Le cas d’Audrey Pulvar relève de la psychanalyse

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De la difficulté de s’affranchir d’une étiquette qui vous colle aux escarpins…Audrey Pulvar tourne en rond autour d’Arnaud Montebourg, comme un chiot après sa queue qu’il ne parvient pas attraper. La journaliste de D8 signe ce matin dans les colonnes de Libération un édito abrasif, où elle s’en prend  à celles et ceux qui l’ont moqué après ses propos tenus sur le plateau du Grand journal de Canal+, vendredi dernier.

Invitée par Michel Denisot, Audrey Pulvar affirmait que son ex-compagnon  » n’avait plus sa place » dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. « On m’explique qu’Arnaud Montebourg est indispensable au gouvernement. Il n’a plus sa place. Il n’est plus symbolique. Il est un trublion, de ceux qui font le plus de bruit et qui gêne l’action de François Hollande manifestement, ou en tout cas celle de Jean-Marc Ayrault« .

Qui parle, se sont interrogés certains? La journaliste qui brandit sa carte de presse, tel un encensoir, excommuniant les infidèles à sa cause ? Ou « l’ex » aux arrière-pensées à peine subliminales? Qui de l’ex compagne de Montebourg ou de l’éditorialiste au franc-parler reconnu s’exprimait, en fin de semaine dernière, sur le plateau de Canal+?

Bien évidemment la seconde. Sauf à ce que le cas Pulvar relève de la psychanalyse, on ne peut imaginer qu’elle ait délibérément ciblé ce ministre, en raison de leur histoire commune, une séquence dont elle purgerait certains des chapitres sur les tréteaux de télés.

C’est idiot et inconvenant. Il n’empêche, Audrey Pulvar se retrouve pris au piège de toutes celles qui, parmi ses consœurs, ont folâtré avec des politiques. Car lorsque l’on s’approche de ce cercle de feu, il faut toujours veiller à son inconfort. Ne pas chausser les patins, ne pas accepter un rond de serviette ou un cintre sous les ors de la République. Cette journaliste émérite s’est trop exposée aux côtés de celui qui n’est pas le plus discret parmi les membres de l’équipe Ayrault.

On se souvient de ces images, la montrant rayonnante à  la tribune, lors des primaires du PS. Cette «lov affair» fit les choux gras de la presse. Et sans qu’elle y prenne garde, Audrey Pulvar finit par considérer, à tord,  qu’il s’agissait là d’une banale d’histoire d’amour. Exfiltrée de France Inter, évincée de France 2, elle y a laissé de nombreuses  plumes. Et voilà qu’elle traine cette liaison comme un boulet avec, suspendu en permanence en dessus de sa tête, comme accroché à une corde de piano, cet immense point d’interrogation : pourquoi s’acharne-t-on sur cette histoire? « Les télélogues perspicaces ont su déceler dans mes mots l’amertume de la femme blessée cherchant à ‘enfoncer son ex’, réclamant sa tête, voire se mettant dans la peau du Président de la République !, écrit-elle, avant d’ajouter :(…) Quand ces dérives en restent au cercle de quelques esprits chagrins déversant leur rancune sur la toile, on ne s’en soucie guère. Quand elles atteignent les médias dits de référence, on se pince

Est-ce trop demander que d’être critiquée uniquement en tant que journaliste ou commentatrice et non en ‘ex-femme de’ sous l’empire de passions revarchades ? Je ne suis pas la ‘femme de’ ou ‘l’ex-femme de’ personne. Je suis une femme. Libre. Une journaliste. Libre également. Viscéralement et à jamais »

On veut bien le croire. Mais la société française étant ce qu’elle est, – avec les regards distordus qu’elle jette sur une classe journalistique accusée d’entretenir des liens de connivence et de consanguinité avec les politiques-, Audrey Pulvar n’a pas d’autre choix que de rayer Montebourg de son vocabulaire et d’oblitérer de sa mémoire ce qui reste de ce dernier.

En attendant que François Hollande ne le raye à son tour de ses tablettes. Et que notre polémiste de D8 ne soit définitivement débarrassé de cet encombrant fantôme.

Par Renaud Revel / lexpress.fr