Le Créfom et son nouveau Pdt portent plainte contre le Rhum Bologne qui rend hommage à un esclavagiste Noir

Le temps n’est plus seulement à la dénonciation mais à l’action et Daniel Dalin le nouveau président du Créfom (le Conseil Représentatif des français d’Outre-mer) l’a bien compris. Celui qui désormais a pris les commandes de ce collectif, reste plus que jamais en alerte quand il s’agit de défendre les intérêts de la communauté ultramarine. Aujourd’hui c’est sur un fait qu’il juge particulièrement offensant que Daniel Dalin s’exprime via les réseaux sociaux.

Pour sa cuvée « Dark Sail », les responsables du Rhum Bologne, basé en Guadeloupe ont estimé qu’il était temps de rendre hommage à Marc-Antoine Ame Noël, celui qui aurait créé le célèbre Rhum guadeloupéen. Une initiative jugée mal venue et indécente, selon le président du Créfom qui dans une annonce vidéo, explique pourquoi. Il s’insurge contre cette décision d’honorer la mémoire d’un esclavagiste, quand bien même qu’il soit Noir.

Daniel Dalin estime que rendre hommage à Marc-Antoine Ame Noël, c’est faire « l’apologie d’un crime contre l’humanité ». Saisi par les guadeloupéens, le Créfom a décidé de porter plainte devant le Tribunal de Pointe à Pitre contre le Rhum Bologne.

Pour rappel,  l’homme à qui le Rhum Bologne veut rendre hommage, Marc-Antoine Ame Noël, était un ancien esclave devenu libre. Riche propriétaire, il devient lui-même esclavagiste, allant même à posséder plus de 600 esclaves noirs sur son habitation. Sévère et cruel envers ses sujets, il sera accusé d’avoir assassiner un de ses esclaves (Jean-Pierre), en le faisant subir les pires atrocités comme ses condisciples blancs.

Selon les minutes du procès qui lui sera intenté le 7 août 1839, l’homme de 72 ans, grand, maigre avec des lèvres épaisses était sans pitié. Avec deux autres complices, Marc-Antoine Ame Noël sera jugé en Cour d’Assises à Basse-Terre du 21 au 25 août 1839, pour finalement être acquitté. Ce qui provoquera l’indignation des esclaves et de certains habitants de l’île.

Si les propriétaires d’esclaves étaient blancs à cette période sombre de la traite négrière, les planteurs noirs, à l’instar de leurs anciens maîtres étaient tout aussi redoutables et cruels comme l’indique l’écrivain guadeloupéen, Fred Gene. C’est sur la base de ses documents que l’histoire de Marc-Antoine Ame Noël est révélée sur le site antillais 97land (certifié d’histoire, docteur en sociologie et diplômé de l’Institut Français d’Hypnose Ericksonienne).

Le tombeau de Marc-Antoine Ame Noël se trouve sur l’habitation près de sa première épouse, Jeannette Marie. L’habitation lieu de tortures et d’atrocités (selon les recherches de Fred Gene), fut transformée par la suite en distillerie.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy Images GéoCatching/Daniel Dalin Image C’news Actus Dothy