Macron appelle à aborder le déconfinement avec « calme, pragmatisme et bonne volonté »

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, France
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Macron appelle à aborder le déconfinement avec « calme, pragmatisme et bonne volonté », le Sénat rejette le plan.

Le Président de la République a appelé lundi 4 mai à aborder la phase du déconfinement, à partir du 11 mai, avec « beaucoup d’organisation », de « calme », « de pragmatisme et de bonne volonté ».

« C’est l’esprit qui est le nôtre », a dit le chef de l’Etat, en indiquant « comprendre toutes les inquiétudes », en particulier sur la réouverture des écoles ou la reprise du travail, sur lesquels « les derniers détails » seront annoncés jeudi 7 mai par le gouvernement.

Emmanuel Macron s’est exprimé sur la lutte contre le coronavirus depuis le palais de l’Elysée dans l’après-midi du lundi 4 mai : « Ce confinement a porté ses fruits, il a été efficace, il a marché, il n’y avait pas d’autres solutions. Maintenant, nous devons apprendre à vivre avec le virus. Ce serait irresponsable de dire qu’on reste confinés tant qu’on n’a pas trouvé de vaccin », a déclaré le chef de l’Etat. « Tous les spécialistes disent que nous n’aurons pas de vaccin avant la fin de l’année. Nous allons donc rouvrir des choses, pour redémarrer l’économie, avoir une vie sociale, » a-t-il poursuivi.

Le 11 mai est une nouvelle étape, très progressive, ce n’est pas un retour à la normale

Pour le chef de l’Etat « l’étape du 11 mai est une nouvelle étape, très progressive, ce n’est pas un retour à la normale. On va recréer un dialogue social, commencer à rouvrir les écoles », a-t-il expliqué. «Cette étape est très importante, c’est la première étape de vie avec le virus après le confinement », a poursuivi Emmanuel Macron.

Le 2 juin, nous aurons une vision plus claire de l’évolution de l’épidémie

Il a estimé qu’ «au bout de trois semaines, le 2 juin, nous aurons une vision plus claire de l’évolution de l’épidémie. »

« On verra si cette première étape nous permet de continuer à rouvrir ou si nous devons revenir en arrière. Jeudi, nous prendrons la décision et nous annoncerons tous les détails », a-t-il dit. Mais au même moment, le Sénat rejetait, lors d’un vote, la stratégie du plan, présentée par son Premier ministre Édouard Philippe.

Le Sénat, à majorité de droite, n’a pas validé le plan à 89 voix contre 81 et 174 abstentions, avec une abstention « massive » des élus LR et un vote contre des groupes socialiste et communiste.
Le plan avait été approuvé par l’Assemblée nationale, à majorité Lrem, mardi dernier, par 368 voix contre 100, et 103 abstentions.

Votes du Sénat et de l’Assemblée symboliques

Quoiqu’il en soit, ces deux votes, ont surtout une valeur symbolique et n’auront pas d’impact sur le lancement du déconfinement, prévu à partir du 11 mai. Toutefois Emmanuel Macron et son Premier ministre sont conscients des crispations que suscitent le plan notamment sur le volet de la réouverture des écoles.

Mardi 5 mai, le chef de l’Etat doit se rendre dans une école à Poissy (Yvelines) pour faire le point sur la préparation du déconfinement.

Cette visite à l’école élémentaire Pierre Ronsard, en compagnie du ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer, intervient au moment où des doutes entourent le retour, à partir du 12 mai, des élèves « dans la majorité des écoles » maternelles et primaires, avec un maximum de 15 enfants par classe. Le chef de l’Etat devait s’entretenir dans la journée avec des maires des Yvelines, en visioconférence, sur ce dossier, a indiqué l’Elysée.

Les maires inquiets pour leurs responsabilités

Les maires d’Ile-de-France ont notamment demandé au chef de l’Etat de repousser la date de réouverture de la rentrée. Ils sont inquiets de devoir porter «la responsabilité juridique, politique et morale» en cas de contamination au COVID19 d’un enfant, d’un enseignant ou encore un agent.

En Martinique 32 maires sur 34 ont déjà fait savoir qu’ils ne rouvriront pas les écoles maternelles, primaires et élémentaires le 11 mai. Ils plaident pour une rentrée en septembre.