« Les Barrés de la Yole » ont débuté : Les grands marins français découvrent la Yole martiniquaise

Les grands marins français découvrent la Yole martiniquaise. En effet Les Barrés de la Yole ont débuté ce vendredi 7 février en Martinique. Cet événement a été créé pour soutenir la démarche de classement de la Yole martiniquaise au patrimoine de l’UNESCO. De grands marins français se sont entrainés hier aux côtés des meilleurs yoleurs locaux.

Les Martiniquais ont fait le déplacement en nombre ce matin sur la plage du Diamant en Martinique pour assister aux entrainements des Barrés de la Yole. Cet événement qui a pour but de soutenir la démarche de classement de la Yole ronde martiniquaise au patrimoine immatériel de l’UNESCO rassemble yoleurs traditionnels et grands noms de la course au large française. Un événement unique qui permet de faire se rencontrer deux mondes animés par une même passion pour la mer et engagés ensemble pour la protection de la yole, bateau d’exception.

Au pied du célèbre rocher du Diamant, c’était l’effervescence très tôt dans la matinée sur la superbe plage de sable noir. Une dizaine de yoles, ces embarcations traditionnelles de 10,40 mètres a été mise à l’eau tour à tour sous les yeux d’un public martiniquais passionné et sous les flashs de touristes fascinés par les gestes précis des équipages. Parmi les yoleurs martiniquais, s’étaient glissés les skippers venus découvrir à leur côté ces embarcations ancestrales.

Chaque marin de course au large est en effet embarqué pour trois jours comme membre d’équipage. Mer formée et vent soutenu d’une petite vingtaine de nœuds…. Le spectacle a été grandiose pour cette manche d’entrainement.

Jean le Cam, Loick Peyron, Roland Jourdain, Gilles Lamiré, Maxime Sorel, …. Ils sont 12 à être venus à la rencontre des plus grands spécialistes de la Yole pour apprendre les rudiments de ce bateau extrêmement impressionnant. C’est probablement lors de la mise à l’eau de la première Yole « Bwa Viré », celle qui embarquait le jeune skipper Basile Bourgnon, que tous ont pu mesurer l’ampleur de la tâche qui les attend pendant les deux jours de régate à venir (samedi et dimanche). La Yole n’a pas de quille et les membres d’équipage jouent constamment les équilibristes suspendus au bout de long « bois dressés ».

Lors de la mise à l’eau, l’enjeu est de franchir le puissant shore break (vagues venant se briser sur le bord de la plage) sans prendre le risque que la Yole ne se renverse ou ne se remplisse totalement d’eau. Un exercice périlleux qui s’est déroulé sous les acclamations et réactions du public. Le reste de la navigation a été tout aussi spectaculaire. Regarder les Yoleurs évoluer sur ce plan d’eau martiniquais, c’est aussi comprendre que la moindre erreur peut se transformer en sanction directe à chaque instant.

Le ballet des 14 hommes du bord est exceptionnel et les skippers sont tous revenus épatés de l’expérience vécue lors de ces quelques bords d’entrainement.

Jean Le Cam, avec ses quatre Vendée Globe au compteur, mettait pour la première fois un pied à bord d’une Yole. C’est aux côtés du jeune patron de 29 ans, Mathias Rémire qu’il découvre la Yole. « S’il y a un sport pour faire de la cohésion d’équipe, c’est bien celui-là ! C’est incroyable ! On est 14 à bord et tout le monde se coordonne. C’était fabuleux aujourd’hui ».

Même retour du côté de Loick Peyron qui salue la performance des Yoleurs avec son humour habituel : « Je découvre qu’en Yole, on est noté sur deux choses : la note artistique et le résultat sportif. C’est absolument génial cette découverte. On ne peut pas dire que ce soit calme d’un point de vue sonore, l’échange d’information à bord est continu ! Le tout, en créole. C’est une formation accélérée, on va vite l’apprendre en deux jours ».

Le jeune skipper Maxime Sorel qui s’apprête à prendre le départ du Vendée Globe en novembre prochain poursuit : « C’est extrêmement physique. J’étais au bois numéro 4. Je suis tombé à l’eau, emporté par deux autres membres de l’équipage qui avaient aussi quitté le bord. Je suis impressionné de voir la manière dont ils arrivent à se coordonner. C’est une très belle découverte. J’ai hâte d’attaquer la compétition demain. Tous sont là pour gagner ! Ça va être engagé. »

Aujourd’hui samedi 8 février, débutent les choses sérieuses avec une première manche lancée à 10h. Deux régates sont au programme de cette première journée de compétition. Il y a fort à parier que la plage du Diamant sera prise d’assaut très tôt ; la Yole jouit ici d’une incroyable popularité.