Le conseil scientifique favorable à un second tour des municipales en juin, sous conditions

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, Martinique
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Le conseil scientifique n’est pas opposé à un second tour des municipales en juin, à condition que la situation sanitaire soit réévaluée quinze jours avant la date du scrutin. Prévu initialement le 22 mars, le second tour, qui concerne environ 5.000 communes, a été reporté en raison de la crise sanitaire.

Le rapport du Conseil rendu public, mardi, était très attendu par le gouvernement qui s’appuie sur son avis pour prendre ses décisions en matière de sécurité sanitaire.
Le Premier ministre, Edouard Philippe, attendait donc le rapport afin de décider de la poursuite des élections municipales dans les villes où le premier tour n’a pas été décisif.

Le Conseil émet des réserves

Mais le Conseil a émis plusieurs réserves en raison de l’incertitude de la situation sanitaire dans les semaines à venir. « Il est encore trop tôt pour évaluer le niveau de circulation de SARS-CoV-2 durant le mois de juin 2020. Les premières estimations ne seront sans doute disponibles que dans quelques semaines. Cette évaluation pourrait alors motiver, selon ses résultats, une nouvelle interruption du processus électoral,» prévient le Conseil.

Il préconise donc une nouvelle évaluation « dans les quinze jours précédant la date décidée du scrutin », ainsi qu’une « surveillance soutenue quinze jours après le scrutin ».

Le Conseil met l’accent sur « les risques sanitaires importants liés à la campagne électorale ».
«(…) D’un point de vue sanitaire, la tenue d’un seul tour de scrutin, quelle que soit la date retenue, est de nature à réduire les risques sanitaires au sens statistique », estime le Conseil.
Dans le cas où le second tour n’aurait pas lieu en juin, le gouvernement serait obligé de refaire l’intégralité de l’élection pour les communes n’ayant pas obtenu de conseil municipal dès le premier tour, à l’automne où en mars, selon la situation.

Édouard Philippe consultera les responsables des partis mercredi

Quoiqu’il en soit, le Conseil prévient que l’organisation de la campagne électorale « devra être profondément modifiée ».

« Il est par contre possible et nécessaire de sécuriser les opérations électorales proprement dites afin de réduire les risques qui leur sont associés », souligne le Conseil.
Le gouvernement qui redoute de répéter les erreurs du premier tour, souhaite s’assurer d’un consensus politique large sur la dates.

Le Premier ministre consultera les responsables des partis politiques mercredi en fin de journée. Il pourrait solliciter un débat et un vote au Parlement sur l’organisation de l’élection fin juin, sur la base de l’article 50-1 de la Constitution, qui n’engage pas la responsabilité du gouvernement.