Les activistes appellent dimanche 2 août à une action au choix : « rénover « la fresque de Kho Kho René-Corail et/ou « dégrader » la Porte du Tricentenaire

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, Martinique
Mots clés : ,

Les activistes appellent dimanche la population de la Martinique à un « rendez-vous » au Parc culturel Aimé Césaire, pour une action au choix : « rénover » la fresque de Kho Kho René-Corail, et/ou « dégrader » la Porte du Tricentenaire, qu’ils avaient pourtant initialement prévu de faire disparaître de l’espace public.

Dans une vidéo publiée ce mardi 28 juillet, l’activiste Alexane Ozier-Lafontaine insiste désormais pour que soit rénovée la fresque de Kho Kho René-Corail, qui raconte le génocide des Amérindiens par les colons.

La semaine dernière, les activistes avaient pourtant lancé un ultimatum au maire de Fort de France, Didier Laguerre, pour qu’il dépose cette porte avant dimanche. Mais l’édile leur a répondu, ce mardi, qu’il ne céderait pas à leur ultimatum.

Dans la foulée, la ville de Fort de France a fait publier, ce mardi une vidéo sur son site Mangovea dans laquelle elle explique qu’Aimé Césaire, le poète et ancien maire de la ville, avait déjà entrepris un travail mémoriel de « décolonisation » et de réappropriation de cette Porte, grâce aux fresques de Kho Kho René Corail, un artiste martiniquais engagé.

« Aimé Césaire a demandé à Kho Kho René-Corail de contrebalancer la Porte du Tricentenaire de l’installation de la France en Martinique par une œuvre. Et c’est comme ça que la fresque racontant le génocide amérindien est née aux pieds de cette porte », explique la ville, qui a accompagné son message d’une vidéo.

Rénover la fresque laissée à l’abandon pour la sublimer

Le chercheur en histoire, spécialiste études des nationalismes et identités, Zaka Toto, y explique la vision de la décolonisation d’Aimé Césaire, notamment celle concernant la Porte et regrette que celle-ci n’ait pas été transmise à la jeune génération.

Alors que les jeunes activistes réclament la suppression de l’espace public de tous les symboles liés à la colonisation et à l’esclavage, il semblerait que le sujet soit plus sensible concernant le sort de la Porte du Tricentenaire.

Sur les réseaux sociaux, nombre d’internautes ont manifesté, mardi, leur désapprobation quant au droit d’inventaire des activistes concernant la démarche mémorielle entreprise par Aimé Césaire sur cette Porte.

« La porte du tricentenaire de la colonisation de la Martinique fut inaugurée en 1935, à l’époque où le Parc Culturel était un hôpital colonial pour les militaires français. Transformé en Parc culturel par Aimé Césaire, Kho Kho René-Corail fit un premier travail de réappropriation de cette porte en faisant une fresque autour représentant des personnages lançant des pierres dessus », reconnait Alexane Ozier-Lafontaine.

« Malheureusement de nos jours la fresque est laissée à l’abandon, est sale et apparaît toute petite et presque invisible à côté de la Porte qui, elle, semble être entretenue », poursuit la jeune militante qui appelle dès lors à la rénover.

Ménager la chèvre et le choux

« Ce dimanche 2 août 2020, à 9h30, amenons à boire et à manger pour les SDF qui vivent là, des karchers, du savon, de l’eau et des brosses pour nettoyer la fresque de Kho Kho René-Corail, de la peinture et des pinceaux pour la rénover, des tambours et ti-bwa pour faire circuler l’énergie, » s’enthousiasme Alexane, comme pour réhabiliter et poursuivre l’œuvre d’Aimé Césaire.
Toutefois, pour ceux qui comme elle souhaitent « dégrader » la Porte du Tricentenaire, elle les invite à apporter « des masses et bombes de peinture pour dégrader la porte de la honte, EN FAISANT ATTENTION À NE PAS ABÎMER LA FRESQUE », ajoute-t-elle.

Quoiqu’il en soit, le sort de cette Porte dépendra davantage d’un consensus au niveau de la population, car les activistes savent que toucher à la pensée d’Aimé Césaire, dans une île où le poète est élevé au rang d’icône, comporte un risque de rejet de leur mouvement, au moment où celui-ci semble faire des émules auprès des habitants.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Rdv dimanche prochain a 9h30 au parc culturel Aimé Césaire. La porte du tricentenaire de la colonisation de la Martinique fut inaugurée en 1935, a l’epoque où le parc Culturel était un hopital colonial pour les militaires français. Transformé en Parc culturel par Aimé Cesaire, KhoKho René-Corail fit un premier travail de re appropriation de cette porte en faisant une fresque autour representant des personnages lançant des pierres dessus. Malheureusement de nos jours la fresque est laissée a l’abandon, est sale et apparait toute petite et presque invisible a côté de la porte qui elle semble être entretenue. Ce dimanche 2 Aout 2020, à 9h30, amenons à boire et à manger pour les sdf qui vivent là, des karchers, du savon, de l’eau et des brosses pour nettoyer la fresque de Koko René-Corail, de la peinture et des pinceaux pour la renover, des tambours et ti-bwa pour faire circuler l’energie et des masses et bombes de peinture pour dégrader la porte de la honte EN FAISANT ATTENTION A NE PAS ABIMER LA FRESQUE.

Une publication partagée par Limièdifé (@limiedife) le