Le Préfet de Martinique se dit favorable à un déconfinement adapté aux spécificités locales

Le Préfet de Martinique se dit favorable à un déconfinement adapté aux spécificités locales, mais reste prudent car il n’exclut pas un pic épidémique, si les mesures de précaution ne sont pas respectées par la population.

« Il y a (…) une stratégie nationale que nous respectons et adaptons à la réalité du territoire avec nos atouts et nos faiblesses », indique Stanislas Cazelles dans une interview publiée dans l’édition d’avril de l’e-magazine “Les territoires se mobilisent” créé par EWAG.

Il estime qu’il ne faut pas « minimiser » les conséquences du déconfinement qui débutera le 11 mai car il n’y a pas eu de pic épidémique en Martinique.

(….) Nous souhaitons tous que le déconfinement intervienne dans les meilleurs délais, mais surtout dans les meilleures conditions », souligne-t-il, tout en rappelant que « sur l’expertise locale de cette phase, c’est le conseil scientifique local constitué début avril, qui fournira des éléments tangibles, propres au contexte sanitaire local pour envisager tel ou tel scénario. »

Avec 163 cas confirmés de COVID19 et 350 cas symptomatiques signalés depuis le début de l’épidémie sur une population de plus de 376.000 habitants, la Martinique est loin d’avoir atteint l’immunité collective estimée à 70 pc par l’Institut Pasteur.

Mardi un rapport publié par l’Institut a estimé qu’avec moins de 6 % de Français infectés par le COVID19, une nouvelle vague épidémique après le déconfinement n’était pas à exclure.
Concernant la Martinique, le constat du Préfet est en demi-teinte.

« Les chiffres sont à la fois bons et pas bons, chaque malade est un malade de trop. Reste que pour l’heure, au cours des 5 premières semaines de confinement en Martinique, c’est vrai nous n’avons pas eu de pic, pas eu de vague », constate Stanislas Cazelles.

« C’est l’objectif du confinement, donc la stratégie fonctionne. C’est un résultat collectif, mais ne l’oublions pas, c’est aussi un résultat fragile qui repose sur la discipline quotidienne et les efforts de chacun, de chaque famille, de se conformer aux contraintes de distanciation sociale et de limitation des déplacements », prévient-il.

« Je mesure que ces dispositifs ont beaucoup d’impact sur la vie de la population, toutes ces décisions se font en intelligence pour le bien du territoire », assure-t-il.
Stanislas Cazelles promet pour les prochaines semaines d’être «très concentré sur ce qu’on attend de moi, sur notre capacité à identifier nos points de vulnérabilité et trouver des solutions. »

Le Préfet a pris ses fonctions le 27 février dernier sur l’île et il se souvient qu’il a « fallu tout de suite entrer dans le vif du sujet ».

« C’est l’essence de notre métier. La préfecture c’est un métier de terrain, de discussions, de rencontres de tous les acteurs et représentants d’un territoire, pour pouvoir apporter les bonnes réponses et prendre les bonnes décisions », souligne-t-il.

Il rappelle que chaque jeudi se tient à la Préfecture un Conseil Territorial de Crise sur le COVID19 qui réunit l’Agence Régionale de Santé et la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM).