Malaise à la CTM : « Des malpropretés et des coups bas de la bande des 11 » dénoncés par Francis Carole

Rédigé par : Hugo Paterne, le
Publié dans : Actualites, Martinique
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Il est grand le fossé qui s’est creusé depuis plusieurs semaines entre certains conseillers exécutifs de la CTM et d’autres élus de l’Assemblée Départementale. Les courriers au vitriol se succèdent après les amendements et les recours introduits lors des séances plénières pour les premiers, et devant la justice pour les deuxièmes.

Peu importe les problèmes de la population, ils sont prêts à « brûler une maison pour un rat » se désole Francis Carole, président du PALIMA, et conseiller exécutif de Martinique. Il dénonce encore le « pététÿouisme décomplexé qui règne en maître ! Au service de quoi ? D’inavouables revanches médiocres. De petites ambitions politiciennes »

Voici ci-dessous, l’intégralité de cette lettre rédigée et publiée le 14 septembre 2020 par Francis CAROLE. Elle est intitulée « CTM : Clarifier le débat »

Alors qu’en cette fin d’année 2020 les dangers s’accumulent pour notre peuple, quelques politiciennes et politiciens ne semblent être habité.e.s que par une unique et persistante obsession : renverser le conseil exécutif de la CTM ou l’empêcher de fonctionner correctement. Tout un programme !

Qu’importe la crise économique et sociale post-Covid-19 qui, déjà, jette à la rue des milliers de travailleurs ! Qu’importe les menaces de la prochaine sécheresse ! Qu’importe les glissements de terrain du Nord qui ont fait des centaines de sinistré.e.s ! Qu’importe les angoisses suscitées par l’activité de la Montagne Pelée ! YO PARÉ BRILÉ AN KAY POU AN RAT !

Là où les intérêts fondamentaux de notre pays et de notre peuple auraient dû être la seule boussole de l’action, c’est, au contraire, le bal des postures et le califat des petits égos contrariés et affamés qui semblent vouloir s’imposer.

Oubliés la raison, la cohérence, l’intérêt général, le sens de la parole donnée et des engagements pris devant les électrices et électeurs ! À la recherche frénétique du buzz, d’improbables guides autoproclamés de la Martinique font leur petit selfie politique, à longueur des difficultés du peuple.

Il en est ainsi d’un curieux amendement déposé lors de la plénière du 30 novembre 2020, concernant la sollicitation auprès de l’Etat d’une subvention de 25000€ ( apparemment une fortune !) en faveur des bibliothèques. L’auteure du fameux amendement exigeait, entre autres perles, que la demande soit signée à la fois par le président du conseil exécutif et le président de l’Assemblée territoriale ! À part le fait de déclencher l’hilarité des services de la préfecture qui se gaussent volontiers de la compétition ridicule entre « nègres » de l’Assemblée et «nègres » du conseil exécutif, quelle plus-value apporte à la CTM et à la Martinique cet amendement qui se veut « historique » ? Absolument rien !

Quant à « l’argument » d’un prétendu « rééquilibrage » entre les deux instances principales de la collectivité, il ne résiste pas aux faits juridiques et à la répartition des pouvoirs entre le Conseil Exécutif et l’Assemblée Territoriale. En effet, aucune délégation ne peut être donnée au président de l’Assemblée pour solliciter des subventions ou exécuter le budget. Ses compétences sont expressément définies ( articles du Code Général des Collectivités Territoriales L7222-9, L7222-12 à 14 et section IV du même Code , article L7223-5). Quant aux attributions du président du Conseil Exécutif, elles sont précisées à la section III du chapitre IV, articles L7224 à L7224-23. En conséquence, le prétexte du « rééquilibrage » est totalement dépourvu de sens, sauf à modifier la loi au parlement français…

L’autre innovation, tout aussi « historique », est le recours , pour soi-disant « excès de pouvoir », contre la décision du président du Conseil Exécutif de solliciter l’établissement d’un arrêté préfectoral instituant une servitude d’une conduite d’adduction en eau potable à Séguineau. Cette démarche d’Alfred MARIE-JEANNE a pour objectif de procéder rapidement à des travaux en attente depuis plus de dix ans, afin de donner de l’eau aux Martiniquais.es.

Le recours du président de l’Assemblée, de ses vice-président.e.s de et quelques autres, contre l’initiative de AMJ, vise très objectivement à empêcher le démarrage des travaux à Séguineau. cette forfaiture est d’ailleurs clairement dénoncée par l’écrasante majorité de la population, scandalisée par une attitude revancharde qui nuit aux intérêts de dizaines de milliers de nos compatriotes. Ainsi, nombreux.ses sont nos concitoyennes et concitoyens qui se sont précipité.e.s au Lorrain pour exprimer leur approbation à l’initiative du président du Conseil Exécutif.

