Le tribunal administratif annule l’utilisation du drapeau et l’hymne martiniquais choisis par la CTM en 2019

Rédigé par : Melody Thomas, le
Publié dans : Actualites, Martinique
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Ce lundi 15 novembre, dans un délibéré, le tribunal administratif de Martinique a annulé la décision d’Alfred Marie-Jeanne, alors président du conseil exécutif en 2019, qui avait dévoilé un drapeau et un hymne pour la Martinique.

Cette décision du tribunal administratif fait suite à la requête déposée en octobre 2020 par trois particuliers et l’association Nasyon Matinik, représentés par Maître Alick Labejof-Lordinot et Maître Georges-Emmanuel Germany. Ces derniers contestaient les conditions dans lesquelles ces deux emblèmes avaient été choisis par la Collectivité territoriale de Martinique.

La CTM avait dévoilé un drapeau et un hymne pour la Martinique, suite à un appel à candidatures. Un drapeau nommé  » Ipséité  » et un hymne « Lorizon » avaient été retenus pour représenter la Martinique à l’occasion de manifestations sportives et culturelles à l’international.

Cette annulation du tribunal administratif entraîne « la disparition rétroactive de l’ordonnancement juridique de la décision créant un drapeau et un hymne ayant vocation à représenter la Martinique à l’occasion de manifestations culturelles et sportives internationales« . Avec pour conséquence que « ce drapeau et cet hymne ne puissent plus être utilisés comme emblèmes par la collectivité territoriale de la Martinique ».

Dans un communiqué, le Président du Conseil Exécutif, Serge Letchimy a réagi :

« Je prends acte de la décision du tribunal administratif en date du 15 novembre 2021 qui annule l’acte unilatéral du précédent Exécutif dotant la Martinique d’un drapeau et d’un hymne. La justice a reconnu que le Président excédait ainsi le pouvoir qui était le sien, l’Assemblée de Martinique n’ayant pas été saisie.

Le drapeau et l’hymne d’un territoire et d’un peuple sont de puissants symboles constitutifs d’une identité collective.

Leur détermination est un acte résolument collectif, qui doit transcender l’individu.

Aussi, chacune et chacun doit pouvoir s’identifier à ces symboles à travers un débat démocratique, notamment au sein de l’Assemblée.

C’est parce que ce sont de puissants agrégateurs d’homme et de femmes que nous devrons trouver les voies les plus démocratiques pour nous doter localement, nous Martiniquaises et Martiniquais, du drapeau et de l’hymne que nous aurons tous, collectivement, choisis.

Ce processus n’exclura personne. Il n’exclura aucune couleur, aucune idée, aucun individu.

C’est ainsi que nous ferons peuple. »