Le martiniquais René Maran, Prix Goncourt en 1921, illustre la page Google

L’occasion est rare et vaut bien qu’on l’annonce. La page Google d’aujourd’hui met à l’honneur le premier français noir a recevoir une distinction littéraire. Pour son roman Batouala qui raconte la vie d’un village africain du point de vue du chef du village, René Maran d’ascendance martiniquaise, né en novembre 1887 débute sa carrière d’écrivain en rédigeant des poèmes. Nous sommes en 1909.

Ses parents, des fonctionnaires coloniaux sont au Gabon quand le jeune homme poursuit ses études dans la ville de Bordeaux, en France. En 1912, il devient administrateur en Afrique Centrale. A l’époque, l’administration à Paris dicte les lois qui seront directement exécutées dans les colonies. Les populations colonisées restent soumises à l’autorité française et ne sont pas égales aux citoyens français.

Dans ses écrits, René Maran n’a de cesse de décrire les rapports souvent difficiles entre les Noirs et les Blancs.

René Maran arrête sa carrière d’administrateur en Afrique et s’installe à Paris. Désormais il est journaliste et se lance pleinement dans une carrière d’écrivain. Ami du guyanais, Félix Eboué, qu’il admire, et de Philéaste Lebesque, René Maran est l’auteur de nombreuses biographies de grands hommes français. Il aime la langue française, fréquente les Salons littéraires, le martiniquais rencontre l’écrivain et homme politique, ami d‘Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor. Pourtant René Maran n’adhère pas au courant littéraire et politique de la Négritude qui rassemble des écrivains noirs francophones. L’auteur de Batouala (édition Albin Michel) défendait sa vision humaniste du monde tout en dénonçant le racisme dans ses ouvrages. L’homme de Lettres voulait être  « un homme pareil aux autres ». René Maran était aussi un défenseur du monde animal. Son oeuvre est resté très longtemps méconnu.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook C’news Actus Dothy
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