Lettre ouverte d’un jeune militant aux élus et aux Martiniquais

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Publié dans : Actualites, Martinique
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« Je suis un jeune militant ayant assez de voir son pays partir à la dérive. J’espère que par cette lettre ouverte beaucoup d’esprits pourront s’ouvrir » écrit Rangoly Edryan, qui se dit « pour la reconstruction de son pays ».

Cher peuple Martiniquais, Chers élus,

Voilà des décennies que la jeunesse meurt et disparait de notre île.
Il y a plusieurs facteurs, mais la première est l’insatisfaction de ne pas trouver d’emploi stable, et des chefs d’entreprise ne respectant pas leurs salariés.
Mais il n’y a pas que cela, la vie en Martinique coûte cher, les loyers, l’essence, les activités de loisirs, les denrées basiques et importantes qui ne sont pas accessibles financièrement à tout le monde, etc.

Depuis plusieurs années, la population vous a fait des appels de phares concernant notre condition de vie.

Nous n’en pouvant plus de tout cela. Nous nous sommes pliés en quatre lors des deux premiers confinements, mais aujourd’hui, la coupe est pleine.

Je ne comprends pas comment une collectivité territoriale qui gère les impôts et taxes du pays puisse prendre des grandes décisions financières telles que l’investissement de 3 millions d’euros (argent du contribuable martiniquais) dans une compagnie aérienne (qui n’est pas antillaise encore moins martiniquaise) qui ne nous fait pas de cadeaux.

Nous martiniquais, nous ne bénéficions en rien en cette transaction. Aucune concertation publique (alors que c’est de l’argent public ) .

Vous allez nous dire,  » nous avons mis en place depuis plusieurs années le dispositif de LADOM », mais dîtes-moi à quoi servent 250 euros sur un billet A/L à 800e?

« Le temps du changement a sonné pour vous comme pour nous. » J’appelle à l’éveil de mentalité Martiniquaise, mais surtout de la jeunesse. «Je ne veux plus voir mon pays dépérir sans rien faire et rien dire. »

Nos routes sont toujours dans un état déplorable, les services hospitaliers sont toujours en manque de moyens, certains quartiers sont insalubres, mais il y a une chose qui me dérange :

« Comment avez-vous pu trouver les 3 millions d’euros sans problème pour devenir investisseur dans une compagnie aérienne qui n’est pas une entreprise naissante sur le territoire, mais que vous n’arriviez pas à faire appel au Préfet de Martinique pour un conflit concernant le passage de canalisation pour la distribution d’eau à vos concitoyens martiniquais ?

L’esclavage est révolu chers élus, mais je ne rentrerai pas dans ce débat maintenant.
Je ne fais ni appel à la haine, ni à la destruction, mais à la prise de conscience et à la prise de décision.

Monsieur le Président de la Collectivité Territoriale de Martinique, reconnaissiez vous, les quelques phrases suivantes :
 » Notre première priorité, c’est la jeunesse. » Il n’y a aucun changement, ni amélioration.
 » Notre deuxième priorité, c’est l’emploi. » 12 % en 2017 et 15% de chômeur entre 15 et 29 ans en 2019.

Les étudiants n’ont aucun soutien de leurs élus, sur le territoire métropolitain. Durant le premier confinement, nous avons vu votre relâchement et votre relaxe.

Nous avons été consternés face à votre manque de prise de décision intéressante et judicieuse en dépit des cries d’alarme, des appels a l’aide de nos ainés, mais surtout, c’est toute la population Martiniquaise qui vous demande du changement, et cela, jusqu’à aujourd’hui.

Par ailleurs, une question pour revenir sur la crise : une chaine de télévision française, se moque ouvertement de notre savoir faire concernant les plantes médicinales des Antilles, vous n’avez pas répliqué, vous n’avez pas condamné, mais lorsqu’un club de foot martiniquais exclame sa joie lors de leur victoire par des actes communs pour nous sur notre territoire, là vous faite une publication, vous vous réduisez devant une attaque. Pouvez-vous m’expliquer votre non implication sur ce dossier ?

Je ne comprends toujours pas pourquoi vous nous faites subir tout cela.

Nous Martiniquais, nous sommes destinés à naître pour travailler et dépenser pour le bien-être des plus aisés ? Non, je ne crois pas.

Nos ainés, vos parents et grand-parents, vous ont laissé un héritage culturel, patrimonial, symbolique, traditionnel et qu’est ce que vous en avez fait de tout cela ? Rien, mais vous accentuez l’effacement de notre identité, notre âme, et notre cœur.

Vous détruisez notre île chaque jour qui passe, nous ne sommes pas des « bwabwa ». ARRÊTER LA DESTRUCTION !!!

