Macron annonce un couvre-feu pendant au moins 4 semaines à Paris et 8 métropoles dès ce samedi à minuit

Rédigé par : Melody Thomas, le
Publié dans : Actualites, France
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Afin de « freiner » la propagation du coronavirus en France, le Président Macron a annoncé mercredi l’instauration d’un couvre-feu à partir de samedi à minuit dans la région Ile-de-France et dans huit métropoles : Grenoble, Lille, Lyon, Aix-Marseille, Rouen, Toulouse, Montpellier.
« Ce couvre-feu se fera entre 21 heures et 6 heures du matin et commencera ce samedi à minuit. Il durera pour quatre semaines», a précisé le chef de l’Etat lors d’une interview télévisée.
«Nous irons devant le Parlement pour le prolonger jusqu’au 1er décembre», a-t-il ajouté, considérant que «six semaines, c’est le temps qui nous paraît utile».

Estimant qu’il serait «disproportionné de reconfiner le pays», le Président a assuré que le «couvre-feu est une mesure pertinente». «On en a vu la pertinence en Guyane. Le ralentissement des contacts sociaux nous a permis d’être efficace en Mayenne, en Guadeloupe», a-t-il fait valoir. «Ce virus est dangereux et grave pour tout le monde», a affirmé le Président.

« Nous n’avons pas perdu le contrôle »

«Nous n’avons pas perdu le contrôle», a assuré le chef de l’Etat, tout en reconnaissant que la situation est « préoccupante » dans les services hospitaliers

«Nos urgences, nos services hospitaliers sont dans une situation plus préoccupantes qu’avant. En mars, le virus était dans le Grand Est. Nous avons massivement déprogrammé pendant de semaines et des semaines. Aujourd’hui, le virus est partout en France», a-t-il dit.
«Nous sommes dans une situation préoccupante et qui justifie que nous ne soyons ni inactifs ni dans la panique. Nous avons appris de la première vague. Nous avons eu 30.000 victimes, depuis lors 2.000 victimes supplémentaires. Et en effet ce virus revient. Nous sommes dans ce qu’on a souvent appelé cette seconde vague et ça remonte partout en Europe», a alerté le Président.

«Il faut essayer de ne pas se rassembler à plus de six»

«Au maximum, pour notre vie personnelle, il faut qu’on fasse cela», a indiqué le Président qui appelle à se «remobiliser collectivement» et à porter le masque «même dans des réunions privées». «On essaie quand on invite des amis de ne pas être plus de six à table, de ne pas se regrouper à plus de six», a-t-il martelé.

«Je ne donnerai jamais de leçons à nos jeunes, ce sont ceux qui vivent un sacrifice terrible», a souligné Emmanuel Macron, ajoutant : «Je ne culpabiliserai personne ».
«Il faut se voir moins nombreux en même temps et essayer d’avoir cette règle pour se protéger les uns les autres», a expliqué le Président.

Pas de réduction des transports, pas de restrictions de déplacement entre régions

Interrogé sur une potentielle réduction des transports en commun, Emmanuel Macron a assuré que «l’offre sera mobilisée» et qu’il n’y aura «pas de réduction des transports». « Nous n’avons pas décidé de réduire les déplacements entre les régions. Il ne s’agit pas d’infantiliser mais de responsabiliser. On n’empêche pas de partir en vacances mais on demande de respecter des règles dans les semaines et les mois qui viennent», a poursuivi le président.
«On ne va pas réglementer tous les comportements», a-t-il martelé.

Des amendes de 135 euros pour non-respect du couvre-feu

«Pour ceux qui rentrent du travail après 21 heures, il y aura une autorisation. Pour ceux qui ont des urgences sanitaires, il y aura des autorisations. Il n’y aura pas une interdiction de circuler mais une stricte limitation aux bonnes raisons», a précisé le chef de l’État. Mais, «on n’ira plus au restaurant, faire la fête, chez des amis» après 21 heures, a-t-il prévenu.
Pour faire respecter le couvre-feu, «il y aura des contrôles et des amendes de 135 euros et en cas de récidive, c’est 1500 euros», a encore dit le Président. «On va mobiliser de manière proportionnée. Ce que j’espère, c’est que chacun soit conscient des risques et de l’enjeu».

Des dispositifs de soutien supplémentaires, promet le Président

«Il est sûr qu’il y aura des conséquences économiques pour ces secteurs», a reconnu le Président qui a promis « des dispositifs de soutien supplémentaires ». D’abord concernant les théâtres et cinémas : «On va essayer d’aider au maximum les théâtres et cinémas à pouvoir avoir des reprogrammations plus tôt».

Parmi les autres mesures, il a prévu «le chômage partiel à plein, 100% pour l’employeur, va être réactivé pour les secteurs que sont l’hôtellerie, la restauration, l’événementiel, la culture…». Il y aura également «un délai nouveau pour les prêts garantis de l’Etat (PGE)», a-t-il ajouté.
Il a assuré que «dès vendredi, dans chacune de ces métropoles, nous allons relancer une concertation locale et améliorer la réponse économique avec tous ces secteurs».
(Une conférence de presse de Jean Castex est prévue jeudi après-midi)

Le Premier ministre détaillera les nouvelles mesures avec les ministres Bruno Le Maire (Economie), Olivier Véran (Santé), Gérald Darmanin (Intérieur) et Borne (Travail).
Ce mercredi 14 octobre, le gouvernement a rétabli par décret l’état d’urgence sanitaire, qui avait pris fin le 10 juillet.

Le décret a été présenté en Conseil des ministres.
Il entrera en vigueur sur l’ensemble du territoire national à partir du 17 octobre à 00H00, en raison de l’aggravation de l’épidémie, selon le compte rendu du Conseil des ministres.