Les idées cadeaux d’une créatrice martiniquaise

« J’essaie de donner du bonheur à toutes le femmes qui aiment porter de belles choses »

Jeanine est créatrice de mode afro-caribéenne, elle vit à en France à Goussainville dans le Val d’Oise. A domicile, dans son atelier, elle fabrique des bijoux, des sacs à mains, des colliers, des bagues, des boucles d’oreilles ou encore des portefeuilles.

Si le produit phare de la nouvelle collection, c’est le châle pour l’hiver, une pièce qui associe esthétique et confort, l’accessoire « qui se vend le plus, ce sont les boucles d’oreilles, faciles à porter et qu’on peut accessoiriser » précise l’artiste. Mais la concurrence est rude, e de plus en plus de créateurs se positionnent sur le marché afro-caribéen.

Présente dans des festivals ou lors de rassemblements culturels, Jeanine est encore étonnée de son parcours. Déçue de ne jamais trouver d’accessoires à son goût, l’antillaise a ouvert sa boutique : « J’aime les belles choses et les objets que je voyais ne me plaisaient pas, ne me ressemblaient pas ».

Le madras, une de ses matières premières, vient de la Martinique mais pour le reste, le Bogolan ou le Wax, elle les importe d’Afrique ou les achète en métropole. Née à Trinité en Martinique, Jeanine est une antillaise qui échange avec fierté sur son histoire africaine  : « Ce sont mes racines, j’ai grandi dans des cités en banlieue, un endroit où la population est très diverse. »

Colliers, écharpes, cravates et accessoires de mode se vendent bien constate la martiniquaise qui « sublime les tissus d’Afrique ou des Antilles » avec grâce et talent, depuis ses pages Facebook ou Instagram.

Jeanine fait les marchés de Noël, les expositions à Paris, les marchés afro-caribéens, ou les Comités d’Entreprise pour se faire connaître du grand public et être en contact avec ses clients ou futurs acheteurs.

Des nœuds papillons en madras, des sacoches en Bogolan, des boucles d’oreilles en Faso dan fani, des bagues en Manjak, des serres têtes en Kente, Ndop ou en Bazin, Jeanine coud à partir de plusieurs textures et peut également fabriquer à la demande.

Si la trinitéenne s’épanouit dans la création artistique, elle se sent utile dans le monde médical où elle travaille comme aide-soignante. Cette profession qui lui permet « d’aider les gens et leur porter du bien-être », laisse à Jeanine énormément de temps pour se consacrer à sa passion : « Je suis tellement heureuse quand je fais mes réalisations que j’oublie le temps. Je travaille la nuit dans les hôpitaux alors je crée la journée . Je suis maman de trois enfants qui sont grands, c’est plus simple. Ils sont autonomes » explique la martiniquaise.

Dans un domaine où les créatrices afro-caribéenne sont nombreuses, Jeanine doit se démarquer pour vendre et se faire sa place. L’intégration du madras dans ses collections plaît à ses clients, cette touche antillaise qu’elle distille avec tact est aussi son porte bonheur. Mais la concurrence est rude. Quand on lui demande comment elle fait la différence face à toutes les créatrices d’accessoires ethniques, elle répond : « Ce n’est pas moi qui fait la différence, ce sont les clients ».

En attendant la nouvelle collection 2019, Jeanine continue d’écouler ses accessoires avec le sourire qui l’accompagne à chaque vente de ses bijoux afro-caribéens comme ce samedi soir à Epinay.

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy

Images C’news Actus Dothy/Kaé and Co (Facebook) Kaeandco (Instagram)