travail estime en effet qu’environ 1,18 million de travailleurs quitteront le marché de l’emploi d’ici 2026. Le phénomène devrait toutefois s’essouffler à partir de 2022. « Ce phénomène, qui touche un grand nombre de régions du Québec, est attribuable à une bonne performance en matière de création d’emplois ainsi qu’à la diminution de la taille de la population âgée de 15 à 64 ans, amorcée depuis 2014« , indique le rapport.

Le marché du travail tend ainsi vers le plein emploi, « avec un taux de chômage qui n’a jamais été aussi bas » même si, « en contrepartie, cette situation entraîne un phénomène de rareté de main-d’œuvre pour les employeurs« , est-il indiqué par les auteurs du rapport.

Les jeunes guadeloupéens et Martiniquais chantent l’international !

Les jeunes de Guadeloupe et Martinique rêvent de plus en plus massivement de travailler à l’étranger D’ABORD POUR TROUVER UN EMPLOI et ensuite seulement pour valoriser leur carrière, mais seuls 21% songent à s’expatrier durablement.

Un sondage exclusif ipsos donne la vraie mesure du désir d’expatriation des jeunes diplômés en apportant quatre leçons importantes :

1. Les jeunes diplômés n’ont jamais été aussi nombreux à souhaiter faire une partie de leur carrière à l’étranger : ils sont 83% à exprimer ce désir.
2. Il ne s’agit pas de fuite des cerveaux : seuls 11% se voient partir plus de cinq ans. Et 31% expriment le souhait de travailler pour une entreprise française.

3. Il ne s’agit pas de fronde fiscale : s’ils veulent s’expatrier, c’est beaucoup plus pour trouver un emploi que pour gagner plus d’argent (29%) ou bénéficier d’une fiscalité allégée (8%).
4. En DEHORS DE LA FRANCE EN tête des pays où ils rêvent de partir, on note, classiquement, les Etats-Unis (48%) et la Grande-Bretagne (30%). Mais on assiste à une puissante montée du CANADA .

Comme beaucoup d’autres Antillais, Nicolas a fait le choix de poursuivre des études en France hexagonale, le temps d’obtenir un diplôme. Très attaché à son île, ce jeune de Sainte luce de 26 ans a, sans aucune hésitation, toujours souhaité « rentrer au pays » une fois le bagage nécessaire acquis « là-bas ? » . Licencié en électronique, il n’avait jamais pensé aux difficultés auxquelles il devrait faire face ici.

Les refus se multiplient à cause de la crise, « on me dit aussi que je suis trop qualifié pour les emplois auxquels je postule » . Alors qu’il recherche depuis un moment, Nicolas ne trouve aucune réponse favorable. Chômage donc pour celui qui espérait certainement un autre retour. « En attendant je fais des petits jobs à gauche à droite. Mais, si dans les 6 mois à revenir je ne trouve rien, je pense repartir en France ou à l’étranger » , affirme t-il, déjà un peu déçu.

Et Nicolas n’est pas un cas isolé. « Mes amis sont nombreux à n’avoir pas trouvé de travail, en rentrant au pays dès la fin de leurs études. J’en connais beaucoup qui sont repartis en France, ou opter pour le Canada. Et là-bas, avec ou sans diplôme, ils ont trouvé du travail » . France, Canada ou encore Etats-Unis , trois destinations qui profitent de plus en plus à nos jeunes diplômés, incapables de trouver un emploi dans leur île.

Combien de jeunes diplômés du supérieur, bac+2, bac+4, bac+6, dont les parents sont originaires , des Antilles, qui se sentent pleinement français mais ont l’impression de ne pas avoir tout à fait leur place dans l’Hexagone, sont recrutés ici.  » Les employeurs canadiens les trouvent plus motivés, plus décoiffants que les autres. Peut-être parce qu’ils ont une revanche à prendre…

Ces jeunes se fondent dans la masse grandissante des guadeloupéens et martiniquais qui gagnent le Canada, et toujours prioritairement le Québec.

Par Jean Marie Nol

Photo : Réseaux Sociaux