Cet acharnement forcené de la bande des 11 montre bien que l’amendement F.LORDINOT-qui n’avait pas été soutenu alors par le président de l’Assemblée-n’a jamais eu pour objectif la desserte en eau de la population. Il s’agissait, comme nous l’avons maintes fois expliqué, d’une pathétique manipulation politicienne pour tenter de mettre en difficulté le Conseil Executif. Les masques sont donc tombés et c’est tant mieux !

En réalité, qu’y-a-t’il de commun entre l’amendement M.F. TOUL sur les 25000€, l’amendement F. LORDINOT et le recours devant le Tribunal Administratif ? Une même supercherie politique visant à faire accroire que la « Démocratie et les Libertés » seraient menacées, que « la Dictature » aurait été instaurée à la CTM et en Martinique, que les « valeurs de l’Etat de droit » seraient bafouées et que l’Assemblée ne serait pas « respectée » !

On le sait : tout ce qui est excessif est insignifiant et les excès finissent toujours par se retourner contre leurs auteurs. Quels arguments viennent en effet étayer ces accusations d’une rare violence de la bande des 11 ? À bien y regarder rien de très sérieux. L’amendement F.Lordinot (du 11 juin) sur lequel semblent fonder leurs critiques les grands défenseurs de la « démocratie », constitue l’exemple type des pratiques politiques visqueuses d’une république bananière. Sans inscription à l’ordre du jour de la plénière, sans rapport de présentation, sans même écouter le bilan du président du conseil exécutif qui, un mois plus tôt, avait reçu mandat pour négocier avec monsieur Bally, sans rendre caduque cette précédente délibération, sans aucune justification financière de la somme retenue, une minorité de l’Assemblée (14 élu.e.s sur 51)décidait d’offrir 225 000€ au propriétaire foncier pour un terrain qui en vaut 15 000 !!!

Un amendement entaché d’autant d’irrégularités et de manquements aux principes élémentaires de fonctionnement d’une institution politique digne de ce nom ne pouvait qu’entraîner les réserves de l’ordonnateur de la collectivité, à savoir le président du Conseil Exécutif. C’est pourtant ce mépris absolu de l’Assemblée par l’un de ses propres membres qui est aujourd’hui cautionné par le bureau de l’Assemblée et son président. C’est triste et honteux!

Certes, les relations entre le Conseil Exécutif et l’Assemblée auraient pu être améliorées mais, sur le fond, celles-ci ne relèvent pas du fait du prince. Encore moins du fantasme de la « dictature ». Elles relèvent strictement de la loi du 27 juillet 2011. On peut faire l’effort de comprendre que le président de l’Assemblée et ses vice-présidents considèrent que le costume est trop petit pour leurs augustes personnes. Mais c’est la loi.

Il n’est d’ailleurs pas sans intérêt de rappeler que l’ossature globale de la collectivité a été dessinée, après d’innombrables réunions, par certains de ceux qui, aujourd’hui, passent leur temps à se plaindre de la répartition des pouvoirs entre le président du Conseil Exécutif et celui de l’Assemblée, comme si le schéma actuel leur avait été totalement imposé de l’extérieur. Gémir, mentir, s’inventer une virginité démocratique sont choses faciles et tentantes. Assumer ses responsabilités dans les choix qui ont été faits, les analyser de manière critique a postériori, vouloir revisiter la loi, faire des propositions dans ce sens, c’est cela que l’on attend de responsables politiques.

Les vrais défenseurs de la démocratie ne dissimulent pas leurs propres actes manqués derrière l’acharnement haineux contre un homme et les campagnes de peur d’une « dictature » qui se serait brusquement installée à la CTM, une nuit sans étoiles où nos messagers de la démocratie, repus de l’on ne sait quoi, se seraient paisiblement endormis.

Les Martiniquaises et les Martiniquais ont très vite compris que ce qui intéresse la bande des 11, et quelques autres, ce n’est ni l’urgence de donner de l’eau à la population, ni le respect de la démocratie, ni la résolution des crises que nous traversons, ni le futur de notre pays. Ce ne sont là qu’autant d’habillages circonstanciels d’une stratégie visant à discréditer le Conseil Exécutif et à tenter de manipuler l’opinion publique à l’approche du renouvellement de la CTM.
Toutes les malpropretés sont permises. Tous les coups bas sont autorisés.

Toutes les contorsions ont droit de cité. Toutes les compromissions ont leur certificat de circulation. Le pététÿouisme décomplexé règne en maître ! Au service de quoi ? D’inavouables revanches médiocres. De petites ambitions politiciennes. Celles et ceux qui, sans un minimum d’éthique, se laissent emporter dans ces dérives ne servent pas notre pays. Elles-ils se trompent sur la capacité de notre peuple à analyser une situation politique et à faire les choix de l’avenir.
Dans toutes les circonstances de la vie d’une communauté, même les plus pénibles, le débat sur le présent et l’avenir demeure toujours une absolue nécessité. La parole doit être libre. Par contre, la manipulation doit être combattue avec la dernière énergie.
Francis CAROLE