Depuis des années, il y a toujours les mêmes personnalités politiques qui jusqu’à l’heure d’aujourd’hui, n’ont opéré aucun changement pour le pays.

Pourquoi ne pas s’allier, pourquoi ne pas travailler ensemble en collaboration avec les collectivités des autres départements d’outre-mer, pourquoi ce manque d’engagement et de prise de responsabilité ?

Pendant que vous vous enclavez dans vos bureaux aménagés confortablement, vos concitoyens nettoient vos routes, vident vos fosses septiques, ramassent vos ordures, réparent vos voitures, en une phrase,  » LES MARTINIQUAIS FINANCENT VOS COMPTES EN BANQUE ».
Vous nous avez fait des promesses le 18 Décembre 2015, et nous somme en 2021, et le résultat est là:

– grève
– conflit
– manque d’efficacité
– manque de respect à vos concitoyens – etc.

Mes derniers mots :
J’appelle la population Martiniquaise, à faire qu’ « UN » ensemble.
J’aime mon pays et je pense que vous aussi, de même que vous aimez vos enfants, vos proches, collègues, alors prenez tous conscience que nous ne pouvons plus subir cette oppression sans sommation et qui est totalement gratuite.

J’annonce aux élus de Martinique, qu’aujourd’hui la jeunesse dit stop, la jeunesse dit stop, LA JEUNESSE DIT STOP.

Les jeunes quittent la Martinique, font leurs études à l’étranger, la population est vieillissante en MARTINIQUE, qu’avez vous fais pour palier à cela ?

Le nécessaire doit être fait, les malversations inter-collectivités, nous n’en voulons plus. Vous fermez les portes lorsqu’on vous propose des projets dans l’innovation touristique, événement agricole ou social. Vous voulez garder de l’argent public, alors que vous ne savez pas gérer ces fonds. Vous nous privez de nos rêves. Vous condamneez toujours la Martinique et toute l’intégralité de sa population.

L’état français tue notre économie et nous dépouille, aujourd’hui, on récupérera ce qu’on nous a pris et ce qu’on continue de nous VOLER.

Nous voulons profiter de notre vie, nous voulons pouvoir respirer comme tout être humain. Nous ne voulons plus être muselés.

Le peuple antillais, vous montre qu’il se réveille doucement mais sûrement, fait valoir ce que de droit. Nous sommes empoisonnés en continu depuis des années, nos enfants et futurs enfants récupéreront qu’une poignée de terre qui au final ne leur appartiendra plus, car plus rien ne nous appartient ici.

Nous pouvons transpirer, pleurer, être exaspérés tous les jours en se levant le matin pour aller travailler ou jober pour beaucoup d’entre nous, mais pour se dire que rien ne nous appartiendra en dernier lieu.

La première mandature de gestion de la gouvernance du pays arrive à son terme, aujourd’hui, je lance un défit aux candidats des prochaines élections.

Ce défi est le suivant :
«Donnez nous la parole, donnez nous les moyens techniques, en bref, nous VOULONS faire partie de la nouvelle gouvernance territoriale de Martinique. Nous VOULONS une place dans notre collectivité. Nous VOULONS apporter un air nouveau et frais sur notre île. Nous VOULONS nettoyer les caniveaux administratifs, décaper les sièges des beaux parleurs et des fées des fausses promesses.

Nous VOULONS rafraîchir notre mode de vie, nous VOULONS éclaircir le chemin de notre avenir afin qu’il soit meilleur. Nous VOULONS expurger les faux acteurs de joie et épurer la mauvaise gestion financière du pays et du contribuable. Nous VOULONS cautériser les blessures, que ces insurgers nous infligent en bassesse.
Nous VOULONS désencrasser la régie insalubre de cette direction.

Cette lettre peut être mal vue ou mal comprise, mais à toutes questions, j’apporterai une réponse pour chacune d’elles.

Il est temps pour nous jeunes Martiniquais, de commencer à vivre, de commencer à respirer mais tout cela, sur notre île et non-ailleurs.
« Martinik a pa ta yo , mè a pa ta zot non pli, mésié lè élu, i ta nou tout. Nou tout la ka kontribué kon nou pé, é surtou kon zot lé osi, donk atchelman nou ka ekzigé an retour sou envestisman-an »
ICI, C’EST CHEZ NOUS.

Par ailleurs, ce n’est qu’ensemble, que nous pourrons arriver à un résultat favorable pour notre pays.

Dans l’attente je vous prie la population Martiniquaise, les ainées, les jeunes, les élues, les chefs d’entreprises, les associations et surtout à vous représentant de l’Etat Francais , de croire en ma sincérité de sauver mon pays et mes semblables aussi.

Cordialement,

Monsieur RANGOLY Edryan Jeune Militant pour la reconstruction de son pays.