Les avocats des sept militants anti-chlordécone iront à l’audience le 3 juin, faute d’avoir été notifiés de son annulation

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, Martinique
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Les avocats des sept militants anti-chlordécone ne décolèrent pas. Ils n’ont pas été notifiés par le tribunal correctionnel de Fort de France du report de l’audience du 3 juin et entendent s’y rendre comme convenu avec les sept prévenus.

Durant la semaine, le tribunal correctionnel de Fort de France a fait savoir par voie de communiqué de presse que l’audience du 3 juin était reportée sine die, faute de pouvoir assurer les mesures de sécurité sanitaire.

Les avocats assurent que ni eux ni les prévenus ni les témoins n’ont été notifiés de ce report, conformément à la procédure.

Ils appellent donc la population à se mobiliser le 3 juin pour dénoncer les manœuvres du tribunal et soutenir les prévenus qui se retrouveront finalement seuls face aux juges.

« Nous sommes dans une situation particulière puisque nous sommes dans un doute. Légalement un communiqué ne peut suffir. C’est par communiqué de presse, en fait, que certains d’entre nous ont su qu’il y a eu l’annonce du renvoi du procès qui devait avoir lieu le 3 (juin 2020) au tribunal correctionnel de Fort de France », a déclaré lors d’une réunion diffusée sur les réseaux sociaux Maitre Dominique Monotuka, ce samedi 30 mai.

« Nous sommes dans le doute parce que nous n’avons pas reçu ni avocats ni prévenus de documents judiciaires qui nous informent, dans le respect de la légalité, que véritablement ce procès n’aura pas lieu », déclare samedi Me Dominique Monotuka, l’un des défenseurs des prévenus.

« Nous irons à ce procès le 3 juin, parce que nous sommes convoqués, parce que nous n’avons aucun document officiel qui pourrait nous permettre de penser véritablement le contraire, du bien fondé de ce renvoi et même de son existence légale », a-t-il ajouté.

De son côté Me Ursulet a dénoncé une situation inédite. « Ça n’existe pas, c’est inédit », a-t-il fustigé, comparant les méthodes du tribunal à ceux d’un état colonial voire à une monarchie.
« Et voilà que par la magie du Saint Esprit il y a un communiqué de presse qui sort. C’est un mépris pour les avocats et c’est un mépris pour la Martinique. Comme s’il suffisait d’un communiqué de presse pour que cessent les poursuites ( ..) et qu’il n’y ai plus de procès », a-t-il lancé

« Nous ne sommes plus à l’époque de Louis XIV ou de Louis XVI. Ce n’est pas la loi du gouverneur à la Martinique. Il y a des textes qui doivent être appliqués donc c’est avec beaucoup de serenite que nous disons que ce procès va avoir lieu », a-t-il prévenu.
« En réalité ils ont peur et la peur est mauvaise conseillère », a-t-il estimé, considérant « injuste » le procès des militants qui dénonçaient un écocide et un empoisonnement de la Martinique au chlordécone.

« C’est d’abord l’injustice d’une poursuite qui se retourne contre eux », a-t-il ironisé.
Me Claudette Duhamel a pour sa part invité les Martiniquais à venir nombreux à l’audience le 3 juin.

« J’en appelle à toute la population pour se mobiliser, qu’il y ai un maximum de personnes. C’est toute la Martinique qui est concernée. Le 3 juin il doit y avoir le maximum de personnes dans la rue », a-t-elle dit, dénonçant la tentative de « domination » des magistrats qui veulent exercer une pression machiavélique sur les prévenus, selon elle.

« Il n’est pas normal que l’on nous donne une date de comparution et que comme cela sans le moindre respect de leur propre légalité parce que c’est eux, ils se permettent de s’assoir sur leur propre loi. Dans ce dossier il s’agit pour eux de continuer à manifester leur domination, Ils ne respectent pas leurs propres lois, ils l’appliquent à des sous humains », a-t-elle dit.