Les chauffeurs de taxi et les camionneurs en grève, vont « bloquer la Martinique entière »

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[Mise à jour le 24 juin]

Comme elle l’avait annoncé depuis plusieurs jours, l’USET, l’Union syndicale des entrepreneurs de transports, a entamé un mouvement de protestation contre le paquet routier ce lundi matin vers 6 heures.

Le carrefour Mahault a été le premier bloqué, avant Carrère, au Lamentin -le pont était totalement bloqué à 8 heures.

Dans le nord, une douzaine de camions ont entamé vers 6 heures une opération escargot entre le Carbet et Fort-de-France, sur la RN2.

Les transporteurs de l’USET dénoncent le paquet routier, un ensemble de règles européennes portant sur les conditions d’accès à la profession de transporteurs et au marché de transport. (rci.fm)

[Publié le 22 juin]

Dès 5 heures du matin, ce lundi 24 juin, vous ne pourrez plus circuler. Les chauffeurs de taxi et les camionneurs seront en grève et la circulation sera bloquée en Martinique. Les transporteurs ont annoncé une mobilisation. Ils posteront leurs véhicules sur différents points stratégiques de l’île.

Un chauffeur de taxi-collectif annonce derrière son volant. « Nous allons bloquer la Martinique entière! Cela durera le temps qu’il faut, nous sommes décidés à aller jusqu’au bout! » Il parait que « seule la mer sera libérée » !!

Un mouvement de grève illimitée, selon  Richard Marie-Reine, secrétaire général de l’Union syndicale des entrepreneurs de transport (USET) qui rassemble des taxicos et des transporteurs de matériaux.

Qu’est-ce qui met les transporteurs aussi en colère :

En premier lieu, une nouvelle réglementation, qui s’applique depuis un peu plus d’un an à tous les transporteurs de France et d’Europe : le paquet routier. La capacité professionnelle exige des conditions de diplômes dont ne disposent pas la plupart des chauffeurs sur la place. La capacité financière demande, elle, des ressources financières difficiles à réunir pour certains.
De nouvelles obligations auxquelles refusent de se plier les transporteurs : « Cette réglementation n’est pas faite pour nous! Nous avons des micro-entreprises qui assument une mission de service public à leurs risques et périls, sans aucune subventions. Aujourd’hui, il est plus de midi, je n’ai transporté que six personnes! Cette loi, c’est pour ceux qui ont des parcs automobiles en Europe. »

Les chauffeurs passent aussi d’une espèce de CDI au CDD. Détenteur d’une licence qu’ils ont parfois acheté à crédit, mais qui leur appartenait à vie, le paquet routier leur impose un réexamen de leur autorisation tous les cinq ans.
Déjà, le 17 mars dernier, l’USET avait invité les élus pour les alerter sur ces problèmes. En trois mois, apparemment rien n’a bougé.
« Nous avons demandé à madame Manin plusieurs réunions, elle ne nous a jamais répondu! La présidente du conseil général prend les transporteurs pour des rigolos! Avec l’assemblée unique, on ne sait pas vers quoi nous allons. » Ces chauffeurs avaient signé une convention avec le conseil général, qui sera caduque en 2014. Certains, en fin de carrière, souhaiteraient être indemnisés pour laisser place à la nouvelle organisation du transport qui se profile. D’autres aimeraient être associés aux discussions. Tous ont l’impression que les collectivités veulent simplement les évincer.

L’USET a déjà pris contact avec le ministère des transports, pour obtenir des réponses. Ce n’est qu’à cette condition que leur mobilisation prendra fin, assure le syndicat. (FA Martinique)