Les mannequins transgenres : L’histoire de l’afro-philippine Leyna Bloom

Dans les années 80 et 90, les mannequins sur les podiums et dans les revues ressemblaient aux icônes de la mode qu’étaient Naomi Campbell, Cyndy Crawford, Ell MacPherson, Brooke Shields ou Iman. Elles représentaient la quintessence de la beauté. Et défiler pour de grands créateurs de mode était une réussite.

Aujourd’hui l’industrie du mannequinat a changé. Le monde de la beauté ne s’embarrasse plus d’étiquettes. Les mannequins émergents sont d’une autre communauté, celle des transgenres qui selon le magazine Refinery29, son courageux et savent comment faire vendre, comment valoriser les vêtements. Ils sont sur les réseaux sociaux et comptent des milliers de fans.

Mais plus que d’avoir des milliers d’abonnés, ces modèles influents dans la mode n’hésitent pas à évoquer les problèmes de leur époque, ils n’ont pas peur de se battre pour la justice et affrontent leurs détracteurs face à face.

L’inégalité raciale ou le harcèlement sexuel font partie de leur combat quotidien et sur leurs plates-formes numériques, elles ne craignent pas d’affronter les escrocs et leurs adversaires.

Teddy Quinlivan, Leyna Bloom, Casil McArthur, Gia Garison et Geena Rocero sont l’avenir de la mode. Au-delà de figurer dans certains des magazines et des pistes les plus prestigieux du monde, ils elles) changent la façon dont l’industrie perçoit les femmes.

Cette année 2018, la visibilité des transgenres a augmenté. Teddy, Leyna, Casil, Gia et Geena font partie des plus grands « top model » de la communauté. Leurs histoires sont toutes différentes et celle de Leyna Bloom plus particulièrement (photo ci-dessous).

De la banlieue de Chicago aux quartiers de New York où elle dormait dans les trains jusqu’aux pages de Vogue Inde (le premier modèle transgenre à le faire), l’afro-philippine Leyna Bloom est l’incarnation d’une histoire réussie dans le milieu du show biz.

Quand elle s’est lancée dans la mode, il y a quelques années, Leyla Bloom savait exactement ce qu’elle voulait, devenir mannequin : « Je me suis inspiré de Tanay Pendavis, Onjenae Milan, Tracey « Afrique » Norman, Octavia Saint Laurent, Carmen Xtravaganza. D’ailleurs quand je pense à elles, j’ai des frissons » raconte t-elle au journaliste qui l’interroge.

Leyla Bloom est un exemple. Car, finalement très peu de femmes de couleur transgenres parviennent à aller jusqu’au bout de leur choix. « Je suis en train de transiter mais ceux qui me voient tous les jours, ne voient juste qu’une fille brune.

Avant de savoir ce que c’est que d’être trans, j’étais une personne, sachant que mon âme vient d’Afrique, de vraies reines et de rois, ce qui me donne l’idée de savoir d’où je viens et où je vais. ».

Leyla sait le poids des tabous et le top reconnaît que les modèles transgenres doivent se battre plus dur pour leur place dans l’industrie. « En matière d’embauche et de traitement, les personnes transgenres doivent travailler plus durement que les autres ».

Leyla Bloom raconte : « Récemment, j’ai réalisé un documentaire avec LogoTV, « Made to Model », sur l’histoire des transgenres. un des modèles a révélé qu’elle avait été malmenée et maltraitée environ 80% du temps pendant les tournages. » elle poursuit : « Je pense qu’avant le tournage, il est important de s’entendre sur l’environnement de travail. Il faut sensibiliser toute l’équipe de production avec l’objectif de rendre la journée de travail amusante, inclusive et encourageante ».

Pour conclure, la jeune Leyla Bloom prodigue quelques conseils : «  Je pense aussi aux nombreux jeunes trans qui me voient et qui observent d’autres sur les réseaux sociaux, je ne peux qu’espérer que cela donne du sens à leur réflexion. Je souhaite qu’eux aussi pourront réclamer leur espace. »

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy
Source : Refinery 29/Vandervoort Studio.


ImagesMic/YouTube/Byrdie/ThePicta.com