Les pesticides sont-ils à l’origine des Bébés nés sans bras, ni avant-bras, ni mains dans l’Est de la France?

La question des pesticides est un débat récurent en métropole comme en outremer. Révélé par la scientifique Emmanuelle Amar, l’Affaire des bébés nés sans mains, bras, avant-bras ou mains dans l’Ain, ne finit pas de faire polémique même si l’Agence sanitaire du ministère de la Santé a choisi d’arrêter d’enquêter sur ce sujet. L’agence sanitaire Santé publique France a conclu début octobre que le nombre de cas de l’Ain n’était pas statistiquement supérieur à la moyenne nationale.

Entre 2009 et 2014, 7 cas d’enfants nés sans bras ou sans mains ont été détectés dans l’Ain (Est de la France) dans un rayon de seulement 17 km autour du village Druillat. Soit 58 fois plus que la normale. L’épidémiologiste Emmanuelle Amar, alerte les autorités.

L’enquête n’a identifié aucune cause, y compris environnementale mais ces conclusions sont contestées par la scientifique Emmanuelle Amar, en passe aujourd’hui, d’être licenciée par les Auspices civils de Lyon. La directrice du Remera (une structure qui recense les malformations dans la région Rhône-Alpes) est soutenue par des élus écologistes. Ces derniers pensent que des pesticides pourraient être à l’origine des malformations et accusent les autorités sanitaires de ne pas vouloir faire toute la lumière.


Jeudi 18 octobre 2018, durant une conférence de presse, deux anciennes ministres de l’Écologie, Delphine Batho et Corinne Lepage, interpellent avec colère, Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, après la clôture de l’enquête de Santé publique France sur les cas des bébés nés sans bras dans l’Ain.
« Je suis profondément troublée par l’attitude des autorités sanitaires. Santé publique France dit assumer de ne pas chercher les causes des malformations survenues chez ces enfants. La ministre de la Santé Agnès Buzyn, qui a la tutelle sur Santé publique France, ne s’exprime pas sur cette question. Que veut-on cacher ? C’est très choquant » a déclaré Delphine Batho.

Lors de cette même conférence de presse à Paris, l’eurodéputée écologiste Michèle Rivasi (députée européenne écologiste, spécialisée dans les scandales sanitaires), aux côtés de Delphine Batho (députée Génération Ecologie) et de Corinne Lepage (avocate, aujourd’hui à la tête de l’association Justice Pesticides), a exprimé son « soutien » à Emmanuelle Amar, qu’elle a qualifiée de « lanceuse d’alerte ».

Pour la fondatrice d’Orphanet, Ségolène Aymé, médecin généticienne et épidémiologiste de formation : « Mme Emmanuelle Amar fait en sorte de jeter la suspicion sur tout et tous, dans la plus grande tradition complotiste », selon la chercheuse, Emmanuelle Amar « a manipulé les médias et l’opinion publique ».« La bonne attitude est de continuer à surveiller pour vérifier que le taux de malformations n’augmente pas avec le temps » a ajouté la scientifique.

« C’est une accusation sans fondement », aurait répondu Emmanuelle Amar, qui sera auditionnée mardi prochain à l’Assemblée Nationale.

La mission d’information de l’Assemblée nationale sur les pesticides a recommandé, dans son rapport rendu public en avril, une meilleure prévention et information concernant les dangers occasionnés par les produits phytosanitaire.
« L’établissement d’un lien de causalité entre la survenue d’une pathologie et l’exposition aux produits phytopharmaceutiques est délicat », notait la mission parlementaire, qui souhaite « disposer de données documentées et notamment d’études épidémiologiques » rapporte le site La Charente Libre.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy
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