Les Français de l’Hexagone pourront partir en vacances en Outre-mer, en juillet et août

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, Guadeloupe, Guyane, Martinique
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Les Français de l’Hexagone pourront partir en vacances en Outre-mer, en juillet et août, a assuré Édouard Philippe lors de la présentation de son plan tourisme, ce jeudi 14 mai. Dans le cas où l’épidémie de Covid-19 serait toujours active, il y aura des restrictions très localisées, a-t-il précisé.

« Les Français pourront partir en vacances en France métropolitaine et en Outre-mer en juillet et août », a indiqué Édouard Philippe, lors de la présentation de son plan tourisme ce jeudi.

Si l’épidémie circule toujours sur le pays, il pourra y avoir « de possibles restrictions très localisées », a-t-il ajouté, invitant les Français à faire leurs réservations, car ils pourront être remboursés en cas d’annulation liée au Covid-19, conformément aux engagements pris par les professionnels du secteur.

Le Premier ministre s’appuie sur l’avis du Conseil scientifique rendu le 12 mai : « Le déconconfinent en Outre-mer : « Les modalités d’entrée sur le territoire ».

Outre-mer : Trois profils épidémiques, selon le Conseil

Dans son avis, le Conseil scientifique constate que les territoires d’Outre-mer sont à « des stades différents » de l’épidémie de Covid-19 et observe actuellement trois profils épidémiques :
• Une épidémie « en phase croissante » à Mayotte.
• Une épidémie « en régression » dans six territoires à des stades différents : « stade 2 » pour la Guyane, la Réunion et la Polynésie française et « stade 3 » pour la Guadeloupe, Saint-Martin et la Martinique. « Ces territoires, grâce au confinement, au contrôle du trafic aérien et maritime, à la quatorzaine des arrivants, à l’isolement des personnes infectées et au suivi actif des personnes contacts, ont réussi à maintenir l’épidémie sous contrôle et à la faire régresser progressivement,» note le Conseil.
• « Pas ou plus d’épidémie » dans quatre territoires : Wallis et Futuna Nouvelle Calédonie, Saint Pierre et Miquelon et Saint Barthélémy.

Des mesures à ajuster en juin

En conséquence, le Conseil recommande pour les prochaines semaines « un déconfinement progressif, avec des modalités d’accueil des voyageurs adaptées aux situations observées dans chaque territoire, en termes de besoin, faisabilité et acceptabilité. »

Ces mesures seront à «ajuster en juin, en fonction des évolutions épidémiques locales », à mettre en perspective avec l’évolution du Covid-19 en métropole et dans les régions où se situent les territoires ultramarins, souligne toutefois le Conseil.

Il préconise par ailleurs « des mesures de prévention » qui devront être mises en œuvre par les transporteurs de voyageurs, en conformité avec les directives nationales et internationales.

Guyane, Martinique, la Guadeloupe, Saint-Martin, Réunion : disparition possible des cas dans les semaines ou mois à venir»

Le Conseil estime que pour la Guyane, la Martinique, la Guadeloupe, Saint-Martin, la Réunion et la Polynésie française, « il est possible d’envisager la disparition des cas de Covid-19 dans les semaines ou mois à venir. »

« La priorité, en cette période de déconfinement progressif est alors de ne pas relâcher, voire de renforcer, le dispositif sanitaire actuel de dépistage, isolement des malades et suivi actif des personnes contacts, tout comme en métropole », recommande le Conseil.

En conséquence, la fréquence des transports de voyageurs ne devra s’accroître qu’à partir du mois de juin, souligne-t-il, à l’exception des rapprochements familiaux et des déplacements professionnels.

La sécurité sanitaire des territoires ultramarins « nécessite d’identifier et isoler immédiatement les arrivants ayant des symptômes évocateurs de Covid-19, et d’avoir recours à une mise en quarantaine et à un dépistage systématique du Covid-19 chez les autres voyageurs », prévient le Conseil.

Voyageurs arrivant dans les Outre-mer : trois options de quatorzaine

Pour les voyageurs arrivant dans les territoires ultramarins, le Conseil propose trois options qui ne présentent pas le même niveau de sécurité sanitaire.

« Les autorités territoriales devront arbitrer et trouver le bon équilibre entre des mesures sanitaires strictes mais plus coûteuses et des mesures permettant un accueil plus facile des voyageurs mais à risque plus élevé de réintroduction du virus», fait observer le Conseil.

