Le SNUEP-FSU demande « la mise à l’écart » du recteur de Martinique

Rédigé par : Melody Thomas, le
Publié dans : Actualites, Martinique
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Suite aux accusations anonymes à l’encontre de Pascal Jan, recteur de l’Académie Martinique,  le syndicat SNUEP-FSU a saisi le ministre de l’éducation nationale pour demander la mise à l’écart du recteur dans un courrier daté du 26 juin.

Dans la presse le recteur évoque des « dénonciations calomnieuses ». Des accusations qui ont été taguées sur les murs de l’IEP de Bordeaux en mars dernier, alors qu’il a été nommé en Martinique voilà plus d’un an.

Les inscriptions indiquaient:  « Pascal Jan couchait avec ses élèves », avec les hashtag « Balance ton prof, balance ton porc ». Mais Christophe Thegat, co-secrétaire du syndicat SNUEP-FSU n’en démord pas et a adressé un courrier au ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer pour demander la mise à l’écart de Jan Pascal :

« Objet : Mise à lésant de M JAN Pascal Monsieur le Ministre de l’Education Nationale,

J’ai l’honneur de vous saisir sur le cas de M JAN Pascal, recteur de l’académie de mon île.

Comme vous le savez, M JAN Pascal est accusé de faits extrêmement graves, qui se seraient déroulés quand il était en poste comme professeur de l’IEP. Ces accusations ont fait le tour de Bordeaux et ont même été relayées sur facebook et twitter, devenant virales également en Martinique.

Des collègues nous ont saisis et devant l’agitation provoquée par cette affaire, nous avons écrit au recteur, dans le seul but de l’informer des griefs et de la défiance à son encontre, mais également de l’image très vite écornée de notre académie.

Nous avons pris la décision de ne pas médiatiser notre courrier et les faits graves reprochés au recteur. Nous ne l’avons adressé à aucun des médias. Tout juste à notre liste de diffusion composée de syndiqués et autres collègues qui nous avaient saisis.

Le recteur a pris la responsabilité d’adresser un communiqué aux milliers de personnels de l’académie, dans lequel il n’a pas la posture attendue de simplement dénoncer les faits, annoncer qu’une plainte avait été déposée et qu’une enquête le concernant était en cours. Il choisit volontairement de citer et attaquer le SNUEP-FSU (responsable selon lui de relayer des dénonciations calomnieuses). Son initiative a été reprise par la presse et toute la Martinique sait aujourd’hui ce qui lui est reproché.

Le SNUEP-FSU n’a rien « relayé « . Nous lui avons adressé un courrier directement en reprenant ce qui lui était reproché et créait l’émoi. Rien ne justifiait, si ce n’est l’évidente et non moins indigne tentative de faire diversion, de citer le SNUEP-FSU.

A ce propos, je vous informe que je vais porter plainte car les conséquences pour notre syndicat sont énormes (les collègues nous écrivent pour indiquer que « même s’ils soutiennent l’action menée par le SNUEP, ils ont peur et ne veulent plus voir leur nom associé à notre syndicat ».

Depuis l’annonce du recteur de porter plainte, qui pour nous je le répète, n’est ni plus ni moins qu’une tentative de diversion, la pression ne retombe pas. Ses photos, ornées de tête de cochon et de bisous, pullulent sur les réseaux sociaux et on nous remonte de nouvelles accusations le concernant.

M. le recteur en réagissant de la sorte, en attaquant par exemple le syndicat qui l’interroge, ne défend pas l’Institution. Il ne contribue pas non plus à réhabiliter son image que seules les affaires le concernant à Bordeaux auront écornée. Il s’est placé dans une situation encore plus inconfortable.

J’ai l’honneur donc de vous dénoncer sa posture. Pascal JAN est recteur et doit, en cas d’accusations extrêmement graves, être logé à la même enseigne que tout autre personnel. Lu ‘immunité recteur » n’existe pas. Puisse-t-il être soutenu comme il l’annonce, par ses ministres de tutelle, dont vous, qu’il appelle « Jean-Michel », devant les représentants des personnels.
Vous devez absolument diligenter une enquête à Bordeaux le concernant et le suspendre le temps de cette dernière. C’est exactement ce que Pascal JAN aujourd’hui recteur, aurait décidé contre un professeur de notre académie, visé par les mêmes faits. Ce dernier aurait été du jour au lendemain suspendu, avec interdiction formelle de se rendre dans son établissement, le temps de l’enquête.

Je vous rappelle une chose que vous savez parfaitement Beaucoup de collègues se sont suicidés non pas à cause des accusations graves portées à leur encontre, mais bien à cause des suspensions prononcées par leur hiérarchie froidement, le temps des enquêtes.
Il est inadmissible que Pascal JAN annonce porter plainte, entre autres contre ceux qui lui demandent légitimement des comptes, pour tuer dans l’oeuf, toute possibilité d’enquête administrative contre lui.

Pour finir M le ministre, le recteur Pascal JAN dans la presse me signale comme « un contributeur d’un blog » et implicitement comme l’auteur d’un article dénonçant des manquements d’un haut fonctionnaire d’un IEP du sud de la France.

Je tiens donc une nouvelle fois à vous remonter que le recteur Pascal JAN est bien loin de la hauteur de position que l’on attend de lui. A tout hasard, je signale que tous mes articles dans ce blog sont signés. Je n’ai pas écrit d’autre article, je n’ai pas non plus pris l’avion pour couvrir de graffitis l’IEP de Bordeaux. Je n’ai pas dessiné de tête de porc sur sa photo qui circule sur le net et ne suis aucunement responsable d’autres dénonciations qu’il juge diffamatoires.
Je veux juste que l’on respecte mon académie.

Tout recteur qu’est Pascal JAN, il ne peut s’affranchir des règles et sanctions que lui-même à mises en place en cas d’accusations graves et vous M le Ministre, d’aucune façon vous devez l’en exonérer.

Je vous demande donc la mise en retrait du recteur de mon académie. Cela ne suffira pas à dissiper les doutes, mais au moins cette sage décision ramènera la sérénité et la confiance.
J’ai l’honneur de vous indiquer qu’un syndicat est complètement fondé à remonter à un recteur, les accusations extrêmement graves le concernant ainsi que les inquiétudes des personnels.
Ceci encore plus en Martinique, où pendant très longtemps, réagir nous était interdit. Émettre mot ou opinion, face aux hauts fonctionnaires était proscrit. La Martinique est un département comme tout autre et ses habitants, ses personnels ont le droit de saisir leurs représentants syndicaux, afin qu’ils relèguent leurs inquiétudes et défiance.

Dans l’attente des mesures que vous déciderez, M. Le Ministre, qui j’en suis persuadé grandiront l’image de notre Institution, je souhaite vous assurer de notre engagement féroce pour l’Ecole et tous nos Collègues.

Christophe THEGAT

Co-secrétaire académique du SNUEP-FSU Martinique »