Los Angeles : Elle danse avec Iggy Azalea et YG, la martiniquaise Sandrine Bouton est la nouvelle étoile d’Hollywood

«Vivre aux États-Unis c’est très différent, il y a des hauts et des bas. La vie est très chère, la compétition rude mais je ne me vois nulle part ailleurs ! » annonce d’emblée la danseuse.

Sandrine Bouton alias Sandrine Poogy, a méticuleusement préparé son départ pour la Californie, dans l’Ouest américain. Tout n’a pas été simple pour la danseuse antillaise qui a jeté son dévolu sur la célèbre ville hollywoodienne. Mais la jeune femme a surmonté de nombreux obstacles et aujourd’hui, elle brille au milieu de nombreuses stars américaines.

Le Walk of Fame à Hollywood – Le Boulevard des célébrités (Los Angeles)

Vivre à Los Angeles, c’était son rêve, elle l’a fait ! : « Aux Etats-Unis, si on travaille très dur, tout est possible, j’aime cette mentalité. J’apprécie aussi le climat à Los Angeles, il n’y a pas vraiment d’hiver, il y a du soleil et des plages, même si elles ne sont pas aussi belles que celles des Antilles. Les gens ici sont sympathiques et ouverts d’esprit », commente Sandrine Bouton.

Son histoire américaine débute en novembre 2017 quand la martiniquaise quitte le Sud de la France et pose ses cartons à LA. Les opportunités de travailler sont si grandes qu’en moins de deux ans, Sandrine peut déjà faire un bilan de sa jeune carrière : « Je m’entraîne beaucoup, je danse le hip hop, le jazz funk, le heels. Je participe à des clips vidéo et à des spectacles ou représentations. Je suis dans des shows d’artistes. Des chanteurs célèbres comme Iggy Azalea aux 7 millions d’abonnés sur Facebook ou YG ont fait appel à moi ».

Sandrine Bouton en top rose aux côtés de la star Iggy Azaléa (rappeuse et mannequin australienne) et des danseuses de la chanteuse

Le premier embarras  c’est l’apprentissage de l’anglais. Là encore, très vite, Sandrine marque de nouveaux points : « Je ne parlais pas très bien la langue anglaise à mon arrivée mais cela n’a pas été un handicap. Les professionnels et les artistes m’ont donnée ma chance quand ils ont vu que j’étais venue ici, par amour et par passion pour cette discipline. Les américains savent reconnaître le talent et le mettre en valeur quelque soit le pays d’où l’on vient. »

Sandrine Bouton est née dans la commune de Shoelcher sur la côte Caraïbe Nord à la Martinique. Mais, c’est dans la petite commune de Saint-Joseph, qu’elle grandit entourée de son aînée, de Sylvie et Maurice, ses parents originaires de Basse-Pointe et du François. Un peu nostalgique de cette période, elle se confie : « A Los Angeles, ce qui me manque le plus ce sont les traditions de mon île, les bons plats créoles et les fêtes familiales. »  Sportive, la jeune fille se lance des défis :  « Toutes les activités que j’ai faites, comme la gymnastique, l’équitation ou la natation, m’ont données l’amour de la compétition et du challenge ».

Passe le temps de l’adolescence. A Fort-de-France, Marlène Zecler est sa première professeure de Modern Jazz de 1994 à 1997. Sa passion pour cet Art, elle la doit également à Flexx et Sylvan, ses professeurs de Hip-Hop et de Dancehall à l’école Espace DD. Nous sommes en 2006.

Trois ans plus tard Sandrine décroche son bac économique et social et décide de faire un BTS audiovisuel à Montpellier. L’occasion pour la jeune fille d’obtenir un stage à RFO Martinique, la station de Télévision publique de l’île. Mais son envie de se professionnaliser dans le domaine de la danse ne la lâche pas, le BTS sera le « plan B », de la brillante et prudente étudiante.

Sandrine Bouton et Nicolas Cicalese à la fête des Associations de Montpellier (danse kizomba) 

Et ses chances de réussir, Sandrine va les saisir en toutes occasions. Elle rencontre des « sommités » de la danse, des femmes et des hommes des Antilles, d’Europe ou des États-Unis, partout où l’antillaise s’installe : «  J’ai dansé dans la compagnie Kay Zevallos en 2015, dans la compagnie junior NID de Epsedanse en 2014 (Anne-Marie Porras), j’ai pu chorégraphier pour l’orchestre Tony Bram’s entre 2015 et 2016 ». Les encouragements de Renée Robinson de la compagnie Alvin Ailey de New York, elle s’en souvient comme si c’était hier : « J’ai eu le sentiment qu’il fallait que j’aille encore plus loin ». D’autres professeurs l’ont confortée dans son choix artistique : « Heleni et Will de Martinique, Marie-Christophe et Natacha Crouzet de Montpellier, toutes ces personnes m’ont encouragée à poursuivre mes rêves ».

