Le Covid-19, un virus échappé d’un laboratoire chinois, assure le Prix Nobel Luc Montagnier

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, Monde
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Le célèbre et très controversé Professeur Luc Montagnier assure que le Covid-19 serait un virus manipulé par les Chinois avec de l’ADN de VIH, qui se serait accidentellement échappé d’un laboratoire de haute sécurité, situé à Wuhan.

Info ou Intox ?

La rumeur circulait depuis déjà plusieurs semaines voire des mois sur la toile, mais n’était relayée jusque-là, que par ceux que l’on surnomme « les complotistes » sur les réseaux sociaux.

Jeudi 16 avril, le Professeur Luc Montagnier, Prix Nobel de Médecine en 2008 pour la « co-découverte » du VIH, a franchi le pas, en déclarant publiquement «que le coronavirus SARS-CoV-2, responsable de la pandémie de Covid-19, serait « un virus manipulé, sorti accidentellement d’un laboratoire chinois à la recherche d’un vaccin contre le SIDA ».

Cette incroyable révélation a été faite, en exclusivité, par le Professeur au micro de « Pourquoi Docteur », puis relayée le lendemain, vendredi, d’abord par CNews et ensuite tous les médias.

Un véritable pavé dans la marre, quand on sait que ce virus, responsable d’une pandémie, a déjà causé la mort de plus de 120.000 personnes dans le monde. « Le virus sort d’un laboratoire de Wuhan», affirme le professeur Luc Montagnier qui dément toute forme de complotisme.

« L’histoire du marché aux poissons est une belle légende ! »

Quel crédit peut-on accorder à cet éminent professeur au regard de ses positions iconoclastes, de sa réputation de marginal, coutumier des polémiques et des coups d’éclats ?

Dans son interview, il explique que le coronavirus serait le résultat d’un « accident industriel sorti d’un laboratoire chinois ». Ce laboratoire connu pour travailler sur les coronavirus aurait, selon lui, cherché à utiliser ce virus comme vecteur du VIH dans le cadre de la recherche d’un vaccin contre le SIDA. Il en a pour preuve que le COVID19 abrite des séquences d’ADN du VIH qui ne relèvent pas du hasard.

« (…) Pour insérer une séquence du VIH dans ce génome, il faut des outils moléculaires, cela ne peut se faire qu’en laboratoire », assure-t-il.

Et d’ajouter que «des chercheurs indiens avaient déjà tenté de publier les résultats d’analyses montrant que ce génome abritait des séquences d’un autre virus qui est … le VIH, le virus du SIDA, mais ils ont été obligés de se rétracter, les pressions étaient trop fortes ! ».

Pour lui, « l’histoire du marché aux poissons est une belle légende … « L’hypothèse est que ce virus est sorti du laboratoire parce qu’il a échappé à ses promoteurs, c’est un travail d’apprenti-sorcier ! », insiste Luc Montagnier.

Mais il se veut rassurant, considérant que les éléments altérés de ce virus s’éliminent d’eux-mêmes à mesure qu’il se diffuse.

«La nature n’admet pas n’importe quelle construction moléculaire, elle élimine ces corps étrangers … même si on ne fait rien, les choses vont s’arranger, mais après beaucoup de morts … », prédit le Professeur qui avance dès lors une solution pour stopper le virus. Il s’agirait d’ «ondes interférentes » qui pourraient « éliminer ces séquences », explique-t-il.

Une solution qui laisse perplexes les chercheurs.

Mais Luc Montagnier n’en n’a que faire. Il a déjà préparé sa riposte pour ceux qui seraient tentés de le ranger dans le camp des complotistes. « Les complotistes, c’est le camp inverse, celui qui cache la vérité », avance-t-il, tout en prenant soin de n’accuser personne. « De toute façon, la vérité finit toujours par éclater, c’est au gouvernement chinois de prendre ses responsabilités », lance-t-il.

Pour Jean-Paul Sthal, infectiologue au CHU de Grenoble et ancien président de la SPILF, la Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française, il s’agit d’une « fake news » et de « complotisme ».

« Je pense que cela accrédite cette ‘fake news’ qui circule, c’est à dire la théorie du complot, c’est-à-dire le refus de l’évidence : un virus animal a été transmis à l’homme par une promiscuité que l’on peut discuter, qui est peut-être condamnable, mais une promiscuité entre ces animaux et l’être humain, avec une modification du virus qui lui permet de devenir virulent chez l’homme,» déclare-t-il au micro de « Pourquoi Docteur ». « Le reste ce sont des fausses nouvelles et le complotisme habituel», explique l’infectiologue.

Aux Etats-Unis, nombreux sont ceux qui, à l’inverse, partagent la thèse du Professeur Luc Montagnier.

«Nous menons une enquête exhaustive sur tout ce que nous pouvons apprendre sur comment ce virus s’est propagé, a contaminé le monde, et a provoqué une telle tragédie « , déclarait mercredi le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo sur la chaîne Fox News.

Il était interrogé sur un article du Washington Post affirmant que l’ambassade des États-Unis à Pékin avait alerté le département d’État américain, il y a deux ans sur les mesures de sécurité insuffisantes, dans un laboratoire de Wuhan qui étudiait les coronavirus chez les chauves-souris.

Pompeo a confirmé que  » plusieurs sources  » pensent désormais que le coronavirus actuel, signalé pour la première fois à Wuhan en décembre, émane de ce même laboratoire – « même s’il s’agirait bien d’un virus naturel, pas d’un agent pathogène créé par les Chinois, et que sa ´fuite’ ne serait pas volontaire mais due aux mauvais protocoles de sécurité. »

Un premier signalement lié au COVID19 a déjà été effectué, fin mars, auprès de la Cour pénale internationale (CPI) par un ancien procureur américain et membre du Parti Républicain. Selon lui, la République populaire de Chine aurait fabriqué intentionnellement le Covid-19, qui serait en fait une « arme biologique mortelle » dont elle aurait ensuite perdu le contrôle.

Quoiqu’il en soit, faute d’avancées scientifiques à ce stade, la grande majorité des experts se rangent du côté de la thèse selon laquelle le nouveau coronavirus a fait son apparition fin 2019 dans un marché de plein air de Wuhan, où des animaux exotiques comme des chauves-souris étaient vendus vivants. Le virus d’origine animale aurait pu y muter en se transmettant à l’homme.