Le LKP lance une nouvelle grève illimitée en Guadeloupe à partir du 10 mai 2012

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[Mise à jour du 10 mai 2012 à 19:00]

Après une première journée d’action très peu suivi, selon la préfecture, les organisations syndicales du LKP ont décidé de reconduire la grève générale ce vendredi 11 mai 2012 en Guadeloupe.

Taux de gréviste recensé par la Préfecture en Guadeloupe :

– Moins de 4% dans l’éducation nationale jeudi
– DRFIP : 2,6%
– Pôle Emploi : 4 à 5% (1 agence fermée à PAP)
– La Poste : 1,3%
– DAAF, DEAL, DIECCTE, Préfecture, CHU, EDF, PAG, Aéroport, CCI : 0% ou inférieur à 1%. Des piquets de grèves ont été observés dans des concessions automobiles ou devant certains magasins.

Mais pour Elie Domota, leader du LKP, la mobilisation est réelle et elle doit même s’intensifier. Le LKP remet donc le couvert ce vendredi. Reste à savoir quelle forme prendra cette nouvelle mobilisation. le LKP demande aux grévistes d’être plus que jamais déterminés sur les piquets de grève. Les forces de l’ordre restent sur le qui-vive encore aujourd’hui, positionnées aux endroits stratégiques du département, ronds-points ou encore stations services.

COMMUNIQUÉ  DU LKP

A la suite de la première journée de mobilisation en Guadeloupe.

Plus de 100 entreprises et collectivités fermées. Ce sont plus de 3000 travailleurs qui y ont tenu des piquets de grève sans barrages, uniquement en s’arrêtant de travailler.

Ce ne sont pas moins de 20% des entreprises de plus de 10 salariés qui étaient en grève.

A en croire les chiffres du préfet, il n’y avait pas grève, ce dernier se basant sur les chiffres des organismes où il n’y a jamais de grève et peut être même pas de syndicat (préfecture, sous préfecture, Deal, Dieccte, ….).

En réalité, ce sont plusieurs centaines de gendarmes et 6 véhicules blindés qui ont été déployés à la Guadeloupe l’image d’un pays occupé, et cela pour tenter d’intimider les travailleurs mobilisés. Les gendarmes sont postées mêmes dans les entreprises notamment dans les stations service, aux abords des mairies pour entraver le droit de grève. Cette remise en cause du droit de grève est allée encore plus loin car les gendarmes accompagnaient même des travailleurs non déclarés pour remplacer des grévistes sur leur lieu de travail.

Aujourd’hui, le droit de revendiquer et de se battre pour ses revendications est bafoué. Les libertés fondamentales notamment le droit de grève sont remis en cause.

Les Travailleurs de Guadeloupe sont dignes et ont décidé de poursuivre leur mouvement et exigent notamment :

– La réunion de la commission de suivi de l’accord BINO ;
– L’application pleine et entière de l’accord BINO sur les salaires ;
– Le maintien des revenus dans la fonction publique territoriale en cas de maladie.

Pour le Collectif LIYANNAJ KONT PWOFITASYON

Elie DOMOTA

Pointe-à-Pitre,  le  10 Mai 2012

 

[Mise à jour du 10 mai 2012 à 7:00]

Le collectif Lyannaj Kont Pwofytasion (LKP)  lance donc une nouvelle journée de mobilisation pour l’application de l’accord Bino et la lutte contre la vie chère, avec en sus des revendications catégorielles, on pense notamment au secteur de l’éducation. Douze syndicats en action ce jeudi 10 mai 2012 qui ont demandé à tous leurs adhérents de former des piquets de grève devant leurs entreprises.

Cela a d’ailleurs déjà été le cas ce mercredi 09 mai dans certaines stations services, provoquant ainsi de longues files d’attentes devant celles restées ouvertes.

Les forces de l’ordre sont également mobilisées un peu partout en Guadeloupe, aux ronds-points ou encore aux entrées de la zone industrielle de Jarry.

A ce propos les autorités ont démenti la rumeur qui se répand sur les réseaux sociaux, via un mail envoyé aux rédactions : « La préfecture informe que la rumeur qui circule actuellement selon laquelle le préfet aurait ordonné l’évacuation de la zone de Jarry est « totalement fausse ».

Les syndicats donnent rendez-vous aux adhérents à 16:30 devant le Palais de la Mutualité pour décider de la suite à donner au mouvement.

[Article du 10 09 mai 2012]

Le LKP  lance une nouvelle grève illimitée à partir du 10 mai 2012 en Guadeloupe.  D’un point de vue strictement syndical, cette grève est légitime : en Guadeloupe, les prix flambent , la situation sociale est dégradée. Les travailleurs guadeloupéens dénoncent le non respect de l’Accord Bino signé en mars 2009. Pour toutes ces raisons, les syndicats sont mécontents et trois ans après le grand mouvement de masse de 2009, l’envie de faire un nouveau grand « coup » social renaît.

La grève du 10 mai  sera t-elle suivie et sera- t-elle aussi illimitée qu’on veut le croire ? A quelques semaines des examens de fin d’année, il est sûr que les syndicats enseignants et les organisations de parents d’élèves , auront bien du mal à suivre ce mouvement.

Le LKP n’a sans doute pas choisi le meilleur moment pour lancer cette guérilla sociale. Le climat tendu entre les ouvriers industriels et les planteurs de canne, privés de récolte, est -il propice à un mouvement unifié ? Pas sur.

Aussi, le peuple guadeloupéen, qui a suivi le mouvement, qui a marché avec le LKP, est un peu amer, parfois même déçu, car il s’est aperçu que le LKP, en dépit de ses efforts, des dizaines de meetings, n’a pas été capable de faire respecter la signature des accords, ni d’empêcher la hausse infernale des prix.

Pour Elie Domota, le LKP 2012 n’est pas le LKP de 2009. Donc la grève du 10 mai 2012 ne sera jamais celle de 2009. Le LKP qui s’est beaucoup investi dans ce mouvement joue aussi sa crédibilité. Le caractère illimité ou non, de ce mouvement permettra de jauger de l’influence réelle du LKP 2012.

Affaire à suivre !

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