Le Préfet de Martinique jugé à Paris pour son affiche sur la distanciation jugée raciste : «1 mètre ou cinq ananas»

La Cour de Cassation a ordonné cette semaine que le Préfet de Martinique, Stanislas Cazelles, soit jugé à Paris pour répondre de son affiche jugée raciste, représentant cinq ananas destinés à aider la population à mesurer la distance nécessaire entre deux personnes dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19.

Cette affiche destinée à promouvoir la distanciation physique, montrait deux personnages, un noir et un blanc, se tenant à un mètre l’un de l’autre, une distance symbolisée par cinq ananas. Le Préfet l’avait immédiatement retirée sur les réseaux sociaux et présenté ses excuses.

L’affiche a été publiée, le 22 mai dernier, jour du 172ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage en Martinique, ce qui avait offensé les Martiniquais. C’est au cours de cette même journée que deux statues de Victor Schoelcher ont été déboulonnées par des militants anti-chlordécone.

Un groupe de militants se revendiquant du mouvement avaient alors engagé des poursuites pour injures publiques à caractère racial à l’encontre du préfet.

Le dépaysement de la procédure judiciaire a été orfonnée mercredi par la Cour de cassation. Elle répond à une demande du Procureur Général auprès de la Cour d’appel de Fort de France, Pierre-Yves Colliau.

La haut magistrat a fait valoir une « situation très tendue en Martinique depuis environ une année» et la nécessité de garantir l’« impartialité » des décisions, en évitant les soupçons de collusions en raison des « relations professionnelles étroites » avec le ministère public.

L’eurodéputée écologiste Karima Delli et Jean-Luc Melenchon avait qualifiée à l’époque l’affiche d' »insultante et raciste