Le MIR et le CNR revendiquent publiquement « leur participation» aux déboulonnages des statues en Martinique

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, Martinique
Mots clés : , ,

Le MIR (Mouvement International pour les Réparations de l’esclavage) et sa branche martiniquaise, le CNR, ont revendiqué publiquement, mercredi, « leur participation pleine et entière » aux déboulonnages des statues survenus en Martinique, depuis mai dernier.

Le MIR et le CNR « revendiquent leur participation pleine et entière à ces actes de déboulonnage des statues qui visent à mettre fin à l’apologie des crimes contre l’Humanité que sont la Traite négrière, l’esclavage des noirs et le colonialisme », écrivent mercredi les deux organisations dans un communiqué, signé par leur président, Garcin Malsa.

Cette revendication publique intervient au moment où deux jeunes militantes martiniquaises, Alexanne Ozier-Lafontaine et Jay Assani, sont inquiétées par la justice pour leur participation aux déboulonnages et aux destructions de statues dont celles de Victor Schoelcher qu’elles avaient revendiqués, en mai dernier.

« L’Etat français » cherche à « déclencher des poursuites judiciaires » à leur encontre, selon le MIR et le CNR

Les deux militantes devaient être entendues ce jeudi 26 novembre à Fort de France et à Schoelcher par les forces de l’ordre pour «destructions graves de biens classés commises en réunions », mais elles ne s’y sont pas rendues, sur les conseils de leurs avocats, en raison du délai de leurs convocations jugé trop court.

« L’Etat français dans le but évident de déclencher des poursuites judiciaires à leur encontre a décidé de convoquer le jeudi 26 novembre à 9 heures, les deux militantes anti chlordéconne et anti colonialistes (…) suite aux déboulonnages des statues de Schœlcher, Desnambuc et Joséphine de Beauharnais », accusent le MIR et le CNR.

Les deux organisations disent apporter «un soutien sans réserves à ces jeunes militantes » qui ont, selon elles, « fait preuve de salut public en déboulonnant les statues représentant d’infâmes colonialistes et esclavagistes ».

Elles estiment que la «présence « de ces statues dans les lieux publics constituait « une insulte à la mémoire de nos ancêtres ».

En février 2020, la Cour Européenne des Droits de l’Homme a jugé « recevable » la plainte du MIR pour l’obtention des réparations contre la Traite négrière transatlantique et l’esclavage des Noirs

Le Mouvement International pour les Réparations (MIR) se bat depuis des décennies pour obtenir la réparation du préjudice subi par les descendants des déportés africains mis en esclavage aux Antilles et pour faire valoir l’imprescriptibilité de ce Crime contre l’Humanité, au civil.

En février 2020, la Cour Européenne des Droits de l’Homme a jugé « recevable » la plainte du MIR contre la France, après le rejet par les juridictions françaises de prendre en compte ses demandes de réparations pour le Crime contre l’humanité que furent la traite négrière transatlantique et l’esclavage des Noirs.

« Cet acte a été le catalyseur qui a engendré une série de déboulonnages de statues érigées à la gloire de criminels par de nombreux peuples opprimés partout dans le monde », se félicitent mercredi dans leur communiqué le MIR et le CNR. « La justesse de cette démarche a même impacté les gouvernements des pays de la Caraïbe qui ont entrepris de déboulonner les statuts à l’effigie des criminels », assurent les deux organisations.

« Jay Assani et Alexane Ozier Lafontaine ne peuvent en aucun cas être inquiétées », selon le MIR et le CNR

Pour le MIR et le CNR, ces déboulonnages, « méritent le respect et l’admiration de tout le peuple martiniquais qui doit leur être solidaire ».

La convocation des deux militantes est « une manœuvre d’intimidation honteuse et insupportable et qui ne fait que démontrer le caractère colonial du système appliqué en Martinique », estiment les deux organisations.

« C’est pourquoi, Jay Assani et Alexane Ozier Lafontaine ne peuvent en aucun cas être inquiétées pour avoir par cet acte courageux contribuer à libérer la conscience des martiniquais et des autres peuples », estime leur communiqué.

Et d’ajouter : « La France et ses sbires en prétendant exercer une répression contre ces militantes ne fait que démontrer au monde entier qu’elle demeure une nation arriérée qui n’entend pas mettre fins à ses agissements criminels et à sa vision colonialiste ».

Les deux organisations accusent la France de l’avoir « déjà fait en organisant l’empoisonnement des martiniquais par le chlordécone » et en appellent « au peuple martiniquais d’agir pour que l’état français cesse de persécuter, frapper et torturer notre jeunesse qui revendique son droit naturel à la dignité et à la vie ».