Modern jazz solo avec Epsedanse (Montpellier)

A Montpellier, ville du sud de la France, durant quatre ans, de 2011 à 2015, Sandrine Bouton, professeure de modern jazz, dancehall, kizomba, dispense des cours de danse dans différentes écoles tels le Studio latino, le Temple de la danse, Feel it dance Studio, MH danse, Smgog danse ou la Casa latina.

En 2016, Sandrine Bouton prend le large. Elle danse  six mois sur le Lyrial le nouveau bateau de croisière de la compagnie du Ponant. Sandrine Bouton va voyager très loin. Ce sera l’Antarctique, l’Afrique du Sud, les Seychelles, l’Uruguay. Et le 26 novembre 2017, elle arrive à l’Aéroport International de Los Angeles dans l’Etat de Californie.

Aéroport International de Los Angeles (LAX)

À Los Angeles la martiniquaise poursuit sa formation et s’initie au jazz funk et Hip-Hop avec Jai et Hamilton Evans, des danseurs-chorégraphes de Brooklyn et s’entraîne dans le même temps avec Rudy Bryans pour la danse classique. En danse contemporaine, elle fait confiance à Didier Barbes. 

Sandrine Bouton en stage à la compagnie Diavolo à LA – Modern Jazz et Acrobaties

2006 à 2017, onze années de danse, d’entraînement, d’innovation, de recherches, lui donneront son sésame pour se produire à l’international : « A Los Angeles j’ai fait de nombreux shows ceux de The World of Dance, de Slutwalk, d’Amber Rose, LA Carnival, Bangbang Room, Hamilton Evans Effect ou au Black History Month entre autres. »

A Los Angeles, l’agenda de Sandrine Bouton se remplit à toute vitesse. La jeune danseuse est en contrat actuellement avec l’artiste Sonny Apollo, qui lui annonce de nombreuses représentations dont une à San Francisco et des tournages de clips. Elle est également associée à la chanteuse Aviva qui prévoit un « gros projet en septembre ». Sandrine Bouton aura en charge de réaliser une chorégraphie pour un show d’une heure et plus. Clips, concerts live, spectacles à venir et une confirmation pour danser dans une compagnie sont à noter sur le calendrier de l’artiste martiniquaise.

La danse occupe 100% de ses journées ce qui ne l’empêche pas d’enseigner le français tous les samedis à des enfants américains pour l’association Cultural Bytes à Glendale. Une petite ville située à une quinzaine de kilomètres du centre de Los Angeles.

Quand la danseuse lève enfin le pied, c’est avec ses amis américains et antillais qu’elle laisse filer le temps. Au cinéma, en balade à Santa Monica ou ailleurs, à la messe le dimanche, elle adore cette nouvelle vie à Los Angeles, et si quelques fois « c’est dur, je me bats. La compétition est rude mais je m’y suis adaptée et je ne me vois nulle part ailleurs. » insiste l’américaine d’adoption.

Sunset Boulevard à Los Angeles (LA)

« A Los Angeles je n’ai pas à m’inquiéter, si je ne fréquente pas les gangs ni les quartiers chauds ». Pour l’heure, Sandrine Bouton qui vit en plein Hollywood entre Sunset Boulevard et Poinsettia Place doit répondre a certaines exigences des services d’immigration. Pour être une parfaite co-locataire à LA, il lui reste à boucler son dossier pour l’obtention de son visa d’artiste.

Encore quelques obstacles à franchir avant de voir à ses pieds son nom inscrit sur le célèbre Walk of Fame de Los Angeles. Sandrine Bouton alias Sandrine Poogy serait la première étoile martiniquaise a figuré sur le Boulevard des Célébrités d’Hollywood.

Une étoile non attribuée sur le Walk of Fame

En attendant, la jeune danseuse ( connue sous le pseudonyme de Sandrine Poogy) qui se souvient avec une certaine nostalgie des « queues de cochon » de sa mamie, est une femme épanouie et heureuse de vivre son rêve américain. A tous ceux qui hésitent à concrétiser leur projet, même les plus fous, elle envoie ce message  : « Il faut croire en vos rêves. Rien n’est impossible. Il faut juste s’y préparer, y croire et foncer ».

Propos recueillis par Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy  –  Crédit Photos SB – Lisa carbasse/Linel photography/Bertrand poudou/Cindy bouton Images additives de Los Angeles (LA) C’news Actus Dothy