-Quatorzaine en structure dédiée puis test RT-PCR SARS-CoV-2.
La quatorzaine en structure d’accueil dédiée, à l’arrivée dans le territoire, assortie d’une RT- PCR Covid-19 (test) systématique pour tous les voyageurs en fin de quatorzaine, est actuellement pratiquée dans plusieurs territoires d’Outre-mer, rappelle le Conseil.
« Cette stratégie est celle qui assure la meilleure prévention de l’introduction de nouveaux cas de Covid-19 dans les territoires », considère le Conseil.
«Elle est à privilégier, autant que possible, au regard de l’impératif de sécurité sanitaire,» assure-t-il.

-Quatorzaine à domicile puis test RT-PCR SARS-CoV-2. « Avec l’augmentation du flux des voyageurs, les infrastructures d’accueil dédiées ne seront plus suffisantes partout pour accueillir tous les arrivants », fait-il observer .

-Quatotzaine à domicile « supervisée ». Une option possible, à condition qu’elle se déroule dans « de bonnes conditions d’accueil à domicile, c’est-à-dire permettant la distanciation physique et le respect des mesures barrières », note le Conseil. La levée de la quatorzaine sera possible lorsque le test RT-PCR SARS-CoV-2, pratiqué en fin de période sera négatif, précise-t-il. Mais cette option présente « un risque de transmission intrafamiliale du Covid-19 et de création d’une nouvelle chaîne de transmission, dépassant le cadre familial », craint le Conseil,
« Dans ce contexte les mesures de distanciation sociale et de respect des mesures barrières devront être appliquées par toutes les personnes hébergées sous le même toit que le nouvel arrivant,» prévient le Conseil.

-Demi-quatorzaine avant et après voyage avec test RT-PCR SARS-CoV-2 additionnelle avant le voyage.

Cette autre option, permet de raccourcir la durée de la quarantaine à l’arrivée dans le territoire. Il est donc possible de mettre en place « une période de confinement strict à domicile de sept jours avant le voyage », suivie d’une « période de confinement strict à domicile de sept jours à l’arrivée en outre-mer ».

Le Conseil scientifique juge cette option « acceptable », mais attire l’attention sur « un risque accru de Covid-19, si elle n’est pas appliquée strictement ». D’autre part, il met l’accent sur « le risque lié à la rupture de la quatorzaine lors du déplacement. »

Le Conseil scientifique préconise en conséquence pour cette option la réalisation d’un test RT-PCR SARS-CoV-2 dans les 48h précédant le voyage, en plus du test RT-PCR de fin de quatorzaine. « Quelle que soit la stratégie adoptée, tout symptôme suspect avant le départ ou après l’arrivée en Outre-mer doit entraîner un test RT-PCR immédiat », prévient le Conseil.
« Tout diagnostic de Covid-19 doit être suivi d’un isolement médicalisé et d’un suivi des personnes contacts. », ajoute-t-il.

Selon le Conseil, « moins les stratégies de quarantaines seront strictes, au niveau individuel, pour les voyageurs, plus les autorités sanitaires des territoires devront être vigilantes au niveau des populations et anticiper l’apparition de nouveaux clusters de Covid-19 à gérer ».

Le Conseil émet trois recommandations

En conclusion, le Conseil émet trois recommandations :
1) « A Mayotte, maintenir le confinement de la population et la restriction des déplacements jusqu’au décours du pic de l’épidémie de Covid-19. Il est critique de renforcer la capacité locale à réaliser largement les tests RT-PCR de diagnostic du Covid-19. »

2) « Organiser, dans les autres territoires d’Outre-mer, un déconfinement progressif adapté aux capacités d’accueil sécurisé des voyageurs et à la situation sanitaire locale, pour minimiser le risque de résurgence de l’épidémie au sein des populations ultramarines. Prioriser pour la saison estivale à venir les déplacements limités aux rapprochements familiaux et professionnels. »

3) « Poursuivre jusqu’à nouvel ordre, en l’adaptant dans chaque territoire, la stratégie actuelle combinant, pour tous les arrivants, un diagnostic et isolement des malades, une quatorzaine et un dépistage RT-PCR SARS-CoV-2 à la fin de la quatorzaine pour les autres. »