Le maire de Fort-de-France annonce son intention de « déposer » la statue de Pierre Belain d’Esnambuc

Le maire de Fort de France s’est engagé à faire « déposer » la statue de Pierre Belain d’Esnambuc, érigée en 1935, Place de la Savane, pour commémorer le tricentenaire de la prise de possession de la Martinique par ce colon, au nom de Louis XIII, pour le compte de la France.

«En ce qui me concerne, je proposerai au conseil municipal du 28 juillet 2020, de déposer la statue de Pierre Belain d’esnambuc. (…)» a déclaré Didier Laguerre lundi 20 juillet, lors d’une conférence de presse.

Trois jours auparavant, en marge des émeutes à Fort de France, la statue de Pierre Belain d’Esnambuc avait été la cible d’activistes qui l’avaient incendiée ainsi que celle de Joséphine de Beauharnais, la première épouse de Napoléon Bonaparte.

Le 22 mai dernier, des activistes avaient déjà demandé aux élus de la Martinique de retirer de l’espace public tous les symboles liés à l’esclavage et à la colonisation, en particulier les statues, menaçant de les déboulonner. Ce même jour, en marge du 172ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage en Martinique, ils avaient déboulonné deux statues de Victor Schoelcher.

Considérée, par la population, comme le symbole de la colonisation et de l’esclavagisme, la statue de Pierre Belain d’Esnambuc a déjà été déplacée dans les années 1970, pour être moins visible. Depuis 2018, elle fait l’objet de nombreuses dégradations.

La commission ad hoc récemment installée par le maire de Fort de France devrait décider de sont sort.

«Cette commission va surtout servir à mener une réflexion sur ces problématiques mémorielles et patrimoniales pour apporter des outils notamment sur la sensibilisation de l’histoire de la Martinique qu’il soit écrit, oral ou digital », a expliqué Mélody Moutamalle, présidente de la commission mémoire et patrimoine de la ville de Fort-de-France.

L’objectif est de rebaptiser certaines rues et de déplacer les statues dont les noms posent problèmes. Une promesse de campagne de Didier Laguerre.