Le Conseil scientifique recommande une reprise des cours en septembre, Édouard Philippe précipite le vote des députés

Déconfinement : Le Conseil scientifique recommande une reprise des cours en septembre. Sous pression, Édouard Philippe précipite le vote des députés.

La pression est montée d’un cran ce week end pour le Premier ministre depuis la publication du rapport du Conseil scientifique sur le déconfinement dans lequel les experts recommandent notamment une reprise, en septembre, des crèches, des établissements scolaires et des universités.

Leur réouverture progressive prévue à partir du 11 mai par le gouvernement divisait déjà, mais l’avis du Conseil scientifique a ravivé les oppositions.

Samedi soir, Édouard Philippe en a rajouté une couche.
A la surprise générale, il a annoncé qu’il présenterait mardi le Plan global de déconfinement du gouvernement au vote de l’Assemblée Nationale, précédé d’un débat.
Initialement, le Premier ministre avait indiqué qu’il voulait “prendre le temps” pour préparer ce plan. Il avait même prévu un débat mardi avec les élus, avant la présentation du plan global début mai.

En précipitant le vote et en mêlant deux débats mardi à l’Assemblée Nationale – celui sur le traçage numérique et celui sur le plan global de déconfinement – le Premier ministre a mis le feu aux poudres y compris au sein même de LREM.

Pris de court, les députés dénoncent un « manque de démocratie » et une précipitation de l’exécutif.

La députée LREM, Martine Wonner, a écrit au président de l’Assemblée Nationale, Richard Ferrand. «Comment le législateur peut-il se prononcer en sérénité sur un plan de déconfinement fondamental pour les mois à venir, alors qu’il ne le découvrira que quelques minutes avant le vote ? ”, interroge l’élue alsacienne dans un courrier dont l’AFP a obtenu une copie.

Elle réclame que le vote sur le plan de déconfinement soit repoussé plus tard dans la semaine.

Edouard Philippe cherche à déminer le terrain, avant la présentation du Plan de déconfinement global devant l’Assemblée Nationale.

Dans un tweet publié très tôt ce dimanche matin il explique : « Je présenterai la stratégie nationale de déconfinement mardi après-midi, à l’Assemblée nationale, autour de 6 thèmes : la santé (masques, tests, isolement…), l’école, le travail, les commerces, les transports et les rassemblements ».

Il ajoute : « Depuis le début de la crise, j’ai toujours veillé à respecter le contrôle du Parlement : l’annonce de la stratégie de déconfinement se fera à l’Assemblée nationale. Ma déclaration sera soumise au débat puis au vote des députés. ».
Le Premier ministre conclut son tweet : «Nous présenterons ensuite cette stratégie sur les enjeux prioritaires du déconfinement aux associations d’élus locaux et aux partenaires sociaux, pour que s’engage une période de co-construction du plan national et de ses déclinaisons territoriales. »

Dans son avis rendu le 20 avril à l’Élysée mais publié cinq jours plus tard, le 25 avril, le Conseil scientifique préconise une série de mesures pour la sortie du confinement.

Parmi elles, le port du masque obligatoire dans tout espace public, la réouverture des écoles en septembre et une politique massive de tests.

Pire, les experts n’excluent pas un nouveau confinement.
Sur l’épineuse question de la réouverture des établissements scolaires, des universités et des crèches, le gouvernement n’a pas suivi ses recommandations, en maintenant un retour progressif des cours à partir du 11 mai.

« Le risque de transmission est important dans les lieux de regroupement massif que sont les écoles et les universités, avec des mesures barrières particulièrement difficiles à mettre en œuvre chez les plus jeunes », ont pourtant fait valoir les experts du Conseil.
Pour les personnels et pour les élèves qui reprendraient le chemin de l’école à partir du 11 mai, le conseil recommande le port obligatoire d’un masque antiprojection, industriel ou artisanal, dans les collèges et les lycées.

L’exécutif a, à l’inverse, retenu les préconisations du Conseil, recommandant de maintenir la fermeture des « lieux de rassemblement du public », « qu’il s’agisse de salles fermées ou de lieux en plein air ».

Ce type de rassemblement sera interdit jusqu’à la mi-juillet au moins.
Dans les « espaces clos », notamment dans les transports, les experts du Conseil insistent sur le fait que « le non-respect des règles de distances physique d’un mètre de part et d’autre que les usagers portent ou non un masque de protection, constitue un vecteur important de la transmission du virus, tant en termes de vitesse que de volume, ce qui pourrait conduire à la reprise incontrôlable de l’épidémie ».

La sortie de confinement ne peut être que « progressive » car il est « impossible à ce stade d’estimer l’évolution de l’épidémie au-delà d’une période deux mois », insistent les experts.
« Dans les mois qui viennent, la stratégie de contrôle devra rester très flexible et s’adapter rapidement à l’évolution de l’épidémie et des dernières avancées de la recherche », soulignent-ils.